Attouchements sur une mineure: la décision en septembre

Le juge Troy Sweet doit déterminer si Pierre Dubois est coupable d’attouchements sexuels sur une personne de moins de 16 ans. Il rendra sa décision le 14 septembre.

Les faits allégués se seraient produits un matin de septembre en 2019. Une adolescente et sa soeur plus jeune passaient la nuit chez Pierre Dubois, un homme de la région du Grand Moncton.

Les deux soeurs dormaient dans le même lit au sous-sol, et Pierre Dubois est arrivé dans la pièce pour les réveiller ce matin-là.

Selon l’adolescente – dont l’identité est protégée par un interdit de publication – Pierre Dubois lui aurait touché les seins, les fesses et la vulve alors que sa soeur était dans la salle de bains.

En suivant les conseils d’un ami, la présumée victime a déposé son téléphone sur une étagère près du lit pour pouvoir filmer le tout.

La position de la caméra ne permet pas de voir la présumée victime et seulement le haut du corps de Pierre Dubois. Dans la vidéo, l’accusé entre dans la pièce, il réveille la soeur de la présumée victime, puis s’assoit sur le lit. Pierre Dubois bouge légèrement pendant quelques minutes.

L’adolescente allègue que pendant ce temps, alors qu’elle faisait semblant de dormir, Pierre Dubois a commencé à lui flatter le dos et qu’il a ensuite commencé à la toucher.

Il aurait roulé le pantalon de l’adolescente vers le haut «comme (les pantalons) d’un clown», selon la jeune femme, et il lui aurait alors touché les parties intimes à l’intérieur de son pantalon, et les seins sous son chandail.

Pendant son témoignage, l’accusé a plutôt affirmé qu’il était en train de manipuler la doudou de la soeur de la présumée victime afin d’enlever des peluches. Il a dit que c’est une de ses habitudes de nettoyer les couvertures de la sorte.

Selon la défense, l’accusé porte ses mains près de son visage ou de son nez à plusieurs reprises. Pierre Dubois a dit que c’est une autre de ses habitudes.

Ce n’est que près de la fin de la vidéo d’une dizaine de minutes que Pierre Dubois chuchote à l’adolescente de se réveiller. Alors que sa soeur entre dans la pièce à nouveau, il lui dit «elle dort comme une roche.»

L’ex-épouse de Pierre Dubois, Katherine Pinet, a également témoigné. La procureure l’a questionnée sur les habitudes de son ancien époux, mais elle n’a pas mentionné les habitudes évoquées par l’accusé.

Katherine Pinet et Pierre Dubois ont affirmé qu’ils étaient réticents à l’idée de garder la présumée victime chez eux puisqu’elle avait déjà menti et «inventé des histoires» auparavant. Elle aurait notamment accusé sa mère de l’avoir menacée au couteau, allégation qui a déclenché «une longue enquête», selon la défense.

La défense estime que l’adolescente s’est contredite pendant son témoignage et qu’elle ne s’est pas souvenue de plusieurs faits importants.

Pendant son témoignage, l’adolescente a reconnu qu’elle a eu recours aux mensonges par le passé, mais qu’elle ne le fait plus. Elle a dit qu’elle a justement filmé l’accusé pour avoir une preuve de ce qu’elle avance.

Contre l’avis de la défense de M. Dubois, le juge a décidé d’admettre la vidéo comme preuve.

La procureure Annie St-Jacques estime que le juge a suffisamment de preuves pour en arriver à la conclusion que l’accusé est coupable.

La défense croit pour sa part que la vidéo et le témoignage de la présumée victime ne suffisent pas à prouver la culpabilité de leur client hors de tout doute raisonnable.

Pierre Dubois a plaidé non coupable à l’accusation d’attouchement sexuel contre une personne mineure en février. S’il est reconnu coupable, il s’expose à une peine maximale de 14 ans d’emprisonnement.