Keith Chiasson élu dans Tracadie-Sheila

Élu pour la première fois en 2018, le libéral Keith Chiasson a été reconduit au pouvoir par les électeurs de Tracadie-Sheila lundi soir.

Il est l’un des nombreux candidats libéraux à avoir conservé son siège dans le nord de la province. En fait, les électeurs de Tracadie-Sheila ont non seulement élu Keith Chiasson, ils ont rejeté en grand nombre la formation à Blaine Higgs.

Vers 21h, alors que la majorité des bulletins avait été comptés, M. Chiasson avait récolté 6172 votes contre 2058 pour Diane Carey, du Parti progressiste-conservateur. Au moment de mettre sous presse, Chris LeBlanc, du Parti vert, avait obtenu environ 645 votes.

En 2018, l’ancien chef du cabinet du député Serge Rousselle avait remporté l’élection avec près de 49% des voix.

«Sa feuille des routes des dernières années. Blaine Higgs ne s’est pas montré comme un ami des francophones, ni aux régions rurales dans le nord de la province avec les coupures. Il s’est allié pendant deux ans avec l’Alliance pour rester au pouvoir. Ça envoie un message clair aux gens qu’il n’a pas l’intention de collaborer avec les francophones de la province», a dit Keith Chiasson.

Dès la reprise de ses fonctions plus tard cette semaine, M. Chiasson compte s’attaquer à un bon nombre de dossiers importants dans Tracadie-Sheila, dont celui du transfert de plusieurs centaines de kilomètres d’ancienne routes provinciales à la Municipalité régionale de Tracadie.

Le maire de Tracadie, Denis Losier, a souvent soulevé l’importance de cet enjeu, car la MRT n’a pas les moyens financiers pour s’en occuper.

«Le dossier numéro un sur ma liste est le transfert des routes. Dès que je retourne au bureau, je vais commencer à travailler de nouveau là-dessus. Le transfert a été fait, c’est un fait accompli. Le gouvernement Higgs a fait le transfert sans consultation. On va se mettre ensemble pour travailler fort, parce que c’est quelque chose qui pourrait avoir un impact négatif sur la municipalité.»

Diane Carey est déçue de ne pas avoir obtenu la confiance de la population et que la province demeure divisée. Elle souhaitait être une voix forte pour la francophonie du Nouveau-Brunswick au sein d’un gouvernement progressiste-conservateur.

«Je suis déçue que les francophones n’ont pas voulu faire partie d’un gouvernement majoritaire. On respecte la démocratie. C’est dommage que la division entre le nord et le sud demeure prononcée. J’avais l’intention de me battre pour le nord et les francophones.»

La candidate a l’intention de prendre quelques jours de repos avant de redémarrer son entreprise. Elle est une consultante en affaires connue dans la province.

Durant la campagne électorale, Diane Carey a été l’un des candidates vedettes francophones du Parti progressiste-conservateur dans le nord de la province. Le chef des progressistes-conservateurs, Blaine Higgs, s’est notamment arrêté à Tracadie au début de septembre pour une annonce électorale. Des ministres du gouvernement Higgs ont également assisté à son congrès d’investiture en août.

Lisa Harris réélue

Dans Baie-de-Miramichi-Néguac, la candidate libérale Lisa Harris a été élue pour un troisième mandat consécutif. L’ancienne ministre du gouvernement Gallant a récolté 43% des voix.

Robert Trevors, du Parti progressiste-conservateur, a terminé la soirée en deuxième place avec 33% des votes.

De son côté, le People’s Alliance a connu un recul significatif de ses appuis dans la circonscription après avoir terminé en deuxième position en 2018. Thomas L’Huillier, candidat de la formation hostile au bilinguisme officiel, a terminé la soirée avec 898 votes (11%).

Un peu plus du tiers de la circonscription est francophone.

«Je suis très fière d’être la députée de Baie-de-Miramichi-Néguac et je suis contente de voir que la People’s Alliance n’a pas connu les mêmes résultats. Ce n’est certainement pas un parti qui partage les valeurs du Parti libéral. Je suis aussi fière de représenter les francophones de la région de Néguac et les environs. Je crois que nous sommes tous égaux», a dit Lisa Harris.

Baie-de-Miramichi-Néguac compte aussi les Premières nations de Esgenoopetitj et de Metepenagiag. Au sein de l’opposition libérale, Mme Harris souhaite être nommée critique en matière d’affaires autochtones. Elle promet aussi de lutter pour les droits des francophones.

«Il faut demander des comptes au gouvernement Higgs qui n’a montré aucun respect aux Premières nations ni aux francophones.»

Le vert Curtis Bartibogue était aussi de la partie. Il n’a su imiter les succès de ses homologues ailleurs dans la province. Il a récolté 825 votes (10%).