Le maire de Grande-Anse dénonce la fermeture du point de service d’UNI

Le maire de Grande-Anse, Gilles Thériault, ne ménage pas ses critiques au lendemain de l’annonce de la fermeture permanente du point de service d’UNI Coopération financière dans la municipalité.

Il affirme avoir été avisé seulement une heure avant l’annonce officielle, qui a eu lieu mercredi après-midi. Le maire Thériault déplore ce qu’il qualifie d’un manque de transparence et de consultation de la part d’UNI envers la municipalité et les nombreux membres-clients de la caisse, fondée en 1939.

«Au nom de la modernisation, ce sont les membres-clients les plus vulnérables qui seront affectés par cette fermeture. Je comprends que la majorité des transactions sont faites de façon numérique, mais ce n’est pas tout le monde qui a le moyen de se payer un téléphone intelligent et un forfait Internet afin d’effectuer leurs transactions en ligne, sans compter les personnes âgées qui ne sont pas familières avec la nouvelle technologie», lance-t-il.

UNI Coopération financière fermera définitivement trois succursales dans le nord de la province. En plus de celle de Grande-Anse, les points de service de Bas-Caraquet et de Saint-Jacques sont également touchés. La succursale de Saint-Basile se transformera en centre d’appels. Des guichets automatiques seront maintenus dans les communautés.

Selon UNI, une baisse d’achalandage constante de ces points de service ne peut justifier leur ouverture, même partielle.

«En 2019, les transactions au comptoir de ces points de services représentaient moins de 5 % de l’ensemble des transactions réalisées au comptoir chez UNI», pouvait-on lire dans un communiqué envoyé mercredi.

Les points de service concernés, dont Grande-Anse, sont fermés depuis le début avril en raison de la pandémie de la COVID-19. Au départ, ces fermetures devaient être temporaires.

«Ceci représente une diminution considérable des services financiers offerts par UNI dans la région d’Anse-Bleue, Grande-Anse et Saint-Léolin. C’est facile de justifier la fermeture par des statistiques, cela fait plus de deux ans que les membres-clients doivent se déplacer à Caraquet pour rencontrer un conseiller financier»,  a mentionné Gilles Thériault.

Au cours des dernières années, les heures d’ouverture ont aussi été réduites à Grande-Anse et la succursale était fermée sur l’heure du midi. Le maire Thériault reproche à UNI Coopération financière de s’éloigner de sa mission sociale. Selon lui, les résultats financiers sont devenus plus importants que le service à la clientèle.

«Je pense qu’ils tiennent leurs clients pour acquis.»

Mercredi, Dave Cowan, directeur général du Village de Bas-Caraquet, a aussi affirmé que l’annonce est arrivée avec peu de préavis. Il a demandé une rencontre entre les représentants d’UNI et de Bas-Caraquet pour que la municipalité puisse mieux comprendre ce qui motive la décision.

À ce niveau, Julie Francoeur, directrice Expérience-client et canaux virtuels chez UNI, défend la position de l’entreprise.

«Évidemment nous comprenons qu’il est difficile pour une communauté de voir un service fermer. (…) On a communiqué avec certaines personnes de la communauté, dont les maires et d’autres représentants, avant d’envoyer le communiqué. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire, on l’a fait comme ça.»

UNI est prêt, ajoute Julie Francoeur, à soutenir les communautés touchées dans la transition et pour la suite des choses. Elle rappelle qu’UNI demeure encore bien présent sur le territoire du Nouveau-Brunswick, particulièrement dans le nord de la province.

Afin de permettre aux personnes moins à l’aise avec les technologies numériques d’effectuer leurs transactions à distance, Mme Francoeur invite les gens à découvrir le service UNIAssisT, qui s’offre par téléphone du lundi au vendredi, de 9h à 17h ou sur Internet. Ce service permet de réaliser plusieurs transactions autrefois effectuées en personne, au comptoir.

«En fermant les points de service, on a une alternative pour ceux qui sont moins connectés.»