Higgs ouvert à une bulle entre le Restigouche et la Gaspésie

Le Nouveau-Brunswick pourrait permettre prochainement aux citoyens de la MRC d’Avignon en Gaspésie de franchir librement et sans contrainte le pont interprovincial J.C. Van Horne.

Au sein du gouvernement, on confirme – sans toutefois préciser de date – que l’élargissement de la bulle du Nouveau-Brunswick à d’autres Canadiens, y compris les résidents des localités frontalières, est examiné attentivement.

Ainsi, bien qu’encore hésitant à ouvrir ses frontières et celles de la «bulle atlantique» au reste du pays, le premier ministre Blaine Higgs se dit prêt à considérer une ouverture avec certaines régions limitrophes.

«Nous envisageons diverses options pour permettre certains voyages au Nouveau-Brunswick pour ceux qui vivent près des frontières Québec-Nouveau-Brunswick. Il est possible que nous puissions élargir la bulle pour inclure la Gaspésie et d’autres régions du Québec, mais toute décision sera basée sur une évaluation des risques pour la santé publique», a indiqué le premier ministre dans un courriel envoyé mercredi à l’Acadie Nouvelle.

Deux régions partagent une frontière commune avec la Belle province, soit le Restigouche et le Madawaska. Et ces deux régions demandent depuis plusieurs semaines que les restrictions frontalières soient levées pour leurs voisins québécois immédiats, soit ceux du Témiscouata et de la MRC d’Avignon dans le sud de la Gaspésie.

Une entente serait imminente dans le cas de la MRC d’Avignon qui va des Plateaux de Matapédia jusqu’à la municipalité de Maria. Bien qu’aucune date précise n’ait encore été dévoilée, certains croient que les détails pourraient être dévoilés d’ici la fin de la semaine.

«Je ne peux pas confirmer la nouvelle, car la décision revient au premier ministre. Mais disons simplement que je serais vraiment très surpris – et déçu – si on n’ouvrait pas le pont à nos voisins de la Gaspésie d’ici la fin de semaine. C’est l’objectif qui est sur la table», indique le président de la Commission de services régionaux du Restigouche, Brad Mann.

Lui et le président du Forum des maires du Restigouche, Charles Bernard, se sont rendus à Fredericton la semaine dernière afin de s’entretenir de ce sujet avec le ministre de la Santé, Ted Flemming. Au terme de cette rencontre, le ministre leur aurait confié être convaincu de la nécessité de la création d’une telle bulle entre les deux communautés, et promis de défendre le dossier au cabinet.

«Et visiblement, il a tenu sa promesse», a lancé M. Mann.

Ce dernier estime qu’il est plus que temps que la frontière soit rouverte à cette population, la fermeture ayant de graves impacts sociaux et économiques d’un côté comme de l’autre de la rivière Restigouche. La population de ce secteur de la Gaspésie correspondrait à elle seule à environ 50% du chiffre d’affaires des commerçants du Restigouche, sinon davantage.

«On le dit depuis plusieurs semaines, il faut que la frontière rouvre pour que nos commerçants puissent respirer, que les familles puissent se réunir. Imaginez si on disait aux gens de Riverview qu’ils ne peuvent plus se rendre à Moncton et vice-versa, ou que l’on divise Fredericton en deux. Et bien, c’est exactement la même chose qui se passe ici. Oui, il s’agit de deux provinces, mais dans notre région ça ne compte pas. Nous ne composons qu’une seule et grande communauté», exprime M. Mann.

Rappelons que depuis le début de la pandémie, les citoyens de ces communautés québécoises limitrophes ont tout de même eu un accès à la province, ce dernier étant toutefois limité aux besoins et services essentiels non disponibles de leur côté de la frontière.

Aussi, tous les Néo-Brunswickois qui traversent la frontière pour se rendre dans ces deux régions (Avignon et Témiscouata) doivent automatiquement s’isoler pour une période de 14 jours à leur retour dans la province. Advenant la création d’une bulle, cette obligation tomberait.

À ce stade, on ignore si la bulle limitera les voyageurs d’Avignon et du Témiscouata à la seule région avec laquelle elles partagent leur frontière ou s’ils pourront avoir accès à la totalité de la bulle atlantique.

Escouades sanitaires déployées en Gaspésie

Pendant ce temps, l’arrivée en Gaspésie de milliers de visiteurs estivaux a incité les autorités régionales de santé publique à déployer des escouades sanitaires qui les sensibilisent aux mesures visant à contrer la transmission du coronavirus.

Ces équipes débutent cette semaine leurs interventions à Carleton-sur-Mer, en Haute-Gaspésie ainsi que dans la Côte-de-Gaspe afin de couvrir l’ensemble du territoire gaspésien.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie, qui a délégué ces escouades sur le terrain, affirme qu’une collaboration étroite a été établie avec les villes et les municipalités particulièrement prisées par les touristes.

Les équipes d’une dizaine d’intervenants par ville ou municipalité seront à pied d’œuvre chaque jour, de 12 h à 20 h, au moins jusqu’au milieu du mois prochain. Des distributions de masques doivent aussi avoir lieu.

Des roulottes de dépistage sans rendez-vous parcourront les secteurs les plus achalandés de la Gaspésie.

La première roulotte mobile est disponible à Percé à compter de ce mercredi. Elle est située sur le terrain de l’ancien Motel Flynn, sur la route 132.

La population de Percé est de quelque 3200 personnes, mais le tourisme estival provoque un achalandage exceptionnel dans la petite municipalité. – La Presse canadienne

La bulle atlantique ne sera pas crevée pour l’instant

Près de deux semaines après l’entrée en vigueur de la bulle atlantique, les premiers ministres du Canada atlantique ne se précipitent pas pour accueillir sans restrictions les visiteurs du reste du pays.

La bulle Atlantique, en vigueur depuis le 3 juillet, permet aux résidants de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve-et-Labrador et de l’Île-du-Prince-Édouard de voyager entre ces quatre provinces sans être tenus de s’isoler pendant 14 jours, comme doivent le faire les Canadiens des autres provinces.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador avait lancé l’idée de lever les restrictions pour les autres Canadiens le 17 juillet – vendredi -, mais un communiqué du cabinet de Dwight Ball indique maintenant qu’il s’agissait d’une estimation approximative et optimiste.

Le cabinet du premier ministre affirme que la bulle atlantique est surveillée de près par la médecin-hygiéniste en chef de la province, et que les décisions tiendront compte des situations particulières dans chaque région.

Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a de son côté déclaré mardi qu’il était à l’aise avec la bulle actuelle et ne souhaitait pas l’étendre de sitôt.

Dans un communiqué publié mardi, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a précisé que la question serait discutée avec les autres premiers ministres et médecins hygiénistes, et que toute décision serait prise en collégialité.

Avec des extraits de La Presse canadienne