Compressions chez Air Canada: un coup dur pour les aéroports et le Nord

Les compressions majeures effectuées par Air Canada feront très mal à l’Aéroport régional de Bathurst. L’infrastructure perd ainsi plus de 90% de ses revenus pour un temps indéterminé.

La compagnie de transport aérien a annoncé mardi une réduction de plus de 50% de ses effectifs, la suspension des dizaines de liaisons régionales pour une période indéfinie et la suppression de huit escales, dont celle de Bathurst.

Le directeur de l’aéroport du nord de la province, Jamie DeGrace, affirme que c’est une bien mauvaise nouvelle.

«Ça va vraiment être difficile dans le futur. Nous avons encore des réserves, mais nous aurons besoin de l’assistance du gouvernement fédéral, comme une extension de la Subvention salariale d’urgence du Canada.»

Grâce à ce programme, Ottawa paie 75% des salaires des employés des entreprises touchées par la pandémie de COVID-19, mais jusqu’au 29 août seulement.

«On a déjà mis à pied 65% de notre personnel, a indiqué M. DeGrace. On peut garder les employés restants astheure, mais ce serait important qu’on reçoive une aide pour ça.»

Le directeur précise qu’Air Canada a suspendu sa liaison entre Montréal et l’aéroport de Bathurst dès le mois d’avril.

La compagnie aérienne a simplement rendu cet état de fait indéfini le 30 juin, à cause des restrictions de voyage imposées en raison de la crise sanitaire et d’un épuisement de sa trésorerie.

«On va continuer nos opérations, car nous offrons un service essentiel», a souligné M. DeGrace à propos des ambulances aériennes.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie croit que la liaison entre Montréal et l’aéroport qui dessert sa région renaîtra à long terme, grâce à Air Canada ou à un autre transporteur. Il fait valoir qu’environ 50 000 personnes par an en profitaient.

«C’est encore un coup dur pour le nord de la province qui affecte notre moral au quotidien, a-t-il toutefois déploré. C’était un service qui était très apprécié, surtout par notre communauté d’affaires.»

Conséquences pour les autres aéroports

La responsable des communications de l’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton a dit ignorer pour l’instant l’ampleur des conséquences économiques de la suspension par Air Canada des liaisons Moncton-Halifax et Moncton-Ottawa.

«C’est une grosse perte pour nous, a-t-elle cependant jugé. Chaque avion qui atterrit dans le Grand Moncton nous apporte des sous. Des suppressions de cette importance, on le ressentira financièrement. Elles concernent des lignes actives plusieurs fois par jour», affirme Julie Pondant.

Elle indique que l’autorité de l’aéroport a pour l’instant mis à pied sept de ses salariés.

«C’est toujours difficile de voir des réductions dans les services à notre communauté. On espère que les choses rentreront dans l’ordre cet automne. Air Canada était la seule compagnie à faire la liaison entre Moncton et Halifax. Porter Airlines assure le lien vers Ottawa, mais a prolongé la suspension de ses vols jusqu’à fin août.»

Le PDG de l’Aéroport de Saint-Jean, Derrick Stanford affirme que la suspension de la liaison avec Halifax réduirait seulement de 10% son volume de passagers.

«Bien sûr, c’est décevant, mais notre santé financière est bonne, a-t-il assuré. Nous avions des réserves de liquidités.»

L’Aéroport international de Fredericton n’a pas répondu à l’Acadie Nouvelle avant l’heure de tombée. Air Canada a suspendu les liaisons Fredericton-Ottawa et Fredericton-Halifax.

Air Canada a déclaré par communiqué qu’elle évaluerait au cours des prochaines semaines d’autres modifications à son réseau et à son horaire ainsi que des suspensions de service supplémentaires dans le pays.

La compagnie déclare avoir enregistré une perte nette de 1,05 milliard de dollars au premier trimestre de 2020. Elle estime que le rétablissement du transport aérien prendra au minimum trois ans.