Le Restigouche demeure libéral d’une extrémité à l’autre

Les trois circonscriptions les plus au nord de la province sont demeurées fidèle au Parti libéral et ce, une fois de plus avec une très forte majorité.

Dans Restigouche-Ouest, le candidat libéral et député sortant, Gilles LePage, a réussi son pari et convaincu la population de lui faire confiance pour un troisième mandat consécutif.

Et c’est un véritable vote de confiance que le député a obtenu de la part des électeurs de Balmoral à l’est, jusqu’à Saint-Quentin à l’ouest. Celui-ci l’a emporté avec près de 3000 voix d’avance sur son plus proche rival, le candidat du Parti vert, Charles Thériault.

Du début jusqu’à la toute fin de cette très courte campagne, les différents sondages effectués ont indiqué voir l’écart rétrécir constamment entre les deux candidats, même pratiquement au coude à coude la veille du scrutin. Mais au final, cette tendance ne se sera pas concrétisée. On est même très loin du compte.

Il s’agissait du troisième bras de fer consécutif entre messieurs LePage et Thériault. Les deux hommes s’étaient livré bataille une première fois en 2014 puis lors de l’élection de 2018. Chaque fois, le libéral l’a emporté avec une confortable avance.

«C’est une victoire qui me rassure, qui me dit que je dois continuer le travail que je fais à Fredericton depuis les six dernières années, que ça compte pour les gens et qu’ils le voient», a commenté le nouvel élu en direct d’Atholville où il a célébré sa victoire.

Certes, ce dernier vit cette troisième victoire avec des sentiments pour le moins partagés lorsqu’il observe les résultats provinciaux.

«On voit une fois de plus cette division nord-sud, francophone anglophone. Et maintenant nous devrons composer avec un gouvernement progressiste-conservateur majoritaire qui aura encore plus de latitude pour imposer sa volonté, dicter ses politiques», souligne-t-il.

Avec un mandat renouvelé en poche, M. LePage se dit prêt à se rendre à Fredericton défendre les intérêts des citoyens de sa circonscription et tenir tête au gouvernement de Blaine Higgs.

«Ce sera à nous de redoubler d’ardeur, de le talonner, pour que ces choix se fassent dans l’intérêt de tous les Néo-Brunswickois, y compris les citoyens du Restigouche. Il va falloir se tenir debout, ensemble en tant que grande région, face à ce gouvernement», indique M. LePage.

Campbellton-Dalhousie

Dans la circonscription de Campbellton-Dalhousie, le résultat est beaucoup moins serré. Le député sortant, Guy Arseneault, a conservé sans trop de difficulté son siège. En 2018, le candidat libéral avait remporté la victoire avec près de 2000 voix sa plus proche rivale la candidate conservatrice. Cette fois, il croisait le fer avec un candidat moins connu du grand public, le conservateur Charles Stewart, qui avait tenté sa chance en 2018 dans la circonscription voisine de Restigouche-Chaleur.

Et comme en 2018, la victoire du député Arseneault est confortable. Il s’est même permis de l’augmenter avec quelque 3200 voix d’avance.

«Je suis très ému par cette marque de confiance de la part des électeurs. C’est très touchant, et surtout très motivant», souligne le député réélu.

Celui-ci entend faire du maintien des services en santé et de l’économie ses deux principaux chevaux de bataille.

«Même si on se retrouve dans l’opposition, ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas faire avancer des projets, améliorer les services et faire en sorte que ce gouvernement n’arrive pas avec de mauvaises surprises pour notre région. Le premier ministre a dit à maintes reprises que ses décisions allaient être basées sur des informations objectives, et bien moi je le prends aux mots. Je vais lui monter des dossiers tellement solides qu’il n’aura pas le choix de les accepter. On verra alors à quel point il est honnête dans ses propos», dit M. Arseneault.

Restigouche-Chaleur

Sans grande surprise, la circonscription de Restigouche-Chaleur demeure aussi aux mains des libéraux grâce à une victoire sans équivoque du candidat et député sortant, Daniel Guitard.

En 2018, M. Guitard avait littéralement écrasé la compétition. Cette fois, la victoire du libéral est du même acabit, avec 3823 votes, soit près de 2000 de plus que la représentante du Parti vert, Marie Larivière. S’il y a d’ailleurs une surprise dans cette circonscription, c’est cette performance de cette dernière qui a relégué le candidat conservateur au troisième rang.

«On a fait une campagne propre et le résultat est là. On a vendu nos idées, nos valeurs, sans dénigrer nos adversaires politiques. Je suis fier de ce que l’on a réussi à accomplir», a commenté M. Guitard en entrevue.

Maintenant, l’heure est maintenant à la reconstruction économique pour sa circonscription.

«Nous avons travaillé sur plusieurs dossiers avec le gouvernement en place, mais sans résultats puisqu’il tient les cordons de sa bourse très serrés. Je ne prévois pas que ce sera facile à Fredericton au cours des quatre prochaines années, mais chose certaine, ce gouvernement devra changer d’attitude envers le nord. Il faut qu’il se réveille et se décide enfin à travailler avec nous pour développer cette partie de la province», dit-il.

Qu’en est-il maintenant de son rôle de président de la Chambre? M. Guitard estime que le premier ministre possède maintenant la latitude suffisante pour nommer un député de son propre parti. Celui-ci est néanmoins toujours ouvert à la discussion si le souhait du premier ministre est de le revoir à cette position.