«On est différents, et c’est correct»: Arseneau invite Higgs à visiter le Nord

Le député Kevin Arseneau a interpellé le premier ministre Blaine Higgs sur Twitter pour lancer un appel à l’unité des communautés.  Il l’invite à visiter Kent-Nord et les circonscriptions du nord de la province.

Il l’invite à commencer son mandat «sur le bon pied.»

En entrevue, Kevin Arseneau précise son discours. Il croit que le premier ministre n’a pas d’aversion pour les francophones et le Nord, mais plutôt une «incompréhension».

Le député vert de gauche dit vouloir aider le chef conservateur à «comprendre la réalité» du Nord et des circonscriptions qui n’ont pas élu de député progressiste-conservateur.

Il exhorte aussi M. Higgs à s’excuser.

Après l’élection de lundi, le premier ministre a affirmé que certaines circonscriptions du Nord «voteraient toujours libéral» et que «Vous pourriez y présenter un abat-jour comme candidat libéral. Ça doit changer.»

En réalité, plusieurs circonscriptions du Nord et d’autres circonscriptions à majorité francophone ont élu des députés progressistes-conservateurs au fil des années.

Blaine Higgs a aussi affirmé à la CBC qu’il n’a pas échoué à accepter le nord de la province, mais que c’est plutôt le contraire. Il a attribué le peu de popularité de son parti dans ces circonscriptions au fait qu’il n’a pas fait de promesses coûteuses pour s’attirer leur vote.

«Je ne pense pas que c’est exagéré que les communautés francophones et anglophones du Nord demandent des excuses pour ces commentaires-là.»

Kevin Arseneau croit que le premier ministre devrait plutôt s’interroger sur la raison pour laquelle les électeurs du Nord ont choisi d’aller voir ailleurs.

«C’est à nous, comme personnes faisant partie de la classe politique, d’essayer de comprendre ça et de corriger le tir tout en sachant qu’on ne pourra jamais plaire à 100% des gens. Mais lorsqu’on se met à dos un groupe de personnes, je pense qu’on devrait avoir l’humilité de se demander pourquoi», dit le politicien.

Reconnaître la différence

Le député de Kent-Nord fait remarquer que Blaine Higgs préfère parler du peuple Néo-Brunswickois plutôt que d’Acadiens, de francophones ou d’anglophones.

«Il essaie de rassembler tout le monde autour du fait qu’on est Néo-Brunswickois, mais je pense que l’unité se fait dans la diversité. Il faut d’abord et avant tout comprendre qu’on est différents, et que c’est correct», dit le député.

«Le Nouveau-Brunswick, c’est une province géographique, ce n’est pas une culture».

Il estime que sa circonscription de Kent-Nord pourrait servir d’exemple de diversité qui fonctionne bien, puisqu’il y a bon nombre de francophones, d’anglophones, d’autochtones et d’immigrants.

Selon Kevin Arseneau, si Blaine Higgs a l’impression que les francophones ne lui font pas confiance, il n’est pas complètement à côté de la plaque non plus.

«Son discours de “les francophones ne m’acceptent pas” existe pour une raison. Je pense que les gens ont des craintes qui sont fondées pour plusieurs raisons.»

Le premier ministre a gouverné de concert avec la People’s Alliance pendant deux ans, un parti qui s’oppose au bilinguisme officiel dans sa forme actuelle.

«La seule fois qu’il a parlé de la langue pendant la campagne, c’était pour dire qu’il était ouvert à baisser les exigences linguistiques dans la fonction publique», souligne aussi Kevin Arseneau.

L’Acadie Nouvelle a contacté le bureau du premier ministre pour obtenir un commentaire de la part du premier ministre, que nous n’avons pas obtenu avant notre heure de tombée.