Le gouvernement offre de rembourser 20% de vos vacances au N.-B.

Les résidents du Nouveau-Brunswick qui voyagent à l’intérieur de la province pourront se faire rembourser 20% de leurs dépenses cet été.

Le gouvernement provincial a créé ce programme pour encourager le tourisme dans la province en réponse à la pandémie de COVID-19.

Ces incitatifs sont en place du 15 juillet au 30 septembre.

Les vacanciers du N.-B. pourront présenter une demande de remboursement de 20% de leurs dépenses admissibles réalisées pendant leurs vacances dans la province, à condition d’avoir passé la nuit dans un endroit payant comme un hôtel, un gîte ou un camping.

Le ministre confirme que tous les établissements du genre sont admissibles à condition qu’ils relèvent d’une entreprise enregistrée auprès du gouvernement.

Le gouvernement paiera 20% de la note des dépenses admissibles jusqu’à concurrence de 1000$.

Le rabais couvrira l’hébergement, la restauration, les activités (frais d’admission aux attractions touristiques), ainsi que des dépenses liées aux déplacements, comme la location de véhicules, les frais de traversiers et de stationnement.

Les frais d’essence ne sont pas couverts. L’achat d’alcool n’est pas admissible à moins de l’avoir acheté avec un repas. La liste complète des dépenses admissibles et inadmissibles est disponible sur le site web du ministère du Tourisme.

Les formulaires pour demander un remboursement seront aussi disponibles en ligne et doivent être remis entre le 1er et le 30 octobre.

Cette mesure ne s’adresse qu’aux résidents permanents du Nouveau-Brunswick.

Le ministre Bruce Fitch espère ainsi inciter les gens à renflouer les coffres de l’industrie touristique pendant une saison morte provoquée par la pandémie de la COVID-19.

«C’est une manière de rejoindre les gens du N.-B. et de leur donner un incitatif pour appuyer les entreprises», dit-il en mêlée de presse.

Le gouvernement a réservé la somme de 3 millions $ pour financer ces remboursements. Lorsque les demandes de remboursement seront disponibles le 1er octobre, ce sera premier arrivé, premier servi, selon le ministre.

«C’est un maximum de 3 millions $, et j’espère qu’on va l’utiliser au complet.»

Il affirme que si tout se passe bien, les vacanciers pourront empocher leur remboursement d’ici Noël.

Le ministre explique qu’il a évalué la possibilité d’étendre ces incitatifs aux visiteurs d’autres provinces, mais qu’il s’est ravisé.

«La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont leurs propres programmes de staycation, alors on voulait que ces incitatifs soient faits au Nouveau-Brunswick, pour les Néo-Brunswickois et financés par les contribuables du N.-B», raconte Bruce Fitch.

La nouvelle tombe à pic pour plusieurs entrepreneurs touristiques.

Carol Alderdice, présidente de l’Association de l’industrie touristique du N.-B, fait partie du comité qui a mis ce programme sur pied avec le gouvernement.

Elle ne se fait pas d’illusions: les entrepreneurs ne feront pas des affaires en or même avec ces incitatifs. Mais l’objectif, c’est avant tout de survivre à la crise, dit-elle.

«Il faut survivre à cet été pour avoir une entreprise l’an prochain. On espère que ça va nous aider.»

Elle entend continuer à faire pression sur le gouvernement pour que l’industrie obtienne davantage d’aide cet automne et en hiver.

Le fait que les vacanciers devront passer une nuit payée dans un établissement quelconque pour bénéficier du rabais réjouit Sébastien Després, copropriétaire du gîte Le Griffon et du bistro Le Moque-Tortue, à Shediac. Pendant la pandémie, le gîte a subi des pertes de 90% par rapport à l’an dernier.

«C’est une politique publique vraiment bien pensée, parce que ça requiert que les vacanciers restent une nuitée. Ça encourage les gens à se déplacer à plus d’une demi-heure (de chez eux).»

Dans le Nord, la nouvelle est plutôt bien accueillie. Le directeur général de l’Office du tourisme de la Péninsule Acadienne, Yannick Mainville, faisait lui aussi partie des consultations pour la mise sur pied des incitatifs.

«C’est un premier pas dans la bonne direction.»

Il espère que l’engouement des Néo-Brunswickois pour leur propre province servira à mitiger les impacts de l’absence des touristes québécois et ontariens.

Au camping Le Colibri de Bertrand, on ressent déjà les effets des incitatifs pour le tourisme. La copropriétaire Lise Thériault explique que l’annonce de mercredi matin a déjà généré plus d’intérêt que l’ouverture de la bulle atlantique.

«Déjà depuis ce matin, on a eu des appels pour des réservations, et les gens nous demandent si le 20% de l’annonce du gouvernement (s’applique)», dit l’entrepreneure.

Elle explique aussi que des campeurs qui devaient partir mercredi ont décidé de prolonger leur séjour à cause de cette mesure.

Mylène Dugas, agente de relations publiques au Village historique acadien, explique que plusieurs touristes du nord-ouest et du sud de la province sont déjà venus y faire un tour depuis la réouverture. Elle espère que cette tendance prendra de l’ampleur avec l’annonce du gouvernement.

«On se croise les doigts pour que ça ait un impact. L’ouverture de la bulle atlantique n’a pas fait de miracles pour nous, mais on s’y attendait parce que les gens semblent être un peu frileux à l’idée de voyager.»

Elle explique que les visiteurs du VHA fréquentent souvent les restaurants et les hôtels environnants, et que les retombées économiques ne se limitent donc pas à l’attraction touristique.

Le rabais offert par la province est aussi prometteur pour les hôtels, qui sont toujours en difficulté malgré l’ouverture des frontières avec la N.-É. et l’Î.-P.-É. Gérald Normandeau, président de l’Association des hôteliers du Grand Moncton, applaudit l’initiative du gouvernement.

«À ce jour, ils avaient fait des annonces pour promouvoir le tourisme, mais il n’y avait pas d’incitatifs financiers. Mais là, le 20% est un très bon pas pour encourager les gens à visiter leur cour arrière.»