14 députées: un résultat encourageant, mais pas satisfaisant

Si elles étaient moins nombreuses sur les bulletins de vote cette année, les femmes candidates sont tout de même parvenues à percer, surtout du côté des progressistes-conservateurs. Qu’est-ce que cela signifie pour les Néo-Brunswickoises et les politiques féministes? Nous avons posé la question au Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB).

Pas moins de quatorze femmes ont remporté un siège à l’Assemblée législative à la suite des élections provinciales de lundi. Il s’agit d’un record au Nouveau-Brunswick.

Les progressistes-conservateurs ont réussi à faire élire neuf de leurs candidates, les libéraux trois, et les verts et l’Alliance des gens, une chacune.

«On est très content du nombre de femmes qui ont été élues. C’est sur que c’est une bonne nouvelle», a témoigné Julie Gillet, directrice générale du RFNB, au lendemain de l’élection remportée par les bleus.

«Mais ce n’est pas nécessairement du bon côté de la table», a repris celle qui réclame l’accès à l’avortement, l’égalité des genres et un soutien adapté aux personnes vulnérables dans la relance économique poste COVID-19.

Les résultats du 14 septembre, bien qu’encourageants pour les femmes qui voudraient un jour faire le saut en politique, sont encore loin d’être satisfaisants, a souligné la directrice.

«Il n’y a toujours pas 50% de femmes au pouvoir. Pourtant, nous constituons 50% ou plus de la population. Nous nous demandons pourquoi aujourd’hui, en 2020, nous ne sommes pas mieux représentées dans des positions de pouvoir. On ne veut pas juste 28%, on ne veut pas juste les miettes, on veut être vraiment bien représentées.»

Par ailleurs, parmi les nouvelles femmes députées, on ne trouve peu, voire aucune, diversité dans le nouveau gouvernement majoritaire de Blaine Higgs.

Mme Gillet déplore notamment le manque de représentation des femmes autochtones, francophones et racisées.

Le RFNB indique dans un communiqué qu’il entend «redoubler de vigilance» au cours des quatre prochaines années.

La porte-parole rappelle que les dialogues entre les progressistes-conservateurs et le groupe qui défend les droits de la femme ont été très compliqués lors du dernier mandat.

«C’est bien qu’il y ait plus de femmes, mais ça ne garantit pas plus de politiques féministes», a-t-elle repris.

Maintenant que M. Higgs bénéficie d’une majorité, la jeune femme ose espérer qu’il fera preuve d’une plus grande ouverture et considérera les enjeux qui concernent les Néo-Brunswickoises.

Une chose est certaine, il ne faut pas penser que les nouvelles élues, par seule leur présence à la table des décideurs, feront avancer les dossiers féministes, selon elle.

«Il reste encore à voir si cela se traduira par une ouverture à la mise en place de politiques féministes, et par une réelle volonté d’inclure les femmes autour de la table et de prendre en compte la diversité de leurs voix», avait-elle résumé dans le même communiqué avant de s’entretenir avec l’Acadie Nouvelle.