Le Nouveau-Brunswick élargit sa bulle avec les communautés frontalières du Québec

Le Nouveau-Brunswick relâche partiellement les contrôles à sa frontière avec le Québec pour les résidents d’Avignon et du Témiscouata.

À compter de samedi, ceux qui habitent dans ces municipalités régionales de comté (MRC) pourront entrer au Nouveau-Brunswick sans avoir à s’isoler à condition de rentrer chez eux le même jour.

Les Néo-Brunswickois n’auront pas non plus à s’isoler à leur retour du Québec s’ils y passent moins d’une journée.

Le premier ministre Blaine Higgs a annoncé la nouvelle lors d’un point de presse à Fredericton, jeudi.

Le relâchement des contrôles s’applique aussi à la Première Nation de Listuguj qui se trouve dans la MRC d’Avignon.

Les régions limitrophes du Madawaska et du Témiscouata et celles du Restigouche et d’Avignon sont séparées depuis que le Nouveau-Brunswick a fermé ses frontières aux voyages non essentiels en mars afin de réduire les risques de propagation de la COVID-19.

Les résidents de ces régions réclament l’ouverture de la frontière depuis des semaines afin de rétablir leurs nombreux liens économiques et sociaux.

Les résidents d’Avignon et du Témiscouata devront absolument s’inscrire en ligne avant de pouvoir entrer au Nouveau-Brunswick pour moins d’une journée.

Ils devront prouver qu’ils habitent dans l’une de deux MRC et promettre qu’ils ne présentent pas de symptôme de la COVID-19 et qu’ils n’ont pas séjourné ailleurs que dans leur région ou en Atlantique depuis deux semaines.

Les Néo-Brunswickois peuvent déjà entrer au Québec sans autre restriction, mais ils devront également s’inscrire pour ne pas avoir à s’isoler pendant deux semaines après une visite de moins d’une journée dans la Belle Province.

Gracieuseté GNB

Contrairement à ce qu’il avait laissé entendre M. Higgs la semaine dernière, la province ne limitera pas les mouvements des visiteurs uniquement aux régions frontalières. «Puisque c’est seulement une permission d’une journée, nous ne pensons pas que les gens vont voyager très loin, mais nous n’allons pas contrôler les frontières entre les régions (du Nouveau-Brunswick)», a-t-il dit.

L’ouverture partielle avec le Québec a été bien accueillie par les intervenants des deux côtés de la frontière avec qui le journal s’est entretenu même s’ils auraient souhaité davantage de souplesse de la part de Fredericton.

«Économiquement parlant, c’est toujours une bonne nouvelle quand on donne accès à la province du Nouveau-Brunswick. C’est toujours positif si ça peut venir en aide au secteur du tourisme et de la restauration», a commenté la directrice générale de la Chambre de commerce de la région d’Edmundston, Cathy Pelletier.

À son avis, les touristes en provenance du Témiscouata risquent de rester dans le Madawaska puisqu’il leur sera difficile de s’aventurer plus loin dans la province durant un séjour d’une seule journée sans nuitée.

Le maire du Village d’Atholville, Michel Soucy, se réjouit aussi pour les commerces de sa municipalité. Il aurait cependant souhaité une ouverture avec beaucoup moins de restrictions.

«Ça ne répond pas aux besoins de tout le monde dans les deux régions», notent-ils en parlant notamment des propriétaires de chalets et des amateurs de camping qui ne pourront passer la nuit de l’autre côté de la frontière sans avoir à s’isoler pour 14 jours.

«On pensait pouvoir passer une fin de semaine en famille, mais là on ne peut pas le faire. S’il y a une fête de famille, assure-toi d’être capable de revenir la même journée», déplore M. Soucy.

«Ça devient compliqué pour ces gens-là. Je trouve ça triste pour une partie de la population.»

Le maire de la municipalité de Pointe-à-la-Croix, au Québec, Pascal Bujold, est également satisfait de l’annonce d’un point de vue économique.

Il aimerait toutefois que le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick accorde aussi davantage de liberté de mouvement à ses employés qui habitent au Québec.

«On leur demande de s’isoler à la maison et de ne pas aller à nulle part. Je trouve ça un peu triste.»

Blaine Higgs a indiqué que la province continue à surveiller la situation ailleurs au pays en vue de rouvrir ses frontières à l’ensemble du Canada. Le moment n’est toutefois pas encore venu, selon lui.

«Nous allons passer à travers les deux prochaines semaines. Nous allons examiner la situation dans les autres provinces.

Est-ce que le nombre de cas augmente ou diminue? Nous allons regarder ça puis nous prendrons une décision.»