Avenir du gouvernement: Coon ne signera pas de«chèque en blanc»

Le Parti vert n’a pas l’intention de signer un «chèque en blanc» au gouvernement de Blaine Higgs pour les deux prochaines années.

Le chef du parti écologiste, David Coon, se dit «sceptique» par rapport à l’offre du premier ministre pour assurer la stabilité de son gouvernement jusqu’à l’automne 2022 à moins que la pandémie de COVID-19 se termine avant.

Les verts sont prêts à collaborer plus étroitement avec le gouvernement, assure M. Coon, mais ils n’ont pas l’intention d’abdiquer leurs responsabilités à titre de députés de l’opposition.

«Nous pourrions travailler ensemble dans un processus de consultation sur le prochain discours du Trône afin de gagner la confiance de la Chambre, mais nous n’allons pas suspendre la démocratie», indique David Coon.

«Je ne vais pas signer un chèque en blanc pour les budgets futurs sans aucun détail.»

Le chef du Parti vert a tout de même l’intention de participer à la rencontre de mercredi avec le premier ministre et les autres leaders afin de discuter de l’offre de Blaine Higgs.

M. Higgs propose de s’engager à ne pas déclencher d’élections hâtives en échange de solides garanties de la part de l’opposition quant à la survie de son gouvernement minoritaire.

Il souhaite notamment que les autres partis s’engagent à ne pas voter contre le gouvernement lors des votes de confiance comme ceux sur les dépenses publiques.

Blaine Higgs suggère du même coup de planifier un agenda législatif commun comprenant des priorités de chaque parti.

M. Higgs n’a pas fermé la porte à l’idée de nommer des députés de l’opposition au sein de son cabinet si les formations politiques arrivent à s’entendre.

Aucun des trois députés verts ne compte toutefois devenir ministre dans un gouvernement progressiste-conservateur.

«Il n’y a pas de raison d’avoir un gouvernement de coalition comme pendant la Première Guerre mondiale. Ce n’est pas la même chose», avance David Coon.

Le chef du Parti vert ne comprend pas non plus pourquoi le premier ministre tient autant à déclencher des élections s’il n’obtient pas gain de cause.

«Nous avons un gouvernement minoritaire qui fonctionne. La collaboration continue à l’Assemblée législative. Je propose que l’on augmente cette collaboration avec une discussion sur les détails du prochain discours du Trône.»

L’Alliance veut faire avancer ses priorités

Depuis son ascension au pouvoir en 2018, le gouvernement Higgs compte sur l’appui des trois députés de l’Alliance des gens afin de demeurer en poste.

Le soutien de l’Alliance ne suffit toutefois plus pour assurer une majorité au gouvernement à l’Assemblée législative depuis le départ du député Robert Gauvin du caucus progressiste-conservateur.

Même si son parti continue d’appuyer le gouvernement, le chef de l’Alliance, Kris Austin, entend poser ses conditions à une entente formelle comme celle que propose Blaine Higgs.

M. Austin exige notamment du progrès dans les domaines de la responsabilité financière, de la réforme fiscale et de «l’équité linguistique».

Le chef de l’Alliance des gens, Kris Austin. – Archives

Sous le couvert de «l’équité linguistique», l’Alliance réclame une baisse des critères d’embauche dans la fonction publique pour que davantage d’anglophones unilingues puissent y travailler sans égard à la qualité des services offerts à la communauté francophone.

M. Austin assure aussi qu’il s’opposerait à une entente avec les autres partis si ceux-ci demandaient «plus de pouvoir pour la commissaire aux langues officielles ou autre chose qui nous empêcherait de rétablir l’équilibre dans l’équation linguistique.»

L’Alliance milite notamment pour l’abolition du commissariat aux langues officielles et la fusion des réseaux francophone et anglophone de la santé en une seule entité bilingue.

«Je dois être sûr que nous ferons avancer les dossiers pour lesquels nous avons travaillé si dur, comme le dossier sur l’équité linguistique. Nous voulons une approche raisonnable, en particulier sur la façon dont les embauches se font dans cette province.»

Sur le plan budgétaire, Kris Austin veut avoir la garantie que son parti aura son mot à dire dans la préparation de la politique financière du gouvernement avant de s’engager à l’appuyer.

«On ne peut pas sérieusement nous demander de donner notre assentiment à un budget que nous n’avons pas vu et dont nous n’avons même pas discuter», dit-il.

Kevin Vickers négocie «de bonne foi»

Le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, s’était montré plutôt ouvert à la proposition de Blaine Higgs, lundi. Il a cependant tempéré ses propos, mardi, en rappelant que la rencontre de mercredi entre les chefs n’est qu’une «réunion préliminaire» lors de laquelle il espère obtenir des «éclaircissements» sur plusieurs points.

«J’ai eu l’occasion de discuter de cette question avec le caucus libéral et, comme je l’ai indiqué (lundi), je suis prêt à assister à la réunion des chefs de partis. J’ai indiqué que nous garderons l’esprit ouvert et que nous participerons à ces discussions préliminaires en toute bonne foi», a indiqué M. Vickers dans une déclaration envoyée aux médias.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs. – Archives

Higgs exige l’accord des trois partis

Blaine Higgs a précisé quant à lui mardi que son offre tient seulement si les trois partis d’oppositions y consentent bien que l’appui de deux partis suffirait à lui garantir une majorité des voix à l’Assemblée.

«J’ai besoin d’un accord de tous les partis. Nous avons besoin d’un accord commun pour que ça réussisse», a-t-il dit en marge d’un point de presse sur la pandémie de COVID-19.

Le premier ministre a également réitéré son intention de déclencher bientôt des élections générales si les partis n’arrivent pas à s’entendre.

«Je dois insister sur le fait que je n’écarte pas la possibilité d’élections prochainement. J’offre une chance de l’éviter parce que je pense que les habitants de cette province s’attendent à ce que nous trouvions un moyen de travailler ensemble.»