Moins d’heures de travail sont maintenant nécessaires pour obtenir du chômage

Le gouvernement fédéral révise encore une fois ses critères d’admissibilité à l’assurance-emploi. Depuis cette semaine, le taux de chômage minimum a été fixé à 13,1% à l’échelle du pays, ce qui signifie que moins d’heures sont requises pour toucher à au moins 26 semaines de prestations.

La mesure est temporaire indique Carla Qualtrough, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et de l’Inclusion des personnes handicapées, dans un communiqué de presse.

Les personnes vivant dans les régions de l’assurance-emploi où le taux de chômage réel est inférieur à 13,1% verront leurs prestations calculées selon ce taux, tandis que celles vivant dans les régions où le taux de chômage est plus élevé verront leurs prestations calculées selon le taux réel de cette région. Le calcul sera basé sur les 14 meilleures semaines de rémunération.

«Cette mesure temporaire établira les critères d’admissibilité à l’assurance-emploi à travers tout le pays afin que les Canadiens aient accès au soutien du revenu dont ils ont besoin maintenant, ou dont ils pourraient avoir besoin plus tard, alors que nous continuons à faire face aux répercussions économiques liées à la COVID-19.»

Dans la zone d’assurance-emploi Restigouche-Albert, qui couvre la majeure partie du Nouveau-Brunswick –  à l’exception des trois centres urbains majeurs (Moncton, Fredericton et Saint-Jean) et le nord-ouest – le taux de chômage est actuellement de 15,4%, contre un taux de 12,5% à pareille date en 2019.

Par contre, dans les régions Fredericton-Moncton-Saint-Jean et de Madawaska-Charlotte, le taux a été fixé à 13,1%. À la même période l’an dernier, le taux était de 6,1% dans les grandes villes et de 8,3% dans Madawaska-Charlotte.

Aux yeux de Fernand Thibodeau, porte-parole du groupe Aide et soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers (ASTS), basé dans la Péninsule acadienne, le gouvernement Trudeau a réalisé de bonnes avancées au cours des derniers mois en ce qui concerne les besoins des travailleurs, mais les besoins demeurent nombreux.

«Comme vous le savez, la COVID-19 a permis de confirmer ce qu’on dit depuis des années par rapport aux faiblesses du programme de l’assurance-emploi. Le gouvernement a même été dans l’obligation d’inventer un nouveau programme, la PCU. La PCU, c’est très bien, mais c’est comme je dis, si l’assurance-emploi avait bien été développée, nous n’aurions pas vraiment eu besoin de la la PCU.»

Depuis des années, le Conseil national des chômeurs et chômeuses (dont fait partie ASTS), réclame l’instauration d’un critère unique d’admissibilité, particulièrement dans les régions où le nombre de travailleurs saisonniers est élevé. Il s’agirait d’accumuler 12 semaines de travail et 420 heures pour toucher à des prestations pendant 35 semaines.

Pour les travailleurs «ordinaires», il s’agirait de travailler un minimum de 525 heures lors d’une période de référence pour obtenir un maximum de 35 semaines de prestations.

«Un taux de 13,1% pour tout le Canada, c’est bien, mais on veut un programme permanent et on veut que les prestations soient l’équivalent de 70% du salaire au lieu de 55%. Beaucoup de gens disent que la PCU ne va pas encourager le monde de retourner au travail. Je ne pense pas que c’est le cas. Personnellement, je reçois beaucoup d’appels de gens qui veulent y retourner et qui ont hâte d’y retourner.»