Fonction publique: Higgs n’exclut pas de revoir à la baisse les exigences linguistiques 

Blaine Higgs n’exclut pas d’emblée l’idée de revoir à la baisse le niveau de compétence requis pour obtenir un poste désigné bilingue dans la fonction publique. La SANB dénonce vertement cette position, qu’elle qualifie de «complètement indigne».

Lors des négociations multipartites infructueuses qui ont précédé le déclenchement des élections, la People’s Alliance a proposé l’adoption de pratiques «plus justes» au sein de l’administration provinciale.

La formation dirigée par Kris Austin – dont les positions hostiles à certains droits et acquis des francophones sont bien connues – demandait en fait d’abaisser le niveau de compétence requis pour décrocher un poste désigné bilingue dans la fonction publique.

Mercredi à Moncton, lors de son point de presse quotidien, Blaine Higgs n’a pas fermé la porte à cette possibilité.

«Est-ce que des changements seront effectués? Je ne le sais pas. Je ne le sais pas. Mais ce qui a été discuté dans les rencontres, c’est comment fonctionnent les évaluations», a-t-il dit.

Il a dit vouloir se pencher sur l’exactitude et la fiabilité des tests de compétences. Il a raconté comment il a eu vent d’une personne ayant reçu trois résultats différents en deux mois.

Jeudi, lors d’un point de presse à Bouctouche, l’Acadie Nouvelle lui a demandé de préciser sa pensée et d’expliquer à quel point il est ouvert à l’idée de revoir à la baisse les exigences linguistiques dans la fonction publique.

Il a répété qu’il veut surtout s’intéresser à l’efficacité des tests, dont la nature subjective peut selon lui donner du fil à retordre aux jeunes Néo-Brunswickois – surtout ceux issus du système scolaire anglophone – après leurs études.

«Je pense que nous devons à tous les Néo-Brunswickois d’avoir cette discussion, de dire “OK, pourquoi les évaluations sont-elles si variables, quelles sont les exigences et comment allons-nous aider les élèves à les atteindre?»

Il a une fois de plus laissé la porte entre-ouverte aux changements proposés par Kris Austin et les deux autres députés alliancistes. Ces derniers ne militent pas pour améliorer les tests de compétences, mais plutôt pour abaisser les exigences en matière de bilinguisme dans la fonction publique.

«Mon engagement n’est pas de voir si les exigences doivent changer, si elles doivent changer pour un emploi en particulier ou pas. Je ne le sais pas. Mais je pense que si les gens se plaignent des évaluations, on peut certainement trouver une solution», a dit Blaine Higgs.

Un «jeu politique» qui est «complètement indigne»

Dans un communiqué de presse publié jeudi, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick a dénoncé le fait que Blaine Higgs ne rejette pas du revers de la main la proposition de la People’s Alliance.

Selon elle, son «incapacité […] de prendre une position ferme contre le recul des droits linguistiques» des francophones est en fait une «forme de sous-discours destiné à attirer vers son parti une frange anti-francophone de la population néo-brunswickoise.»

La SANB estime qu’il s’agit d’un «type de jeu […) complètement indigne d’un homme ou d’une femme d’État; encore moins du premier ministre de la seule province officiellement bilingue du pays.»

Son président, Alexandre Cédric Doucet, n’y est pas allé de main morte et a rabroué le premier ministre.

«À la SANB, nous sommes catégoriques: l’organisme n’acceptera aucun recul en matière de langues officielles pendant la campagne électorale.»