Cabinet: Blaine Higgs «très intéressé» à nommer autant de femmes que d’hommes

Blaine Higgs entend dévoiler son nouveau cabinet avant la fin du mois et celui-ci pourrait compter autant de femmes que d’hommes.

Les Néo-Brunswickois ont élu plus un nombre record de femmes, lundi. Ils ont aussi porté au pouvoir un gouvernement comptant proportionnellement plus de femmes que jamais.

Le Parti progressiste-conservateur de Blaine Higgs compte désormais neuf députées dans ses rangs ou cinq de plus qu’il y a deux ans.

Les femmes représentent donc 29% des élues à l’Assemblée législative et 33% des députés du gouvernement.

Les libéraux de Frank McKenna avaient aussi réussi à faire élire neuf femmes en 1991, mais elles ne représentaient alors que 20% des députés du gouvernement.

D’ici deux semaines, le Nouveau-Brunswick pourrait franchir une nouvelle étape vers l’égalité hommes-femmes en politique puisque le premier ministre Higgs songe à présenter un cabinet paritaire.

«Oui, c’est une considération très active. Absolument», indique Blaine Higgs au sujet de la possibilité de nommer un cabinet comptant autant de femmes que d’hommes.

«C’est formidable de voir neuf femmes élues dans notre gouvernement. Je suis très intéressé par la question de la parité des genres et peut-être même plus.»

La date de l’assermentation du nouveau gouvernement n’a pas encore été annoncée, mais M. Higgs entend dévoiler son équipe de ministre avant la fin du mois de septembre.

Le premier ministre n’a pas encore décidé combien d’élus feront partie de son nouveau conseil des ministres. M. Higgs affirme toutefois qu’il est très peu probable qu’il s’entoure d’un plus grand nombre de ministres qu’avant les élections.

Le précédent cabinet comptait 17 membres en incluant le premier ministre, dont quatre femmes. Pour atteindre la parité hommes-femmes, Blaine Higgs devrait donc nommer au moins huit femmes dans son cabinet.

Puisque 11 ministres masculins ont été réélus lundi, le premier ministre n’aurait d’autres choix que d’écarter au moins trois d’entre eux pour atteindre l’équilibre des genres dans son cabinet sans en élargir la taille.

M. Higgs ne veut cependant pas s’aventurer pour le moment sur le sort des ex-ministres qui pourraient être laissés pour compte dans son nouveau cabinet.

«Je pense que je devrais même essayer de répondre à cette question avant d’avoir pris mes décisions concernant ce à quoi le cabinet ressemblera. Ça serait une réponse risquée à une question hypothétique», dit-il.

M. Higgs ne créerait toutefois pas de précédent en laissant d’anciens ministres sur le carreau lors de la formation de son gouvernement.

En 2018, il avait choisi de ne pas offrir de portefeuille aux ex-ministres Bruce Northrup et Bruce Fitch qui ont dû se contenter de l’arrière-ban.

M. Fitch a finalement remplacé Robert Gauvin au ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture après sa démission alors que M. Northrup a choisi de ne pas solliciter de nouveau mandat lors des élections qui viennent de se terminer.

Le ministre de la Sécurité publique, Carl Urquhart, n’a pas non plus tenté de se faire réélire.

Selon la directrice générale du Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick, la société en sort généralement gagnante lorsque les organismes décisionnels sont aussi diversifiés que ceux qu’ils représentent.

«L’espoir est que lorsqu’il y a plus de femmes à la table de décision, ces décisions sont différentes parce qu’il y a des perspectives plus diversifiées et parce que ceux qui prennent les décisions ressemblent plus à ceux pour qui ils prennent ces décisions», avance Beth Lyons.

Un cabinet paritaire ne suffit toutefois pas à garantir qu’un gouvernement prendra les bonnes décisions pour l’égalité des genres et l’avancement de cause féminine, prévient-elle.

«La parité, ce n’est pas la même chose que l’équité. On ne peut pas présumer que toutes les femmes sont pareilles et que les priorités de toutes les élues sont les enjeux féministes ou qu’elles ont toutes vécu les mêmes expériences.»

Pas de promesse concernant Daniel Allain

La dernière fois que Blaine Higgs a donné un rôle d’avant-plan à son unique député francophone, les choses ne se sont pas très bien terminées.

Le nom du nouveau député de Moncton-Est, Daniel Allain, est pourtant sur toutes les lèvres en Acadie comme l’était celui de Robert Gauvin il y a deux ans.

Peut-on s’attendre à ce que le premier ministre tente à nouveau le coup en donnant un ministère important à seul son élu francophone en plus de le nommer vice-premier ministre?

Pour le moment, M. Higgs refuse de faire des promesses en ce qui concerne M. Allain.

«Je suis heureux que Daniel fasse partie de notre équipe et j’ai hâte de travailler avec lui.  Je vais songer aux bons portefeuilles pour tous les candidats, et ça inclut Daniel», dit-il sans promettre que l’Acadien fera partie du cabinet.

Depuis la démission de Robert Gauvin et son départ du caucus progressiste-conservateur, M. Higgs n’a pas jugé nécessaire de nommer un autre vice-premier ministre.

Le poste jugé parfois principalement symbolique n’a d’ailleurs pas toujours existé et ne possède pas de description de tâches explicite.

M. Higgs ne s’engage pas à avoir un vice-premier ministre ou une vice-première ministre dans son prochain cabinet.

«Je ne vais pas présupposer ce que je vais faire ou pas parce que l’objectif des deux prochaines semaines est d’examiner attentivement ce qui est nécessaire pour refléter le mieux possible les intérêts de la province au sein du cabinet.»