Le N.-B. pas pressé d’obliger le port du masque

Le port obligatoire du masque dans les lieux publics intérieurs a de plus en plus la cote au Canada, mais le Nouveau-Brunswick résiste à l’idée jusqu’à maintenant. Un collectif canadien de médecins et de scientifiques invite le gouvernement Higgs à agir dès maintenant.

Les grandes villes canadiennes sont de plus en plus nombreuses à prendre les grands moyens pour freiner la propagation du virus.

Après Ottawa, l’est de l’Ontario et Toronto, c’est maintenant au tour de Montréal de se préparer à imposer le port obligatoire du masque dans les lieux publics intérieurs.

L’idée n’est pas particulièrement compliquée; plus la population se couvre le nez et la bouche, moins la COVID-19 a de chances d’infecter de nouvelles personnes.

Chez nous, au Nouveau-Brunswick, le gouvernement provincial a annoncé une mesure du genre au début juin…avant de faire demi-tour dès le lendemain après que le cabinet de Blaine Higgs a mis son pied à terre.

Aujourd’hui, la règle est la suivante à l’échelle provinciale: il est obligatoire de se couvrir le visage seulement lorsqu’il n’est pas possible de se tenir à deux mètres les uns des autres. Si l’on se retrouve un peu trop collés à nos concitoyens et que l’on n’a pas de masque, il faut tout simplement quitter les lieux «promptement».

«La présente consigne pourrait changer»

Ces règles sont établies en fonction de divers facteurs, tels que «la transmission communautaire et le nombre de cas», selon la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell.

«Cette consigne est basée sur la situation actuelle dans la province. S’il y a une augmentation du nombre de cas ou des preuves d’une transmission communautaire, la présente consigne pourrait changer», dit-elle dans une déclaration écrite envoyée à l’Acadie Nouvelle.

Elle ajoute que le masque est un moyen efficace de freiner la propagation et qu’il est conseillé de commencer à traîner un avec soi en public pour l’avoir à portée de main en tout temps.

Vendredi, il n’y avait qu’un cas actif confirmé au Nouveau-Brunswick. Depuis le début de la pandémie, 165 personnes ont contracté le virus et deux en sont décédées. C’est beaucoup moins, toutes proportions gardées, qu’en Ontario et qu’au Québec.

Un faux sentiment de sécurité au N.-B.

Selon Masks4Canada, un collectif composé principalement de scientifiques et de médecins, le port du masque devrait être obligatoire dans les lieux publics intérieurs et dans les transports en commun de tout le pays.

La Dre Nataly Trang fait partie du collectif. En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, cette ophtalmologue de Montréal affirme que le Nouveau-Brunswick devrait imiter Ottawa, Montréal, Toronto et l’est de l’Ontario.

«Pourquoi? Parce qu’on aimerait éviter qu’il y ait une deuxième vague ou qu’il y ait des éclosions plus importantes dans des régions qui ont été moins affectées (jusqu’à maintenant). Cela protégerait des vies et permettrait de relancer l’économie», dit-elle.

Il importe peu que le Nouveau-Brunswick ait été relativement épargné depuis le début de la pandémie, selon elle. La province n’est pas à l’abri de la COVID-19, d’autant plus depuis la mise en place de la bulle atlantique.

La Dre Trang note aussi que malgré les contrôles aux frontières avec le Québec, de nombreuses personnes peuvent tout de même venir dans la province.

À titre d’exemple, jeudi, pas moins de 3130 véhicules personnels ont franchi l’un des quatre points de contrôle à la frontière avec la Belle Province (situés à Campbellton, Matapédia, Saint-Jacques et Lac Baker).

Il faut faire attention de ne pas développer un faux sentiment de sécurité, dit-elle.

«Ça prend juste une personne qui amène ça sur un territoire peu affecté pour créer une éclosion. Je comprends qu’il n’y a pas beaucoup de cas, mais le but c’est de garder ça bas et de ne pas remonter la courbe d’infections.»