Maintien de Blaine Higgs au pouvoir: pas d’entente, mais les négos se poursuivent

Les chefs des partis se sont entendus pour continuer leurs négociations sur l’avenir du gouvernement après une première rencontre somme toute positive malgré l’absence de décision concrète.

Blaine Higgs, Kevin Vickers, David Coon et Kris Austin ont tous fait preuve d’un optimisme très prudent à leur sortir de la réunion qui a duré environ trois heures derrière des portes closes, mercredi.

Ils étaient rassemblés à la demande du premier ministre Higgs qui souhaite obtenir de solides garanties de la part des partis d’opposition pour assurer la stabilité à long terme de son gouvernement minoritaire.

M. Higgs demande notamment aux partis d’opposition de promettre de ne pas voter contre son gouvernement sur les questions de confiance comme les dépenses publiques.

Il s’engage en échange à ne pas déclencher d’élections hâtives en plus d’incorporer certaines de leurs priorités à son agenda.

Le premier ministre est d’avis que cette stabilité au gouvernement est absolument nécessaire pour affronter une deuxième vague éventuelle de la COVID-19 et piloter la reprise économique.

Selon les chefs qui se sont adressés aux médias un à un en début de soirée, tous semblent vouloir négocier une entente de bonne foi.

«Les discussions ont été bonnes. Elles ont été franches et ouvertes, comme elles doivent l’être dans une situation si unique et si novatrice», a confié Blaine Higgs.

«L’atmosphère était vraiment propice à de bonnes discussions et je pense que c’était vraiment positif dans l’ensemble», a dit le chef du Parti libéral, Kevin Vickers.

Selon le leader des verts, David Coon, tous veulent éviter des élections durant la pandémie.

Les négociations doivent reprendre dès 9h, jeudi, et elles pourraient se terminer très tard en soirée, selon le premier ministre.

Les leaders ont refusé de partager le contenu de leurs discussions avec les médias, indiquant seulement qu’ils ne se sont pas encore attaqués à des enjeux concrets.

M. Vickers a admis qu’il n’a pas reçu de réponses à ces nombreuses questions concernant l’offre de M. Higgs.

Il s’interroge notamment sur le partage des initiatives législatives et sur le processus de règlement des différends entre les partis si une entente est conclue.

L’échéancier des négociations et la durée de l’entente demeurent nébuleux. Lors de la présentation de son offre, lundi, le premier ministre avait indiqué vouloir conclure une entente au plus tard vendredi pour garantir la survie de son gouvernement jusqu’en 2022 ou jusqu’à la fin de la pandémie.

Les chefs des partis d’opposition doutent sérieusement de la possibilité d’en arriver à une entente aussi rapidement.

Kevin Vickers et David Coon rejettent aussi l’idée de garantir la survie du gouvernement pour aussi longtemps.

M. Vickers a proposé mercredi d’envisager une entente jusqu’au 31 mars 2021. Le Parti libéral s’est déjà engagé à ne pas faire tomber le gouvernement avant la fin de l’année en cours.

M. Coon préférerait que le gouvernement s’engage à consulter sérieusement les partis d’opposition sur toutes les questions de confiance afin de maximiser ses chances d’obtenir leur appui.

Blaine Higgs a indiqué après la rencontre qu’il entend décider après vendredi si les négociations progressent suffisamment «rapidement» ou si la seule solution est de déclencher des élections deux ans avant la date prévue.

«Pourquoi rapidement? Parce que je dois prendre une décision. Ce qui se passe cette semaine va être un élément majeur de cette décision.»

Le Parti progressiste-conservateur et le Parti libéral possèdent chacun 20 députés à l’Assemblée législative. Le Parti vert et l’Alliance des gens en comptent chacun 3. Un député siège à titre d’indépendant et deux circonscriptions sont vacantes.