Loisirs nautiques: rupture des stocks presque partout

Les loisirs nautiques ont la cote. Piscines, spas, motomarines, bateaux, surfs à pagaie et tout ce qui peut flotter trouvent rapidement preneur dans les commerces, cet été. C’est la rupture des stocks presque partout. Tant pis pour ceux qui se décident à la dernière minute, car il faudra attendre 2021!

«C’est la tempête parfaite!»

Le constat d’Éric Dugas, propriétaire de JC Pools et Spas de Bathurst, peut très bien s’appliquer à Cyndie Lanteigne, propriétaire de Lanteigne Sports de Caraquet, à Nancy Landry, gérante de Mark Piscines et Spas de Tracadie, ou encore Alexandre Godin, directeur général et propriétaire de Cabano Marine de Tracadie.

En tempête parfaite, il énumère le budget voyage qui est devenu le budget maison et vacances. On a aussi un été chaud et beau pour l’instant. La COVID-19 a aussi forcé les manufacturiers de fermer leurs portes pendant près de trois mois et au retour, ils ont dû faire face à une immense vague de demandes venant de partout.

«Le problème n’est pas de vendre, le problème est d’avoir le matériel! C’est notre défi tout de suite. On en a, mais à la chiquette!»

Normalement, un spa était livré en quatre semaines. Lundi, M. Dugas a parlé de 24 semaines pour une commande selon les désirs des clients. Six fois plus longtemps.

«Quand on a vu ça, on en a commandé plusieurs douzaines. On va chercher le modèle de base demandé, mais le client est obligé de choisir ce qui est disponible, non ce qu’il veut. C’est différent, car on veut avant tout satisfaire le client. Même chose pour les toiles de piscine. Tu prends ce qu’il y a. Et c’est le problème de tous les magasins de piscine en Amérique du Nord», raconte-t-il, en indiquant que les clients sont habituellement compréhensifs face à ce portrait particulier.

Plus de motomarines

Cyndie Lanteigne nous amène dans l’atelier de préparation de Lanteigne Sports. Un employé, Paul Doiron, met la dernière touche aux six motomarines qui sont arrivées récemment. Et qui sont déjà achetées.

Paul Doiron est en train de monter une motomarine destinée à un client dans l’atelier de Lanteigne Sports, de Caraquet. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

«C’est gênant à dire, mais ça va vraiment bien pour alors alors que tout autour, plusieurs commerces en arrachent. Et ça me fait de la peine», affirme-t-elle.

Il n’y a pas que les motomarines qui se sont envolées comme des petits pains chauds. Les véhicules hors route et les motos de type roadster aussi. La demande est telle que les prochains clients devront attendre à l’an prochain.

«Good luck si tu réussis à te trouver une motomarine neuve au Canada! Il n’en reste plus. Zéro. J’en ai déjà six qui sont prévendues avec dépôt pour l’an prochain. J’ai voulu commander 100 VTT et véhicules côte à côte (VCC) pour septembre et je n’en ai trouvé que 19. On a même des appels du Québec et de l’Ontario pour savoir s’il nous reste des modèles», explique-t-elle, en montrant un VCC qu’elle a vendu à un monsieur de l’Ontario, qui est actuellement en quarantaine dans la région avant de pouvoir repartir chez lui avec le bolide.

Tout est chambardé

«On se doutait bien que ça n’allait pas être un été normal, avoue Nancy Landry, de Mark Piscines et Spas. En deux semaines, tout a été chambardé. Pour une piscine hors terre, la période d’attente est passée d’un mois à deux mois et demi. Pour les spas, on est rendu à trois mois. On a fait notre dernière commande à la fin mai et ça arrive au compte-gouttes. Et souvent, l’équipement n’est pas complet, parce que nous avons des fournisseurs de partout. On informe déjà les personnes intéressées de penser tout de suite à 2021. La plupart des gens comprennent que nous vivons une situation anormale.»

La gérante ajoute qu’elle a déjà sept dossiers ouverts pour l’an prochain, du rarement vu en cette période de l’année.

«On a un beau problème sur les bras», dit-elle, en admettant que les affaires sont très bonnes.

Nouvelle culture

La salle d’exposition de Cabano Marine est presque vide. Seuls deux modèles de bateaux de 19 pieds sont en démonstration, et pas pour longtemps.

«On a eu une très bonne saison, on a été très occupé, confie Alexandre Godin. On travaille fort. C’est bien mieux qu’on pensait, car on s’attendait à une saison morte avec la COVID-19. Tout ce qui est nautique se vend très bien.»

Lui aussi remarque une nouvelle culture dans les dépenses de ses clients. Désormais limités dans leurs déplacements, ils choisissent d’investir dans leurs résidences et dans leurs loisirs familiaux. Et même si c’est un produit de luxe, les bateaux n’ont pas eu trop le temps d’amasser de la poussière dans son magasin du Parc commercial de Tracadie.

«Ils décident d’améliorer leur vie à la maison. Ils se dirigent donc vers les sports nautiques ou encore dans les rénovations. Ils trouvent un moyen de se divertir si jamais il y avait une deuxième vague du virus», donne-t-il comme explication.

Toutes ces conditions liées à la COVID-19 compliquent le travail de tout le monde. Éric Dugas nous dit que c’est déjà arrivé que les livraisons soient retardées de deux semaines parce qu’un cas du virus est apparu chez le manufacturier.

«Ça m’appelle du Québec et de l’Ontario pour des échelles à piscines! C’est incroyable. On vend des piscines sans échelles…», est-il obligé.