Dieppe: les propriétaires d’une attraction expulsées par Irving Oil

«Dévastatrice.» Voilà comment la copropriétaire de l’attraction Room Escape Atlantic, Jessica Savoie a qualifié la nouvelle qu’elle a publiée sur Facebook le 6 juillet. Elle a raconté avoir reçu d’Irving Oil un avis d’expulsion des locaux loués à Dieppe pour l’entreprise qu’elle gère avec sa mère, Suzanne Page.

«Nous avons été forcées de fermer après la Proclamation de l’état d’urgence, comme les autres entreprises, et nous avons perdu 100% de notre revenu, raconte cette dernière. Quand nous avons rouvert, c’est là qu’Irving nous a envoyé une facture pour les loyers dus pendant la durée de la pandémie. Ils voulaient recevoir l’argent en cinq ou six jours, alors ce n’était pas possible!»

Mme Page assure qu’elle a tenté de négocier avec Irving Oil et avoir proposé à la compagnie quatre ou cinq offres de paiement.

«Elles étaient toutes justes, mais ils les ont toutes refusées, déplore-t-elle. Ça faisait cinq ans qu’on était là, on faisait du bon revenu. Non, ils ne voulaient pas négocier du tout. Puis ils m’ont donné une date finale où sortir.»

Les propriétaires de Room Escape Atlantic s’attendent à devoir déménager leur entreprise avant le 24 juillet.

Ils proposent des jeux d’évasion. Leurs joueurs tentent de sortir en moins d’une heure d’une salle (décorées à la façon d’un bateau pirate, d’un hôpital hanté, d’un laboratoire, etc.) en résolvant des problèmes de logique.

«La première semaine après la réouverture, nous n’avons pas eu beaucoup de clients, mais la fréquentation a doublé pendant la semaine suivante puis est redevenue normale», précise Mme Page.

Elle estime que les évadés ont été 13 000 en 2019. La publication de sa fille sur Facebook a en outre généré 360 réactions, 215 commentaires et 545 partages en 24h.

Jessica Savoie et sa mère, Suzanne Page sont les propriétaires du nouveau centre de divertissement Room Escape Atlantic situé au 355, boulevard Dieppe à Dieppe. – Archives

«Il n’y a pas de structure administrative pour gérer les baux commerciaux», expose le directeur des affaires provinciales pour le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Louis-Philippe Gauthier.

C’est le contraire du système de location d’habitations, dont le Tribunal a annoncé un plan pour proposer une médiation dans les cas de non-paiement du loyer dès le 1er juin, selon le site internet de Service Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement provincial a certes protégé les locataires de locaux non résidentiels contre les expulsions pour non-paiement du loyer du 19 mars au 31 mai.

«Nous lui avons demandé à maintes reprises d’étendre cette protection, car le fédéral a proposé une Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial à partir du 26 mai seulement, mais il a refusé», regrette cependant M. Gauthier.

La porte-parole d’Opportunité NB, Autumn Lawrence indique pourtant que le programme de subventions a accepté des demandes dès le 25 mars. Elle recense 183 demandes de propriétaires au Nouveau-Brunswick pour une aide au loyer commercial totalisant un montant de 1,4 million $. Cela s’appliquerait à 306 locataires employant 2 164 salariés.

Le porte-parole de la FCEI avance que 30% des entreprises du Nouveau-Brunswick étaient incapables de payer leur loyer au 1er juillet.

Irving Oil a fait valoir par courriel son respect des réglementations et a refusé de commenter ses relations avec des locataires en particulier.