Higgs: «Ma préférence est de ne pas avoir d’élections»

Blaine Higgs n’exclut pas la possibilité d’un scrutin général avant la fin de l’automne même s’il préférerait personnellement l’éviter.

«Je ne suis certainement pas en train d’encourager ou de viser des élections. Ce n’est pas un processus que je souhaite particulièrement. Mais c’est tout de même une possibilité à prendre en considération», a déclaré le premier ministre, mardi.

«Ma préférence sur plusieurs plans, c’est de ne pas avoir d’élections, mais le temps nous le dira.»

M. Higgs répondait aux rumeurs d’élections automnales, voire estivales, qui vont bon train dans la capitale provinciale ces jours-ci.

L’annonce ce weekend de la tenue prochaine de plusieurs congrès à l’investiture du Parti progressiste-conservateur, dont celui de la circonscription du premier ministre, ont fait dire à de nombreux observateurs de la politique provinciale que des élections étaient imminentes.

Blaine Higgs avait lui-même affirmé récemment être en train de songer à la possibilité de déclencher des élections générales au lieu de risquer de perdre le pouvoir en procédant à trois élections partielles cet automne.

Son gouvernement minoritaire au pouvoir depuis deux ans compte le même nombre de députés que le Parti libéral. De mauvais résultats lors des élections partielles pourraient donc le faire tomber et force des élections générales.

Sans écarter la possibilité de convier directement l’ensemble de la population aux urnes, M. Higgs n’a pas semblé particulièrement pressé d’aller en élections lors de son point de presse à l’Assemblée législative.

«Est-ce possible? Est-ce que ça peut être fait de façon sécuritaire (malgré la COVID)? Quels seraient les avantages», a-t-il dit pour illustrer son questionnement.

«En ce qui concerne la population en général, je pense que les opinions sont partagées parce que plusieurs se demandent si c’est nécessaire et s’il y a un risque pour la santé publique qui peut être mitigé.»

Le Parti progressiste-conservateur a convié ses membres à huit congrès à l’investiture entre le 8 et le 12 août.

Selon la directrice générale du parti, Andrea Johnson, la formation politique souhaite être prête à toute éventualité même si leur chef n’a pas l’intention de provoquer des élections prochainement.

«Avec un gouvernement minoritaire, il faut toujours être prêt», rappelle-t-elle.

«Il n’y a pas vraiment de stratégie derrière ce calendrier. Nous commençons avec les députés qui ont l’intention de se représenter dès que leur emploi du temps le permet.»

Mme Johnson assure qu’il est tout à fait possible d’organiser ces congrès tout en respectant les directives de la santé publique en matière d’hygiène et de distanciation sociale afin d’éviter la propagation du coronavirus.

Le Parti libéral a déjà procédé à l’investiture de trois de ses députés sortants. Un quatrième congrès est prévu ce jeudi.

Les libéraux se sont engagés à ne rien faire pour provoquer des élections avant le printemps afin de permettre aux députés de se concentrer sur la pandémie de COVID-19 et la reprise économique.

«Je suis fermement convaincu que ce n’est pas le moment de déclencher des élections. Notre économie est en crise et la pandémie se poursuit», a indiqué le chef du parti, Kevin Vickers, dans une lettre ouverte destinée au premier ministre plus tôt ce mois-ci.

«Je tiens à ce que vous sachiez, comme je l’ai déjà dit publiquement à plusieurs reprises, que notre parti n’a pas l’intention de provoquer des élections cette année. Je vous en donne ma parole.»

Les dernières élections provinciales ont eu lieu il y à moins de deux ans. Selon la loi sur les élections à date fixe, les électeurs ne devraient pas être convoqués aux urnes avant l’automne 2022, sauf si le gouvernement tombe.