Denise Doiron espère toujours vaincre son cancer en Allemagne

Aujourd’hui, nous vous donnons des nouvelles de Denise Doiron, cette femme de Haut-Sheila qui est allée à quatre reprises, à fort coût, faire traiter son cancer par chimio-embolisation chez un spécialiste en Allemagne. Des traitements dispendieux contre une maladie incurable qui lui ont néanmoins permis de prolonger sa vie de près de trois ans.

Mais là, les nouvelles ne sont pas très bonnes.

Le cancer du poumon à petites cellules avec des métastases au cerveau et surrénale est de retour. Pire, il a pris du volume.

Désemparée, la patiente âgée de 60 ans ne sait plus à quel saint se vouer afin d’obtenir la somme nécessaire – près de 18 000$, pour retourner aux bons soins du Dr Thomas Vogl, de l’Hôpital universitaire Goethe de Francfort.

Car elle veut continuer à vivre. Peu importe le prix.

Cependant, les aléas de la vie ne cessent de lui placer des bâtons dans les roues, après avoir subi un quatrième traitement en Europe tout juste avant Noël 2019 et en être sortie avec beaucoup d’optimisme.

«Dr Vogl m’a alors dit que mon cancer était tout petit. Une autre fois et on en avait fini avec lui. Mais là, il a pris de l’expansion…», annonce-t-elle avec beaucoup d’émotion.

Quand les médecins lui ont trouvé cette cochonnerie en 2017, ils ne lui donnaient que de trois à cinq mois à vivre. Ils étaient même prêts à lancer la serviette et installer Mme Doiron aux soins palliatifs.

Mais la battante avait entendu parler de ce qui se passait en Allemagne. D’ailleurs, l’Acadie Nouvelle a présenté un dossier complet là-dessus en novembre et avait échangé avec plusieurs patients acadiens du Dr Vogl. Tous, sans exception, ont vanté les vertus de ses interventions qui ont pu accorder quelques années de sursis et de qualité de vie alors que les pronostics initiaux étaient sombres.

Auparavant, Denise Doiron a pu obtenir l’aide de la communauté et de sa famille pour payer ces voyages en sol allemand. Le calcul est facile: quatre fois 18 000$ et vous avez quasiment le prix d’une belle petite maison. Mais la vie vaut bien plus encore.

Mais cette fois-ci, elle doit se débattre contre la COVID-19, car la pandémie l’a empêchée d’organiser diverses activités de financement dont elle avait absolument besoin pour défrayer son prochain traitement. Elle avait obtenu les permis nécessaires pour organiser des bingos et quelques tirages, mais ils ont tous été annulés.

Sans oublier que les frontières internationales sont fermées jusqu’à nouvel ordre… avec un mince espoir de réouverture à la mi-juillet.

En plus, le ministère de la Santé lui refuse toute aide, même si elle a obtenu la signature du Dr Nizar Abdel Samad, un oncologue de l’Hôpital de Moncton.

«Cette signature était nécessaire pour que l’assurance maladie du Nouveau-Brunswick paie pour mon traitement en Allemagne. Mais on me l’a refusé, parce que je n’aurais pas suivi des traitements au Nouveau-Brunswick selon eux. Pourtant, quand on m’a diagnostiqué de mon cancer en 2017, j’ai subi trois traitements à Caraquet, sans aucun résultat. On me donnait peut-être six semaines à vivre, alors qu’avec les traitements en Allemagne, j’ai pu avoir près de trois ans de plus. Et je veux continuer à vivre», demande Mme Doiron.

Selon ses propos, elle a tenté de parler directement avec le ministre de la Santé, Hugh Flemming, mais sans succès.

«Je veux qu’il m’appelle, implore-t-elle. Je veux qu’il me dise pourquoi il refuse. Je suis un être humain, pas un chien! Je ne travaille pas, mon fonds de pension y a totalement passé. Je veux une réponse le plus vite possible, car ce cancer va très vite aussi.»