Le bilinguisme a été au coeur du dernier débat avant les élections

Le bilinguisme a été au coeur des échanges entre les chefs de parti, jeudi soir, lors de leur dernier débat télévisé avant les élections provinciales de lundi.

Les quatre chefs des partis représentés à l’Assemblée législative lors de la plus récente session ont discuté de leadership, d’économie et des soins de santé lors de la table ronde virtuelle de 90 minutes sur CTV Atlantique. Mais la question de la langue a produit certaines des discussions les plus animées.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a laissé entendre que les fonds publics pourraient être dépensés à meilleur escient.

«Nous sommes dans une province qui lutte pour recruter des infirmières, qui a du mal à payer l’équipement, qui a du mal à faire venir des médecins ici et en même temps, nous maintenons à flot les autorités sanitaires (anglophones et francophones distinctes) dans une population de 750 000 personnes», a relevé M. Austin.

«Je crois que vous pouvez avoir une autorité sanitaire (un seul réseau de santé) bilingue où vous n’avez pas cette concurrence de ressources pour économiser de l’argent et le réinvestir dans les premières lignes.»

M. Austin n’a pas pu dire quelle serait l’ampleur des économies ainsi réalisées.

Le chef libéral Kevin Vickers a accusé M. Austin et le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs de partager les mêmes points de vue sur la langue.

«Kris Austin dit exactement ce que pense Blaine Higgs. Ce que nous devons vraiment faire, c’est nous unir en tant que province et réaliser que le bilinguisme est une force», a déclaré M. Vickers.

M. Higgs a affirmé que M. Austin ne parlait pas pour lui et a accusé les libéraux d’utiliser l’enjeu de la langue pour diviser les électeurs dans le nord et le sud du Nouveau-Brunswick.

«Ils recherchent la fracture linguistique parce que cela divise notre province. Nous ne sommes pas divisés sur les questions linguistiques, nous sommes divisés par un parti qui veut essayer de se maintenir au pouvoir à tout prix, a déclaré M. Higgs. Cette division dans notre province doit cesser et le Parti libéral doit cesser de l’exploiter.»

Interrogé, M. Higgs a affirmé que si son parti formait le prochain gouvernement, il ne mettrait pas fin à la dualité dans la prestation des soins de santé.

Le chef du Parti vert David Coon a dit être conscient de problèmes linguistiques, notamment l’incapacité des francophones à trouver des foyers de soins dans la région de Fredericton qui offrent des services dans leur langue.

Les chefs sont de retour sur le terrain vendredi dans le dernier droit pour séduire les électeurs avant le vote de lundi.