Pour la première fois, le Parti libéral du Nouveau-Brunswick se positionne clairement en faveur d’une interdiction de l’herbicide controversé sur les terres publiques.

De passage à Rogersville, le chef libéral Kevin Vickers a déclaré son intention de bannir la pulvérisation de glyphosate sur les terres de la Couronne au bout de quatre ans, «pour permettre à l’industrie de s’adapter».

«Ces terres appartiennent aux Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises qui devraient avoir leur mot à dire sur ce que nous en faisons», a-t-il lancé.

«Nous allons travailler avec l’industrie forestière et le gouvernement fédéral pour trouver des solutions qui ne menacent pas notre environnement.»

L’interdiction inclurait l’épandage industriel par les sociétés de la Couronne, en particulier Énergie NB qui applique le désherbant sous ses lignes électriques.

L’une des pétitions réunissant le plus grand nombre de signatures de l’histoire de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, avec 34 000 noms, a été déposée en novembre 2018.

«Nous avons écouté les milliers de Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises qui avaient des préoccupations légitimes», a souligné Kevin Vickers.

«Au cours des deux dernières années, Blaine Higgs s’est enfoui la tête dans le sable et a ignoré l’environnement. Nous en ferons une priorité puisque c’est la bonne chose à faire.»

Cette promesse représente une évolution majeure de la position de sa formation politique sur ce dossier sensible.

En 2018, l’équipe de Brian Gallant n’avait pas pris un engagement aussi tranché, sa plateforme promettait de «surveiller étroitement les preuves scientifiques sur les risques du glyphosate et prendre des mesures pour en interdire l’usage au cas où Santé Canada indiquerait qu’il pose un risque à la santé publique».

En novembre 2019, Le Parti vert avait déjà demandé l’interdiction de l’utilisation du glyphosate sur les terres de la Couronne par les entreprises forestières et par Énergie NB. Le texte a été rejeté par tous les députés conservateurs et libéraux à l’Assemblée législative.

Le caucus libéral avait préféré présenter une motion demandant la création d’un comité législatif pour étudier l’utilisation d’un large éventail de pesticides, dont le glyphosate; non seulement dans les forêts de la Couronne, mais aussi dans les forêts privées et les terres agricoles.

Invité à réagir à l’annonce de son opposant politique, le ministre des Ressources naturelles Mike Holland a rapidement dégainé.

«C’est une annonce confuse pour moi, c’est le signe d’un chef qui semble déconnecté de son propre caucus, a-t-il lancé. Il est irresponsable de décider d’arrêter quelque chose si vous n’avez pas de plan pour le supporter.

Son chef Blaine Higgs a quant à lui répéter son intention de laisser le comité multipartite mener son travail à son terme.

«L’objectif est de prendre des décisions basées sur des données. Déterminer que nous devons changer fait partie de cette analyse. Il est donc extrêmement décevant de voir une invention sortie du bus de campagne pour suivre ce qui semble être populaire.»

La dangerosité du produit continue de faire débat parmi les scientifiques. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé le glyphosate comme cancérigène probable, alors que Santé Canada homologue toujours le produit.

En 2017, 165 tonnes de glyphosate avaient été répandues sur 26 047 hectares de forêts au Nouveau-Brunswick, dont 15 841 hectares des terres de la Couronne. Ce résultat classe la province première dans l’utilisation de cet herbicide.

Pour le moment, le Québec reste la seule province à bannir la pulvérisation aérienne des phytocides en forêt, depuis 2001. Une telle mesure est déjà en vigueur dans certains pays comme l’Autriche, le Vietnam et le Luxembourg.

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