Kevin Haché propose à Blaine Higgs de devenir son lieutenant acadien du Nord

Le choc de la cuisante défaite électorale du 14 septembre est passé pour Kevin J. Haché. Non seulement entend-il demeurer maire de Caraquet pour un éventuel troisième mandat, il se dit ouvert à jouer le rôle de lieutenant acadien du gouvernement majoritaire de Blaine Higgs pour le Nord.

Ses espoirs de représenter Caraquet à l’Assemblée législative ont été rapidement éteints par la victoire sans appel de la députée libérale sortante Isabelle Thériault. Mais en plus, le maire a terminé troisième, derrière Marie-Christine Haché, du Parti vert.

Ce revers ne l’empêche pas de vouloir contribuer à un rapprochement entre le nouveau gouvernement et les communautés du Nord, qui ont massivement appuyé les libéraux après deux années de décisions controversées et de compressions venant de Fredericton.

«Lorsque j’ai perdu, j’ai envoyé un message à Louis (Légère, responsable de la campagne progressiste-conservatrice) pour lui dire que j’étais prêt à travailler avec le gouvernement. Je suis ouvert à occuper ce rôle, mais ça va dépendre aussi en quoi cela va consister.»

«Quand Robert Gauvin a voulu le faire, il a été traité de tous les noms inimaginables et ç’a été difficile pour lui. Mais si j’avais un appel, je considérerais fortement d’accepter. Je suis prêt à le faire, car on a un trop beau coin ici pour penser qu’on va être oublié par le gouvernement. Nous devons reconstruire les ponts Nord-Sud, mais aussi les ponts entre Acadiens», a indiqué M. Haché.

Il n’a toujours pas digéré les propos du vice-président de la Société de l’Acadie du N.-B., Serge Brideau, qui l’a qualifié d’«opportuniste acadien».

«Il a eu beau parler en son nom et s’excuser par après, ça demeure un Acadien qui dénigre un autre Acadien. Il faut corriger ça et travailler ensemble non seulement en tant qu’Acadiens, mais aussi en tant que province. Si on ne se respecte pas entre Acadiens, comment peut-on aller à Fredericton demander aux anglophones de nous respecter?», juge-t-il.

Avec le recul, le maire a admis qu’il était tombé dans un piège en acceptant l’investiture progressiste-conservatrice dans Caraquet.

«Je me suis laissé convaincre par les électeurs que je voyais qui me disait qu’ils allaient voter pour moi car j’étais ministrable. J’ai cru pouvoir gagner car l’électorat me disait ca, a-t-il avoué. Mais j’ai eu cette claque dans la face. Cela n’a pas été seulement dur; cela a été très dur. Ça voulait dire que les gens ne me voulaient pas là. Mais ils m’ont dit aussi qu’ils m’aiment à la mairie. Ça va bien à la Ville et on a réalisé beaucoup de choses en huit ans. Oui, sur le coup, j’avais le moral dans les talons, mais aujourd’hui, je veux continuer à servir mes citoyens. S’ils veulent me faire confiance à nouveau, il me fera plaisir de poursuivre mon travail.»

Les élections municipales devaient avoir lieu en mai 2020, mais la COVID-19 a reporté le processus démocratique probablement au printemps 2021. Il est également fort probable que le maire actuel ait à en découdre contre Bernard Thériault, ce vétéran de la politique qui a notamment travaillé à la campagne provinciale du chef libéral Kevin Vickers, qui a aussi connu un cuisant échec le 14 septembre.