Un 15 août pas comme les autres en raison de la COVID-19

La Fête nationale des Acadiens sera hors du commun cette année, pandémie oblige. À Caraquet et à Moncton, où ont habituellement lieu deux des plus grands rassemblements, les célébrations se feront en bonne partie sur le web et en petits groupes.

Le 15 août en Acadie, c’est quelque chose. Dans les villes et les villages, les gens lâchent leur fou et crient leur fierté. Dans la rue. Sur scène. Dans les cours arrière.

C’est le temps de sortir ses casseroles pour faire du bruit. D’écouter du 1755 trop fort. De crier et chanter pour que tout le monde sache que l’on est encore là.

Mais cette année, la pandémie est arrivée comme un chien dans un jeu de quilles. Les organisateurs des grands rassemblements ont dû se creuser les méninges pour trouver le moyen d’organiser des célébrations qui respectent les règles de la Santé publique.

C’est le cas du Festival acadien de Caraquet, qui a dû organiser des célébrations pas mal plus modestes qu’à l’habitude.

«Cette année, il n’y aura pas de tintamarre (sur le boulevard Saint-Pierre Ouest), parce qu’on ne peut pas barricader toute la rue et prendre les noms des 10 000 personnes qui sont là», explique son codirecteur artistique, Pascal Lejeune.

Lui et ses collègues vont essayer autre chose cette année; un tintamarre à domicile.

«On encourage les gens à sortir dans leur cour pour faire du bruit le plus possible. Les gens ont quand même le droit de se rassembler avec leur bulle à eux dans leur cour.»

Un drone va survoler Caraquet pour tourner des images, question de documenter cette fête tout à fait hors du commun.

«On va essayer de capter ce moment unique, en espérant que ce sera la seule fois où on a à le faire. Ça va être intéressant. Souvent, c’est dans des moments comme ça où on se réinvente. J’ai hâte de voir ce que les gens vont faire d’original avec toutes les consignes qu’il y a à suivre.»

Des spectacles d’une heure seront tout de même présentés à 15h et à 19h simultanément à la place du Vieux Couvent et sur la scène extérieure du Carrefour de la mer. Mais attention; il n’y aura de la place que pour 50 et 100 personnes, respectivement.

«On ne veut pas attirer de grosses foules, on n’offre pas de service de bar et c’est dans un environnement contrôlé», dit-il.

Distanciation physique, stations de lavage des mains, enregistrement du nom et du numéro de téléphone des spectateurs; plusieurs mesures seront au programme pour réduire les risques de propagation de la COVID-19.

Des célébrations télévisées à Moncton 

À Moncton, c’est au parc Riverain que ça se passe chaque année. Mais comme tant d’autres partout au Nouveau-Brunswick, les organisateurs du Festival Acadie Rock ont dû faire une croix sur leur programmation habituelle.

Il n’y aura donc pas de tintamarre dans les rues du centre-ville ou de grand concert près de la Petitcodiac.

Les célébrations auront lieu à la télévision de Radio-Canada et sur le web, avec l’émission Acadie Road, diffusée de 21h à 22h30. Ce roadtrip musical et poétique mettra en vedette une tonne d’artistes acadiens.

Le spectacle, qui a été tourné le mois dernier, mettre plusieurs régions à l’honneur, explique le directeur du Festival Acadie Rock, Éric Cormier.

«Pour moi, il y avait un mot-clé au départ: ouverture. C’est pour ça qu’on a développé ce roadtrip-là, qu’on s’est promenés un peu partout. Ça ne se passe pas juste à Moncton, on a tendu la main à d’autres régions, à d’autres provinces.»

Il affirme que son équipe a fait de son mieux pour recréer l’énergie électrique des traditionnelles célébrations du 15 août. Un défi de taille qu’elle a tenté de relever du mieux qu’elle le pouvait.

«C’est certain que c’est quelque chose qui est difficile à recréer de façon virtuelle. Par contre, Kevin McIntyre – le réalisateur du spectacle – a donné une consigne à tous les artistes qu’il filmait. Il leur a dit “n’oubliez pas qu’on est le 15 août, on est en train de célébrer!”»