COVID-19: le N.-B. se prépare à la deuxième vague

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick se prépare à une augmentation de nombre de cas de COVID-19 pendant l’automne, la fameuse «deuxième vague» de l’épidémie. Il mise sur ses capacités de dépistage, tente de recruter du personnel et surveille les préparatifs des lieux critiques.

Le gouvernement a détaillé ses mesures dans son Plan de préparation et de réponse à la pandémie de COVID-19 pour l’automne 2020. Il a publié la version datée du 17 août de ce document évolutif sur son site internet.

Le gouvernement révèle que son objectif est de faire en sorte que la société et l’économie continuent de fonctionner sans que la santé et la sécurité de la population soient compromises.

«La Santé publique a effectué en moyenne 300 tests de la COVID-19 par jour au cours du mois d’août, indique la relationniste, Alysha Elliott. Il est actuellement possible d’effectuer jusqu’à 2500 tests par jour, au besoin.»

Un enjeu d’autant plus important que la grippe saisonnière représentera une menace supplémentaire pendant l’automne. Le gouvernement prévoit d’ailleurs réserver ses tests aux patients présentant des symptômes d’octobre jusqu’au printemps.

Recrutement

Le gouvernement provincial déclare en outre avoir pris des mesures pour faire en sorte que les services sociaux puissent poursuivre leurs prestations de services essentiels. Il tente notamment de favoriser le recrutement dans les foyers de soins, les établissements résidentiels pour adultes, les organismes de soutien à domicile, les foyers de groupe, les maisons de transition, les refuges pour sans-abri et les services de garde.

«Nous aurons des détails supplémentaires plus tard dans la phase de rétablissement, précise la relationniste, Abigail McCarthy. Le ministère du Développement social est conscient des défis de recrutement dans nos foyers de soins de longue durée.»

Mme McCarthy avance toutefois que la récente réintroduction de bénévoles dans les établissements aide le personnel et les résidents du secteur parapublic.

Le gouvernement rappelle aussi la prime salariale de 2000$ qu’il a accordée aux travailleurs de première ligne au printemps grâce à un financement du gouvernement fédéral.

Plans de lutte

«Le Ministère travaille actuellement avec des organismes partenaires pour verser un supplément de salaire aux travailleurs essentiels fournissant des soins directs qui sont payés moins de 18$ l’heure», a noté également le gouvernement dans son plan.

La province recrute aussi pour continuer ses contrôles aux frontières jusqu’en 2021.

«Jusqu’à présent, nous avons embauché un total de 43 agents de la paix additionnels à titre permanent ou temporaire», expose la relationniste Coreen Enos.

Le gouvernement a enfin inspecté les plans de lutte contre la pandémie de ses organismes parapublics. Il a remarqué que les foyers de soins étaient prêts à 90%, les établissements résidentiels pour adultes à 82%, les refuges pour sans-abri à 85% et les maisons de transition à 90%.

«Si une deuxième vague arrive cet automne, on est vraiment prêts à l’affronter», a assuré en août à Radio-Canada la vice-présidente des services cliniques chez Vitalité, Johanne Roy.

COVID-19: un monde toujours infecté

«On ignore pour l’heure la gravité que prendrait une deuxième vague», affirme le gouvernement du Nouveau-Brunswick dans son Plan de préparation et de réponse à la pandémie de COVID-19 pour l’automne 2020.

Un groupe de chercheurs de l’Université du Minnesota aux États-Unis a envisagé plusieurs scénarios théoriques en avril.

Selon leur modèle, la province pourrait voir en automne une éclosion de la maladie pire que la première (un pic de 72 cas actifs en avril). Elle pourrait aussi subir une série de vaguelettes d’infections pendant plusieurs mois. Elle pourrait enfin déplorer une transmission continue, mais faible du nouveau coronavirus pendant quelque temps.

«Il est possible que la demande excède la capacité du réseau de la santé et des services de santé publique», prévient le gouvernement au sujet du premier scénario, prévoyant des taux de morbidité et de mortalité élevés et un ordre social fortement perturbé dans ce cas.

Le gouvernement provincial, qui recensait seulement deux cas actifs vendredi, liste plusieurs facteurs qui influeront sur la situation sanitaire future: la transmission au Canada, les voyageurs infectés, le dépistage, la distanciation physique et les mesures restrictives.

Le nombre de cas actifs de la COVID-19 au Canada était de 6 868 le 9 septembre, soit beaucoup plus bas qu’en juin où il était de 35 000, selon le gouvernement canadien.

Les autorités sanitaires fédérales ont cependant indiqué le 8 septembre qu’elles avaient constaté une recrudescence des infections après la fin de semaine de la fête du Travail et la rentrée scolaire, selon La Presse Canadienne.

Dans le monde, le nombre d’infections liées au nouveau coronavirus a augmenté de mars à juillet avant de stagner jusqu’à la fin août, alors que le nombre de morts causés par l’épidémie est resté stable, selon les données de l’ONU.