Le ministre Flemming favorable à la création de la «bulle» avec une partie de la Gaspésie

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Ted Flemming, estime que la demande pour la création d’une bulle communautaire entre le Restigouche et la MRC d’Avignon en Gaspésie est tout à fait raisonnable. Il promet d’ailleurs d’apporter et de défendre le projet au cabinet afin qu’il se réalise le plus rapidement possible.

Cette promesse, le ministre l’a faite mercredi à l’issue d’une rencontre avec le président du Forum des maires du Restigouche et maire de Balmoral, Charles Bernard, et le président de la Commisssion des services régionaux du Restigouche, Brad Mann.

Les deux hommes se sont déplacés à Fredericton afin d’exprimer en personne leur mécontentement face à une panoplie de dossiers. En tête de liste, le refus du gouvernement à consentir à la création d’une bulle régionale avec la MRC d’Avignon en Gaspésie.

«Pour nous, c’est un dossier essentiel, car nos communautés dépendent l’une de l’autre et, actuellement, tout le monde étouffe. Ce refus cause des problèmes aux citoyens des deux côtés de la frontière et à l’économie régionale, sans oublier qu’il créé des tensions inutiles avec nos voisins. On doit régler cette question une fois pour toutes et rapidement», relate M. Bernard.

Chiffres et données à l’appui, celui-ci a exposé le portrait de la situation et délimité la zone. C’est d’ailleurs avec surprise qu’il a vu que ses chiffres différaient de ceux à la disposition du ministre. Selon le maire, les données gouvernementales incluaient en effet toute la Gaspésie alors que le concept réclamé depuis plusieurs semaines s’attarde uniquement à la MRC d’Avignon.

«C’est une différence majeure et le ministre l’a réalisée. En fait, je n’ai aucun problème à ce que l’on ouvre nos frontières à toute la Gaspésie ou même au Québec en entier, mais notre priorité en ce moment, ce sont nos voisins d’Avignon. On veut que ça se fasse quoiqu’il advienne avec les frontières du reste du pays, et que ça se fasse le plus tôt possible, pas dans deux semaines ni dans un mois. Ç’a déjà trop traîné», indique M. Bernard.

Suite à cette présentation, et face à ces nouvelles données, il confirme avoir reçu l’assurance du ministre qu’il allait recommander au cabinet ministériel la création de cette fameuse bulle.

«Comme nous il est d’accord que la situation actuelle ne fait absolument aucun sens, au point où il nous a promis de défendre le dossier auprès de ses collègues et du premier ministre», note M. Bernard, s’en remettant maintenant à la parole du ministre pour faire avancer ce dossier.

«On espère vraiment que son implication va faire bouger les choses, que nous aurons finalement une voie au cabinet qui va défendre nos intérêts et apporter la bonne information», ajoute-t-il.

La MRC d’Avignon comprend les municipalités gaspésiennes de Plateaux de Matapédia jusqu’à Maria. La bulle communautaire comprendrait également la Première nation de Listuguj, pour population totale équivalent à plus 16 000 personnes.

Service d’urgence et Centre pour jeunes

Les élus restigouchois avaient initialement demandé une rencontre d’urgence avec le premier ministre, Blaine Higgs. Mais ce dernier, accaparé par d’autres dossiers, a plutôt délégué son ministre de la Santé comme porte-parole. Soit, ce choix tombait à point puisque ceux-ci avaient justement d’autres points à aborder, des sujets qui concernent justement son champ d’expertise, la santé.

Ils ont d’abord tenu à indiquer au ministre que les deux récentes fermetures de l’urgence à l’Hôpital régional de Campbellton étaient tout simplement inacceptables et ne devaient plus se reproduire.

«Ces décisions ont été prises sans consultations avec les personnes concernées. On sait de bonnes sources (à l’intérieur de l’hôpital) que le service aurait pu être maintenu», a indiqué M. Bernard.

«Le système dans sa forme actuelle ne fonctionne pas bien du tout. Ça nous prend un gestionnaire sur place, une direction. Si on avait eu une telle personne en poste durant les deux dernières éclosions, elle aurait pu prendre des décisions beaucoup plus éclairées et favorables au bien-être de nos citoyens. Là, au contraire, on a opté pour la facilité et causé des préjudices aux populations qui l’utilisent», estime le maire.

Celui-ci a également évoqué l’érosion des services vers la région voisine, rappelant que certains services mis en veille n’ont toujours pas été rétablis, notamment celui l’obstétrique.

L’avenir du Centre d’excellence pour jeunes en santé mentale a également été évoqué. Le président du forum des maires a rappelé au ministre que lui et ses confrères élus de la région demeuraient fermement campés sur leur position, donc en désaccord avec son déménagement dans le sud de la province.

«Il connaît notre position et nos arguments. Ce qu’il doit se poser maintenant comme question, c’est si son gouvernement a 20 millions à dépenser pour déménager ce programme alors qu’il fonctionne très bien ici et que la province est en période de déficit», dit le maire.

Rappelons que les services aux jeunes souffrants de problèmes aigus en santé mentale sont dispensés au Restigouche en dépit du fait que le centre n’a pas ouvert ses portes. En tout, plus d’une quarantaine de jeunes patients ont pu en bénéficier. Le programme ne semble d’ailleurs pas souffrir de problèmes majeurs au niveau du personnel.

M. Bernard indique que le ministre a été très attentif à ses propos et ceux de son collègue Mann.