Le CCNB forcé de suspendre plusieurs programmes

La situation sanitaire touche durement le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, qui anticipe une baisse marquée des inscriptions et choisit de couper dans certains domaines de formation.

Confronté à beaucoup d’incertitude et à une baisse de fréquentation, le CCNB suspend neuf de ces programmes pour la rentrée 2020.

«C’est une situation hors de la normale qui est très étroitement liée à la pandémie, souligne le président-directeur général, Pierre Zundel, en entrevue avec l’Acadie Nouvelle. Chaque année, on suspend habituellement entre trois et cinq programmes lorsqu’il n’y a pas suffisamment d’inscriptions.»

Le CCNB, qui comptait 1924 étudiants (équivalents temps-plein) lors de la dernière session d’automne, s’attend à perdre entre 300 et 400 étudiants à la rentrée.

«C’est un chiffre en constante évolution car les gens sont nerveux, affirme M. Zundel. Nous avons appelé tous les étudiants pour évaluer leurs intentions. Un groupe d’étudiants nous disent ‘’Si c’est en ligne, je ne suis intéressé’’, d’autres nous disent ‘’Si ce n’est pas en ligne, je ne suis pas intéressé’’. Certains ont énormément peur de la pandémie, d’autres ne veulent pas poursuivre des études hybrides (en ligne et en présentiel). Qui va se présenter cet automne? On ne pourra le confirmer qu’à la fin septembre.»

La chute des inscriptions s’explique surtout par la situation des étudiants internationaux, bon nombre d’entre eux n’ayant pas pu obtenir rapidement un permis d’étude du gouvernement canadien.

À la rentrée 2019, l’institution d’éducation post-secondaire offrait ses cours à 430 nouveaux étudiants internationaux, dix fois plus qu’en 2010 (42). Cette année, l’administration s’attend à en accueillir environ 140.

«Les ambassades ont été fermées pendant trois mois. Pendant cette période il n’y avait plus d’évaluation des dossiers et on a pris un énorme retard, déplore M. Zundel. Beaucoup d’étudiants qui auraient voulu venir ont vu leur dossier figé et pris dans l’embouteillage, et pendant longtemps la question de l’ouverture des frontières n’était pas claire.»

L’impact sur les finances du CCNB s’annonce conséquent. Le Collège évalue pour le moment les pertes de revenus à 3 millions $, sur un budget 70 millions $.

«La pandémie représente également des coûts additionnels qu’on ne connaît pas encore. Nous avons demandé au gouvernement provincial de maintenir son financement et de ne pas ajouter à ce fardeau», mentionne M. Zundel.

Malgré tout, le CCNB ne procédera à aucune mise à pied. Tous les professeurs continueront à travailler, ils seront affectés à d’autres programmes ou à des unités de recherche appliquée au sein du CCNB-INNOV.

«On préserve ainsi notre capacité à offrir les programmes suspendus lorsque la demande se manifestera de nouveau», indique le PDG du Collège.

Une première vague d’étudiants du CCNB originaires de l’extérieur de la bulle de l’Atlantique est arrivée au Nouveau-Brunswick au cours de la fin de semaine pour effectuer une quarantaine de 14 jours.

«Actuellement, nous menons un effort logistique pour appuyer ces personnes, explique Pierre Zundel. L’autre chantier consiste à continuer la formation du personnel enseignant pour offrir la formation à distance.»

Au printemps, la population collégiale devait se soumettre à des contrôles à son entrée sur le campus et le port du masque était obligatoire. Selon M. Zundel, les consignes sanitaires qui seront imposées en septembre seront précisées au cours des prochaines semaines.

«Si on peut rendre alléger ce fardeau, on le fera. Mais notre priorité reste d’assurer la sécurité de tous. Un des objectifs sera de minimiser l’achalandage dans les campus. Il y aura par exemple différentes heures pour les pauses et les dîners afin d’éviter une concentration de personnes dans les espaces publics.»

Voici les neuf programmes touchés par une suspension: Administration des affaires – assurances de dommages (Dieppe), Administration des affaires – gestion communautaire et culturelle (Péninsule acadienne), Électricité (Edmundston), Internet des objets (Bathurst), Mécanique de camions et de remorques (Bathurst), Techniques de comptabilité (Campbellton), Technologie du génie du soudage (Bathurst), Usinage à commande numérique (Bathurst), Vérification de logiciels (Dieppe).

Dans le cas des programmes offerts sur deux ans, la deuxième année est maintenue. À noter qu’une cohorte sera ajoutée à Dieppe pour le programme Électricité.

De son côté, le New Brunswick Community College avait annoncé dès juin la suspension de 15 programmes à partir de septembre.