Un expert partage ses conseils pour survivre en forêt

Une jeune femme de la Péninsule acadienne est récemment parvenue à survivre pendant environ deux semaines dans le bois. Et si vous vous trouviez à sa place, qu’auriez-vous fait? René Vienneau, un expert de survie en forêt, partage des conseils de base avec l’Acadie Nouvelle.

René Vienneau est l’un des fondateurs du groupe 4 Directions, qui organise des excursions et des formations de base de survie dans la nature pour des adolescents de la région Chaleur.

«De nos jours, les jeunes ont à peu près tout sur le bout des doigts, donc on essaie de leur montrer l’importance d’avoir de la patience. On leur donne des petits coups de main. Tout le monde sort de là avec des petites victoires.»

Selon lui, si on se perd dans le bois, l’une des premières choses à faire est d’établir son plan de survie et le plan de survie commence avec les premiers soins.

«Les premiers soins ne veulent pas dire que tu t’es cassé la jambe. Ça peut vouloir dire de s’assurer de rester hydraté, gérer le mental et trouver une façon de minimiser les piqûres de moustiques.»

René Vienneau note aussi l’importance de se trouver un endroit précis où l’on peut établir un abri pour y rester pendant au moins trois jours.

«Si tu te rends compte que t’es perdu, il faut rester sur place. C’est probablement le moins loin que tu seras de ton véhicule. Lorsque ta disparition sera signalée, les chercheurs vont trouver ta voiture et établir un périmètre dans les environs. Ça ne se fera pas tout de suite, donc prépare-toi à rester au même endroit pendant trois jours. Si en trois jours, tu n’as vu personne ou tu ne vois pas d’hélicoptère, ça veut dire qu’ils ne cherchent pas au bon endroit. À ce moment, tu vas peut-être vouloir te déplacer vers un monument visible si t’es capable, comme le haut d’une montagne, le bord d’une rivière ou d’un lac.»

Dans son sac à dos, l’homme conseille d’avoir trois façons différentes de faire un feu, comme un briquet, des allumettes ou un briquet à silex (flint and steel).

«On devrait toujours être préparé. Il faudrait toujours avoir sur sa personne un sac avec une dizaine d’items comme des allumettes, un briquet, de la nourriture, du fil de pêche, un hameçon, un contenant pour bouillir de l’eau, une lampe à poche, une boussole et ainsi de suite.»

S’il y a un champ tout près, la personne peut aussi, à l’aide de branches, écrire des signaux internationaux qui seront vus du ciel. Par exemple, un X veut dire que l’aide médicale est requise, alors que les lettres LL veulent dire qu’on a besoin de secours, mais que l’aide médicale n’est pas nécessaire immédiatement.

Pendant tout ce temps, René Vienneau rappelle l’importance de gérer la santé mentale.

«Le mental est très important, car la première nuit seule, il peut s’en passer des sentiments, comme la dépression, l’anxiété et la peur. Si t’es capable de passer à travers de ça en continuant à travailler sur ton abri et ton feu, tu vas garder ton cerveau occupé plutôt que de broyer du négatif.»

Quant à la nourriture, les forêts du Nouveau-Brunswick contiennent quand même plusieurs types de fruits sauvages comestibles comme les bleuets, les framboises et les fraises.

«Évite tout ce qui est noir ou blanc. Dans le fond, mange ce que tu connais. En sachant que le corps est capable de durer trois semaines sans manger, il ne faut pas se mettre inutilement dans le pétrin et se rendre malade. La nourriture est souvent concentrée autour de l’eau, donc trouve-toi de l’eau. Je suggère de manger la nourriture si tu en as, car c’est maintenant que t’as besoin de ton énergie. On ne peut pas savoir pendant combien de temps on sera perdu. En étant près de l’eau, on peut s’hydrater aussi et l’étant, on peut prendre des meilleures décisions.»