Aéroport de Charlo: un bel achalandage malgré la pandémie

En dépit d’un léger ralentissement, principalement lié à la pandémie de COVID-19, l’aéroport de Charlo parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu et à garder la tête hors de l’eau.

Mardi est une journée généralement achalandée à l’aéroport de Charlo dans le Restigouche. Huit appareils en provenance de l’extérieur avaient prévu y atterrir. Certains l’ont d’ailleurs fait en matinée, à quelques minutes d’intervalle à peine, de quoi tenir la petite équipe de l’endroit bien occupée.

«Nous ne sommes pas un aéroport comme ceux de Montréal, de Toronto ou même de Moncton. On est loin d’avoir le même trafic qu’eux. Mais notre aéroport n’en est pas moins important pour notre région et pour le nord de la province», indique le président du conseil d’administration de la région aéroportuaire, David Montgomery.

Selon ce dernier, l’aéroport fonctionne très bien dans les circonstances. «Et je crois qu’on se doit de le dire afin de rassurer la communauté, car plusieurs pensent – à tort – qu’il ne se passe rien ici», dit-il.

C’est d’ailleurs pourquoi celui-ci avait convoqué la presse et les représentants municipaux, mardi, soit afin de faire le point sur la situation et faire en sorte que tous soient témoin de l’effervescence qui a cours sur place.

Car il faut dire que la pandémie de la COVID-19 a durement mis à l’épreuve toute l’industrie du transport aérien au pays, et cela se reflète bien entendu sur l’achalandage dans les aéroports.

Celui de Charlo ne fait pas exception à la règle. Néanmoins, le petit aéroport restigouchois s’en tire tout de même bien dans les circonstances. Depuis le mois d’avril, on y recense 1534 mouvements d’appareils. La majorité de ces mouvements sont dûs aux appareils responsables de l’épandage contre la prolifération de la tordeuse du bourgeon de l’épinette. Mais plusieurs vols nolisés transportant des travailleurs dans le nord du Québec ou de Terre-Neuve se sont posés – et continuent de le faire – sur la piste de l’aéroport de Charlo.

Pascan Aviation, Chrono Aviation, Air Inuit, Air Creebec… Ce sont des noms de compagnies qui s’arrêtent régulièrement dans la région. Mais surtout, il y a le transporteur terre-neuvien PAL Airlines qui effectue un retour après quelques mois de pause. Ce grand retour, c’était en fait la bonne nouvelle que la direction s’était gardée en poche.

«PAL Airlines avait suspendu ses vols en début d’année, mais ils ont rouvert leur bureau ici, le 23 juillet dernier, et depuis on a droit à deux vols hebdomadaires vers Wabush. Les différents chantiers dans le nord ont repris de la vigueur et ça profite à notre aéroport ainsi qu’aux travailleurs du coin. Il y a beaucoup de mouvement vers ces destinations en ce moment», explique M. Montgomery.

Est-ce que le départ du transporteur Air Canada de l’aéroport voisin (Bathurst) profite à celui de Charlo?

Difficile à dire selon M. Montgomery puisque la nouvelle est somme toute encore récente et que les destinations ne sont pas les mêmes.

«Mais on voit une augmentation dans nos chiffres. Est-ce que c’est lié? Je ne pourrais le confirmer. Ce qui m’importe, ce n’est pas tant ce que font les autres aéroports que ce que je peux faire pour m’assurer que le mien ait des clients et génère suffisamment de revenus pour être autosuffisant», indique-t-il. n
À ce propos, ce dernier croit que de nouvelles liaisons pourraient éventuellement bonifier l’offre de l’aéroport.

C’est également ce qu’espère le président de la CSR-Restigouche, Brad Mann.

«La clé, c’est d’avoir une diversité de partenaires et de destinations, et de ne pas se fier qu’à un seul transporteur et s’en mordre les doigts s’il vient qu’à partir. Je crois qu’on fait bien les choses en ce moment à Charlo. Nos partenaires adorent l’endroit, voient les bénéfices. Notre objectif est de garder cet aéroport ouvert afin de desservir la population du Restigouche, de l’ensemble du Nord et même de la Gaspésie», lance M. Mann.