Rivière Restigouche: reprise de la pêche sportive

La situation s’est améliorée au cours des derniers jours sur la Rivière Restigouche. Bien que le niveau de l’eau soit encore bas, celle-ci a refroidi de quelques degrés permettant du coup la réouverture de la pêche sportive.

Les eaux de la rivière ont été rouvertes à la pêche lundi midi après que la température de l’eau soit descendue de quelques degrés. Cette dernière avait été interdite en journée, ne laissant qu’une plage de cinq heures aux pêcheurs (de 6h à 11h) pour pratiquer leur loisir.

«L’élément déclencheur a été deux matins consécutifs où les températures minimales de l’eau ont dépassé les 20 degrés Celsius», explique le directeur général du Conseil de gestion du bassin versant de la Rivière Restigouche (CGBVRR), David LeBlanc.

Fermer la pêche après 11h est la première mesure à prendre. Si les températures minimales sont de 23 degrés Celsius et plus, la fermeture de la pêche est complète. Jusqu’à présent, cette dernière température a été atteinte, mais non pas en matinée. Dans les faits, on a même rapporté un 26 degrés Celcius à un certain moment sur la rivière Upsalquitch, l’une des tributaires de la Restigouche.

«Nous avons connu des températures très chaudes et très tôt dans la saison. On en est déjà à deux canicules depuis ce printemps, c’est beaucoup. On a vu des soirées récemment où le mercure à l’extérieur était de plus de 20 degrés. On se fie beaucoup sur la nuit pour refroidir l’eau de la rivière, mais avec de telles températures, ça n’a pas aidé», soutient M. LeBlanc, rappelant qu’historiquement, ce genre d’événements survient surtout plus tard dans la saison estivale.

N’empêche, cette réouverture a quand même un impact limité. C’est que la très grande majorité des camps de pêche ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes pour la période estivale, leur clientèle principale ne pouvant se rendre au Nouveau-Brunswick en raison des restrictions frontalières (elles-mêmes due à la COVID-19).

En plus de la température élevée de l’eau, le niveau de la rivière est également passablement bas. Sans être à un seuil critique ou historique, celle-ci demeure bien en deçà de la moyenne depuis quelques semaines en raison de l’absence de pluie, une situation qui peut justement avoir une incidence directe sur la température de l’eau.

«Il y a bien eu quelques orages qui ont aidé au cours des cinq derniers jours, mais ils n’ont contribué qu’à élever le niveau de l’eau que d’un pouce ou deux. On aurait besoin de quelques journées de pluie consécutives pour que ça ait vraiment un bon impact sur le niveau de l’eau et sa température», dit M. LeBlanc.

À noter qu’en date de mardi, la pêche récréative était toujours interdite toutefois sur la rivière Népisiguit, elle aussi frappée d’une interdiction de pêche depuis vendredi dernier. Cela dit, sa réouverture serait imminente – possiblement jeudi – puisque les seuils de températures recherchés ont été atteints.

Achalandage

En dépit du fait qu’il y a moins de pêcheurs et de canoteurs qu’à l’habitude sur la rivière et – et que l’eau y est basse – M. LeBlanc soutient que celle-ci est loin d’être tranquille.

«Il y a encore beaucoup d’achalandage sur la Restigouche, dont plusieurs bateaux à moteur assez puissants. C’est loin d’être le calme plat comme plusieurs s’y attendaient», dit-il.

À cela s’ajoute une autre problématique, soit le braconnage.

«Heureusement, même si les camps de pêche sont fermés, il y a de la protection qui se fait. Ils ont tous embauché leurs gardiens. Il y a également des agents fédéraux basés à Kedgwick. Mais ça demeure une problématique importante et récurrente sur la rivière», indique le directeur du CGBVRR.

Le saumon au rendez-vous en grande quantité cette année

La semaine a débuté avec une bien mauvaise nouvelle du côté de la ressource prisée de la rivière, son saumon. Selon le plus récent rapport de la Fédération du saumon de l’Atlantique, il semble que le déclin se poursuit sur la Restigouche ainsi qu’ailleurs au Nouveau-Brunswick. En fait, les données indiquent que les retours de saumons adultes en Amérique du Nord ont atteint un niveau parmi les plus bas en près de 50 ans.

2019 aurait ainsi été une très mauvaise année au niveau des retours de saumon pour la Restigouche. Les seuils de conservation n’auraient pas été atteints, faisant en sorte que la rivière se retrouve pour une neuvième fois en douze ans avec l’étiquette de zone critique.

Qu’à cela ne tienne, il semble que le saumon soit au rendez-vous en grande quantité cette année. Selon des observations préliminaires, il s’agirait possiblement de la meilleure montaison des dix dernières années.

L’équipe du CGBVRR devrait avoir une meilleure idée de la cuvée 2019 lors du dénombrement officiel qui s’effectuera vers la fin septembre.

«La dernière vraie bonne année fut en 2011, et on semble s’enligner vers cela sauf que c’est encore très tôt pour l’affirmer. Ce que l’on peut dire par contre, c’est qu’il semble y avoir beaucoup de saumons et ça, pour nous, c’est une bonne nouvelle», indique M. LeBlanc, ne pouvant toutefois expliquer la raison de ce regain, surtout que les pêcheurs côtiers du Groenland auraient très peu diminué leurs prises l’an dernier, du moins pas suffisamment pour expliquer le nombre de retour de grands saumons en rivière.

«Ça semble cyclique. Et peut-être qu’en raison de la COVID-19, il y a moins de gros navires de pêches asiatiques en Atlantique Nord depuis quelques mois, donc le nombre de prises accidentelles de saumons est moindre. Mais ça n’est qu’une hypothèse parmi d’autres», dit-il.