«Je suis libre, libéré. Je suis libéral» – Robert Gauvin

Élu sous la bannière des progressistes-conservateurs par les électeurs de Shippagan-Lamèque-Miscou, devenu indépendant après avoir claqué la porte de son parti, Robert Gauvin est désormais officiellement candidat libéral dans Baie-de-Shediac-Dieppe.

«Aujourd’hui je suis libre, libéré. Je suis libéral», a clamé le politicien sous les applaudissements des membres de son nouveau parti, rassemblés dans le Club d’âge d’or de Scoudouc mardi matin.

Le siège de la circonscription, fief deBrian Gallant, est resté vide depuis la démission de l’ancien premier ministre en septembre 2019.

M. Gauvin, un résidant de Moncton marié et père de deux enfants, a rappelé que sa décision dire au revoir à la circonscription de Shippagan-Lamèque-Miscou pour faire campagne dans le Sud-Est est avant tout motivée par des raisons familiales.

«Mon père est sorti de la politique, il n’avait plus de famille unie. Moi, je ne veux pas que ça m’arrive», a-t-il déclaré, la voix brisée par l’émotion.

«Si on veut se débarrasser de M. Higgs il faut s’unir derrière un parti, le parti libéral», a ensuite martelé l’ex-vice-premier ministre du gouvernement progressiste-conservateur.

«Je serai le député plus accessible et le plus disponible de l’histoire de la circonscription!»

Au cours de la conférence, M. Gauvin est revenu longuement sur son choix de quitter le parti pour siéger à titre d’indépendant en février, à la suite de la réforme controversée de la santé proposée par le ministre Hugh Flemming, dans laquelle notamment les urgences de six hôpitaux en région rurale auraient fermé leurs portes la nuit.

Il dit avoir fait le constat qu’il lui était impossible de changer le Parti progressiste-conservateur «de l’intérieur».

«Je n’ai pas joint un parti pour abandonner mes principes, a-t-il lancé. Le parti de Blaine Higgs n’est pas celui de Richard Hatfield qui avait une ouverture sur la culture, la langue française. Quand on m’a invité à rejoindre le parti, on m’a dit que je rejoignais le parti de mon père (Jean Gauvin, qui a été ministre dans le gouvernement de Richard Hatfield: NDLR). Je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas.»

Demeurer indépendant sans bénéficier des ressources d’un parti politique ne pouvait être une situation permanente, estime l’ancien membre du gouvernement Higgs. Le politicien avait été courtisé par les Verts et les libéraux, il s’est d’ailleurs entretenu avec leurs chefs respectifs, David Coon et Kevin Vickers, avant de préciser ses intentions.

«M. Vickers ne m’a rien promis, il n’y a pas eu d’entente, pas de marchandage», mentionne celui qui assure désormais se reconnaître dans les valeurs des rouges.

«Je suis de centre-gauche sur le plan économique, je suis responsable fiscalement et ouvert aux cultures et différentes orientations sexuelles, en faveur de l’égalité homme-femme. Je me retrouve beaucoup mieux dans le parti libéral.»

Après avoir remis au député une lettre confirmant sa candidature, le chef libéral Kevin Vickers a laissé entendre que la nouvelle recrue pourrait jouer un rôle particulier au cours de la campagne.

«Je vais lui demander de bien visiter des villes comme Sackville, Sussex, Perth-Andover, Sainte-Anne-de-Kent, les endroits où M. Higgs coupera les services d’urgences s’il reçoit une majorité», souligne-t-il.

Robert Gauvin en a rajouté en affirmant que «Blaine Higgs compte sur un faible taux de vote, spécialement francophone, pour essayer de se sécuriser un gouvernement [majoritaire] pour passer aux coupures qu’il veut faire sans avoir d’opposition.»

Réactions et concurrence

Presque au même moment, à Fredericton, Blaine Higgs s’est engagé à ne pas fermer ou réduire les services d’urgence dans les hôpitaux de la province. Le chef du gouvernement a taclé au passage son ex-vice-premier ministre.

«La semaine dernière, lorsque les discussions sont devenues pertinentes, l’opposition a décidé de ne pas participer et elle n’est pas revenue à la table. Alors peut-être que M. Gauvin est dans le bon camp parce qu’à cet égard, laisser tomber, ce ne serait pas la première fois.»

De son côté, David Coon a souhaité bonne chance au candidat Gauvin. «Il a pris la décision d’aller avec le Parti libéral, l’autre vieux parti de cette province qui continue à faire de la vieille politique et qui consacre la plupart de son temps à des chicanes politiques plutôt qu’à trouver de véritables solutions pour les Néo-Brunswickois. Il avait la possibilité de se porter candidat pour le Parti Vert et il a choisi de ne pas le faire. C’est son choix.»

Notons que René Ephestion, qui avait partagé son souhait de porter les couleurs du parti dans Baie-de-Shediac–Dieppe, a annoncé mardi qu’il serait finalement candidat à l’investiture libérale de Moncton-Sud-Ouest.

Mathieu Caissie a quant à lui confirmé qu’il sera candidat à la nomination du Parti progressiste-conservateur dans Baie-de-Shediac-Dieppe. L’ancien fonctionnaire avait présenté sa candidature à la présidence de la SANB en mars sans parvenir à l’emporter face à Alexandre Cédric Doucet. Il a auparavant été correspondant du Nouveau-Brunswick auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie pour le gouvernement provincial.

«Les Acadiens devront être forts au sein du prochain gouvernement majoritaire progressiste-conservateur. L’Acadie doit se montrer responsable et s’organiser, être stratégique, et être là où se prennent des décisions importantes qui la concernent», plaide-t-il.