Violences sexuelles: une page de dénonciations en pause temporaire

L’une des deux pages de dénonciation «Victims Voices» du Nouveau-Brunswick est temporairement mise en veilleuse. Les administratrices disent vouloir donner un répit à leurs bénévoles.

Les administratrices du compte Instagram «victims_voices_nb» ont publié une story (une publication éphémère) mardi dans laquelle elles disent qu’elles prennent un peu de recul afin de ménager leur équipe.

«C’est pourquoi nous annonçons une pause indéterminée pour l’instant. Notre pause ne signifie pas la fin de notre espace. C’est à nous, ensemble! La peur doit changer de camp!»

Au cours des derniers jours, ce compte – dont on ignore l’identité des responsables – publie les témoignages anonymes de personnes néo-brunswickoises. On y retrouve entre autres des allégations de harcèlement, d’agressions sexuelles et de commentaires sexistes.

Certaines publications nomment les gens (des hommes la plupart du temps) qui auraient commis ces actes répréhensibles. Le nom des présumées victimes n’est cependant pas dévoilé.

Certaines allégations ciblent un membre du personnel enseignant de l’Université de Moncton. Cela a poussé l’institution à publier un communiqué dans lequel elle indique qu’elle «fait actuellement les suivis nécessaires» à ce sujet.

En cinq jours à peine, le compte a gagné en popularité et comptait près de 1200 abonnés mercredi en fin d’après-midi. C’est énorme pour un compte Instagram principalement francophone et basé au Nouveau-Brunswick.

Les responsables ont aussi annoncé récemment qu’elles ont reçu leurs premières menaces de poursuite en diffamation. On ignore cependant qui a proféré ces menaces et si elles seront mises à exécution.

«Nous tenons à rappeler que chaque témoignage a été reçu de sources directes. Nous ne publions pas de sources indirectes. Aussi, plusieurs personnes reviennent par de nombreux témoignages», peut-on lire dans une story de victims_voices_nb.

Elles ont rappelé qu’elles ne donneront aucune entrevue.

Pendant ce temps, le compte qui partage des allégations anonymes émanant de la Péninsule acadienne gagne lui aussi en popularité. Intitulé «p.acadienne.victims.voices, il compte maintenant plus de 900 abonnés.

Cette pause prise par le compte Victims Voices NB survient peu après celle annoncée par les administratrices du compte phare du Québec, victims_voices_montreal.

Il comptait plus de 77 000 abonnés lorsqu’il a été supprimé temporairement plus tôt cette semaine.

Cette page a partagé de nombreux témoignages anonymes. Certaines allégations d’inconduite sexuelles ont ciblé des personnalités du monde du show-biz québécois telles que Bernard Adamus, Kevin Parent et Yann Perreau.

Ces artistes québécois bien connus ont tous été largués par leur maison de disques ou leur agence de spectacles. Ils ont annoncé qu’ils mettaient leur carrière sur pause et se sont excusés.

Les responsables de victims_voices_montreal ont dit qu’elles ont été submergées par plus de 5000 témoignages depuis le lancement de leur plateforme.