Le Canada surveille de près la flambée de cas de COVID-19 aux États-Unis

Le Canada surveille de près son voisin américain, qui fait face à une flambée de cas de COVID-19 dans plusieurs États. Le Québec, en particulier, est inquiet en raison de sa proximité avec la côte est américaine.

S’exprimant devant sa résidence, lundi matin, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu’il faut apprendre «des défis auxquels d’autres font face». Certains États américains ont été forcés d’imposer de nouveau des restrictions pour ralentir la progression du virus.

Le premier ministre a fait ces commentaires en réponse à une question qui portait précisément sur la situation aux États-Unis.

Environ une heure plus tard, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam, mettait en garde contre une résurgence des cas ici même qui pourrait «avoir lieu à tout moment, si on laisse aller les choses».

«Ça se déroule en temps réel, dans certaines parties du monde», a averti la Dre Tam, sans pointer du doigt spécifiquement les États-Unis.

Son homologue québécois, le Dr Horacio Arruda, a lui aussi exprimé son inquiétude.

«Ça me préoccupe, effectivement», a-t-il lancé, lors d’une conférence de presse lundi après-midi, alors qu’il soulignait les liens étroits entre le Québec et la côte est des États-Unis «jusqu’en Floride», potentiellement le futur épicentre de la crise.

En présentant ses plus récentes projections, lundi, l’Agence de la santé publique a confirmé que le Canada est parvenu à aplatir la courbe plus rapidement que plusieurs autres pays, comme les États-Unis.

M. Trudeau dit qu’il y aura des réflexions à avoir sur ce qui aurait pu être fait différemment, mais constate que son gouvernement s’en est bien tiré dans les circonstances.

«La réalité, c’est que nous avons fait les bonnes choses au bon moment en gros pour pouvoir aider les Canadiens à rester chez eux, à pouvoir continuer de payer leur épicerie et de pouvoir garder notre économie assez intacte pour pouvoir recommencer maintenant», a-t-il expliqué.

Ce délicat équilibre pourrait être bouleversé par l’ouverture de la frontière canado-américaine, fermée jusqu’au 21 juillet pour le moment. M. Trudeau n’a pas voulu s’avancer sur la suite des choses, mais laissait entendre la semaine dernière que des provinces s’opposaient à des assouplissements à la frontière.

«Ces discussions vont devoir avoir lieu avec nos collègues fédéraux, mais je tiens à vous dire qu’advenant le cas où les frontières rouvriraient, c’est clair que du côté de la santé publique, il y a des interventions qu’on va vouloir faire auprès des personnes qui reviennent d’une zone contaminée», a laissé tomber le Dr Arruda, qui dit suivre la situation d’heure en heure, presque.

Deuxième vague?

Même si la situation semble maîtrisée au Canada, les administrateurs de la santé publique préviennent qu’aucune région n’est à l’abri d’une éclosion de la COVID-19. Certaines ont eu lieu à plus petite échelle en Saskatchewan et dans le sud de l’Ontario dans les 14 derniers jours.

Ce n’est pas une raison pour relâcher les bonnes habitudes prises dans les derniers mois, selon le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique.

«Si les Canadiens et les Canadiennes à travers le pays lâchent complètement toutes les mesures de santé publique (…), c’est sûr qu’on pourrait avoir une recrudescence, une autre vague, peut-être même dans deux, trois semaines», a-t-il averti.

M. Trudeau dit que le pays se prépare au pire, tout en espérant pour le mieux. Mais si le Canada devait connaître une deuxième vague, à l’automne par exemple, elle pourrait «frapper très fort».

«C’est pour ça que nous investissons en équipement de protection, nous investissons en tests de dépistage, nous investissons en recherche de contacts pour être capables de réagir rapidement et fermement si jamais il y a une éclosion dans les mois à venir. C’est la bonne approche à prendre», a-t-il dit.

Aide aux loyers prolongée

Le programme fédéral d’aide aux loyers commerciaux sera prolongé d’un mois pour y inclure le mois de juillet. Ce programme permet aux petites entreprises, qui sont admissibles, de réduire le coût de leur loyer de 75 %.

Cette aide aux loyers a cependant été critiquée dans les derniers mois.

Plusieurs propriétaires d’immeubles refusent d’y adhérer et d’assumer une part des coûts. Les entrepreneurs, de leur côté, jugent certains critères de baisses de revenus trop rigides alors qu’ils sont encouragés à rouvrir et à faire des ventes.

Moins de points de presse

Signe d’une accalmie estivale, les autorités fédérales vont diminuer la cadence de leurs points de presse.

Les administrateurs de la santé publique du Canada publieront des mises à jour quotidiennes, mais n’auront des disponibilités médias que deux fois par semaine.

Quant au premier ministre, il sortira publiquement «quelques fois par semaine, mais pas à tous les jours».