COVID-19: 4000 PME du N.-B. menacées de fermeture

La pandémie de COVID-19 pourrait mener à la fermeture de plus de 4000 PME au Nouveau-Brunswick selon une étude menée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Selon l’organisme, dans les scénarios les plus pessimistes, c’est une PME sur cinq à travers la province qui risque de fermer définitivement ses portes à cause de la COVID-19.

Le portrait le plus optimiste de la FCEI laisse croire que 1342 PME subiront le même sort, soit 6% de l’ensemble des PME du N.-B.

Pour évaluer la proportion de PME qui sont susceptibles de ne pas s’en sortir, la FCEI s’est appuyée sur les résultats d’un sondage mené auprès de ses membres du 26 juin au 2 juillet.

«Les entrepreneurs nous disent qu’ils sont en train de considérer fermer leurs portes, de déclarer faillite», affirme le directeur des affaires provinciales au Nouveau-Brunswick de la FCEI,  Louis-Philippe Gauthier.

«Nous avons reçu 28 000 appels depuis le début de la pandémie… C’est une période occupée durant laquelle nous veillons à appuyer nos membres.»

À l’échelle du pays, la FCEI estime qu’entre 55 000 et 218 000 PME risquent de mettre la clé sous la porte en raison de la COVID-19. Ces chiffres ne tiennent même pas compte des entreprises qui ont déjà cessé leurs activités.

Sans trop de surprise, les secteurs les plus vulnérables sont ceux des arts et des loisirs ainsi que de l’hébergement et de la restauration.

Plus du tiers des entreprises de ces secteurs au pays pourraient disparaître du paysage selon l’étude de la FCEI.

L’association qui se consacre à la défense des intérêts des PME à travers le pays reconnaît l’importance de l’aide aux entreprises apportée par les différents paliers de gouvernement, tout en affirmant qu’il y a lieu d’en faire un peu plus.

«Il y a des programmes comme l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial, mais ça ne fonctionne pas trop. On demande aux ministres des Finances provinciaux de travailler avec le gouvernement fédéral afin de reformuler le programme et de le rendre plus accessible aux entreprises», a affirmé Louis-Philippe Gauthier.

«Il y a des programmes en place au niveau fédéral, mais un manque de mesures du côté du gouvernement provincial pour venir en aide aux secteurs les plus durement touchés», ajoute M. Gauthier.

Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) dit pour sa part vouloir rallier des partenaires issus des municipalités, des chambres de commerce, du secteur du développement économique et des premières nations afin de former une coalition qui aidera à une relance de l’économie.

«Les chiffres du nombre de fermetures de PME suggérées par la FCEI dans leur étude ne m’étonnent pas tellement, même si je souhaite que ceux-ci ne soient pas exacts. C’est encore un peu tôt pour prédire ce qui va arriver…», a indiqué Gaëtan Thomas, le nouveau PDG du CÉNB.

«C’est un défi de trouver des solutions visant à stimuler l’économie et à éviter un nombre si élevé de faillite au cours des 12 ou des 18 prochains mois», a souligné l’ancien dirigeant d’Énergie NB.

L’organisme qui représente la communauté d’affaires francophone au Nouveau-Brunswick dit souhaiter la mise en place de mesures visant à appuyer les entreprises.

«Plusieurs d’entre elles, en particulier les plus petites entreprises, n’ont pas la capacité d’absorber des pertes financières pendant une longue durée», estime Gaëtan Thomas.

«Les faits sont là. Il faut simplement les mettre sur la table et prioriser les objectifs afin d’avoir une voix plus forte à Fredericton.»