Blaine Higgs propose un accord à Kevin Vickers pour éviter des élections hâtives

Blaine Higgs propose à Kevin Vickers de signer un accord qui permettrait d’éviter la tenue d’élections provinciales avant 2022 ou la fin de la pandémie.

Le premier ministre a fait cette proposition, lundi, dans une lettre au chef du Parti libéral.

Dans la missive de trois pages – dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie – il explique que l’idée de déclencher des élections hâtives «a pesé lourdement» sur sa conscience au cours des six dernières semaines.

Il dit vouloir assurer la sécurité des Néo-Brunswickois et aussi la stabilité de son gouvernement. Minoritaire à l’Assemblée législative, il a présentement le même nombre de députés que les libéraux.

Même s’il pense qu’un scrutin provincial pourrait être organisé de façon sécuritaire, il estime qu’«une élection cette année n’est pas idéale et devrait être évitée si possible».

Mais d’un autre côté, il croit que des élections surprises au cours des deux prochaines années seraient bien pires, vu que l’on ignore ce que la pandémie nous réserve. «Je suis dans une position difficile», dit-il.

Blaine Higgs propose donc une troisième voie à Kevin Vickers; la signature d’un accord formel pour «ne pas déclencher d’élections avant la date fixe en 2022 ou au plus tôt trente jours après la fin déclarée de la pandémie de la COVID-19 au Canada selon la première de ses éventualités.»

Tous les membres de leurs caucus respectifs seraient invités à le signer. Les partis s’entendraient sur un «programme législatif mutuellement convenu comprenant des propositions de chaque parti participant.»

En vertu de l’accord, les libéraux accepteraient d’appuyer (ou au moins de s’abstenir) lors des votes que doit absolument remporter le gouvernement pour ne pas tomber.

Les élections partielles qui sont prévues dans au moins trois circonscriptions cet automne auraient lieu, mais leur résultat (ou tout autre changement dans la composition de l’Assemblée) ne changerait pas l’accord conclu entre les partis.

«Bref, j’offre que le gouvernement accepte de ne pas déclencher d’élections au moment de son choix, et que l’opposition officielle fasse de même. J’offre un engagement commun et concret de donner priorité à notre province plutôt qu’à la politique» résume Blaine Higgs dans sa lettre.

Il invite Kevin Vickers à assister à une réunion mercredi après-midi en compagnie de deux de ses représentants. Réunion qui pourra éventuellement mener à des négociations entre les représentants des formations politiques jeudi et vendredi.

Blaine Higgs affirme que les chefs des autres partis d’opposition – soit David Coon du Parti vert et Kris Austin de la People’s Alliance – sont eux aussi invités à ces rencontres.

Il conclut sa lettre en assurant à son principal rival qu’il s’«engage à écouter, à faire des compromis et à trouver une voie à suivre pour améliorer la résilience de notre province.»

Kevin Vickers fait preuve d’ouverture 

Le chef libéral, Kevin Vickers, n’a pas tardé à réagir à la proposition de Blaine Higgs. En mêlée de presse, lundi en fin d’après-midi par vidéoconférence, il s’est dit tout à fait ouvert à discuter d’un accord avec le premier ministre.

«Je pense que ce sont là d’excellentes nouvelles pour les Néo-Brunswickois. Ce n’était pas le temps, en plein milieu d’une pandémie, de tenir des élections générales. Les parents se préoccupent de l’ouverture de leur école et il faut se préparer pour la deuxième vague.»

Il a ajouté que la signature d’une entente permettant d’éviter un scrutin provincial automnal est «la bonne décision en ce moment».

«J’espère qu’au cours des prochains jours, le premier ministre et les chefs des autres partis pourront s’asseoir, collaborer ensemble et s’entendre sur un programme progressiste.»

Le mois dernier, le chef libéral avait affirmé publiquement et dans une lettre au premier ministre qu’il n’avait pas l’intention de provoquer des élections provinciales avant la fin de 2020.

Vers la création d’un cabinet hybride?

En point de presse, lundi en fin d’après-midi, l’Acadie Nouvelle a demandé à Blaine Higgs s’il est ouvert à offrir des postes de ministres au Parti libéral (ou aux autres partis) afin de stabiliser davantage son gouvernement.

«Je pense que c’est un nouveau jour. Il est intéressant d’évaluer toutes les options. Donc est-ce que je vais enlever cette idée de la table? Non. Je pense que ça fera partie des négociations cette semaine», a-t-il répondu.

Kevin Vickers s’est lui aussi dit ouvert à en discuter avec le premier ministre.

«On ne sait jamais. Il ne faut jamais dire jamais. Ce qui est important maintenant, c’est d’avoir des conversations constructives. Je serai ouvert à toutes les options qui nous seront présentées», a-t-il dit.

Une branche d’olivier dans une main, une épée dans l’autre 

Alors qu’il tend une main à Kevin Vickers, Blaine Higgs a une épée dans l’autre. Le message lancé lundi est limpide; s’il ne parvient pas à s’entendre avec les libéraux, il déclenchera peut-être des élections hâtives.

«Je préfèrerais qu’il n’y ait pas d’élections. Mais je ne vais pas éviter des élections à tout prix. […] Je veux que ce soit clair aujourd’hui; je n’exclus pas la possibilité de déclencher des élections. Je pense que si on décide de le faire, c’est le temps de le faire maintenant parce qu’on vit une accalmie (dans la pandémie)», a-t-il dit en mêlée de presse.

Pas plus tard que samedi dernier, peu après avoir été investi comme candidat dans la circonscription de Quispamsis, Blaine Higgs a d’ailleurs affirmé qu’il ne voulait pas «attendre la fin de la COVID» avant de déclencher des élections.

Trois autres membres de son caucus ont été officiellement investis candidats, samedi dernier.  Le Parti progressiste-conservateur prévoit organiser 15 autres congrès à l’investiture supplémentaires ce mois-ci.