Une vague d’amour sur les réseaux sociaux pour Peggy l’aventurière

C’est fou comment un petit chien perdu peut générer une immense vague d’amour grâce aux réseaux sociaux…

Impossible de passer à côté de l’aventure rocambolesque de Peggy si vous avez le moindrement flirté sur Facebook depuis deux semaines, du moins dans la Péninsule acadienne.

Seize jours en fait, pour être plus précis.

Seize jours de cavale.

Une cavale devenue un événement viral quotidien en raison des appels à la communauté et des recherches intenses de sa famille d’adoption de Caraquet.

Une cavale qui s’est bien terminée, quand la petite boule de poils noirs est soudainement réapparue dimanche matin au bas de la porte.

Le nez sale et trois livres en moins, Peggy, une chienne de race Pug, n’a pas beaucoup touché terre depuis, passant par les bras des quatre membres de cette famille trop heureuse et soulagée de ce dénouement en cette période morose.

«Oh my God! Quel périple!», raconte Mylène Thériault, tellement contente d’avoir pu retrouver son animal de compagnie.

L’histoire de Peggy est tout sauf banale. Mylène, son conjoint et ses deux enfants l’ont trouvée à la SPCA de Shippagan, il y a un an et demi. Ils y allaient pour flatter des chats. Ils sont tombés amoureux fous de cette chienne qui a eu une vie difficile.

«Elle fait beaucoup d’anxiété. Elle est très craintive. Mais avec nous, on ne l’attache pas, sauf en public. Elle reste toujours proche de nous, elle n’est pas très aventureuse», poursuit Mylène.

La famille est allée célébrer la fin de l’été avec un feu à la plage au début de septembre. Vers 22h, la noirceur et le froid ont convaincu le groupe de fermer les livres et de ranger le stock pour le placer dans le camion. Normalement, Peggy est la première à grimper.

Mais là, elle n’est pas là…

«Il y a eu des feux d’artifice ce soir-là, se souvient Mylène. Peggy a peur de tout. On s’est mis à la chercher. Des jeunes qui étaient proches l’avaient vu et avaient essayé de l’attraper. C’était la pire affaire à faire.»

Ils ont cherché la petite bête toute la nuit. Ils ont même installé leur roulotte à la plage, au cas où.

Pas de Peggy.

Le lendemain, Mylène décide de lancer un message de recherche sur Facebook. La réponse est immédiate et abondante. Certains disent l’avoir vue dans le stationnement d’un hôtel. D’autres dans une rue. D’autres à l’hôpital. Chaque fois qu’ils avaient essayé de l’attraper, la chienne avait pris la poudre d’escampette.

«Nous avons dormi dehors, dans la roulotte, avec la porte ouverte, pendant quatre nuits…», poursuit-elle, craignant les visites nocturnes de ratons laveurs ou de moufettes.

Chaque jour, elle marche à de nombreux endroits, tout comme son conjoint et les deux enfants. Elle note: 22 000 pas par jour. Pokesudie, Bas-Caraquet, Caraquet…

Toujours pas de Peggy.

«Après cinq jours, j’en avais perdu le sommeil, confie-t-elle. Heureusement, avec tout cet amour venant des réseaux sociaux, cela nous a aidés à continuer. Nous n’avons jamais perdu espoir. Tout le monde s’est attaché à Peggy! Elle est devenue une vedette! S’était-elle fait ramasser par une autre famille? Ou pire, un aigle l’a attrapée? Fallait-il commencer notre deuil?»

Et le miracle s’est enfin produit.

«Il était 6h15. J’ai entendu gratter à la porte. Mon instinct m’a dit d’aller voir. Quand je suis arrivée à la porte, elle était de dos et elle s’en allait. Mais c’était elle. J’ai ouvert la porte, je me suis effondrée à genoux et elle est accourue vers moi… J’en ai braillé. C’est un petit chien miracle!»

Comment expliquer ce retour? La propriétaire a sa petite idée là-dessus. Selon elle, Peggy s’est cachée pendant tous ces jours. Samedi dans la nuit, il y a eu de gros orages sur la région. Cela a peut-être convaincu la petite chienne de rentrer à la maison. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

Peu importe la raison, cette histoire se termine bien et, dans les circonstances, la cavale de Peggy – qui a probablement parcouru 4,5 km pendant son escapade – a servi à rapprocher beaucoup de gens autour d’une même cause: retrouver coûte que coûte cette petite touffe de poil qui fait le bonheur de la famille Thériault.

Plus de 1000 personnes ont aimé et partagé la photo de la petite chienne, couchée sur une couverture, le nez sale, le regard de pitou piteux, en train de reprendre des forces.

«On dirait que cela a changé le mal de place, réfléchit à haute voix Mylène. C’était tellement beau, de voir toute cette attention. Cela a touché beaucoup de monde. La perte d’un chien ne laisse personne indifférent. La mobilisation sur les réseaux sociaux… Je n’en reviens pas! Je remercie tous ceux et celles qui ont cru, comme nous, qu’on allait la retrouver. Cette histoire fait comprendre qu’il ne faut jamais abandonner. Nous avons vécu 16 jours de misère totale. J’ai braillé. Mais tous ces messages d’appui nous ont gardés dans l’espoir.»

Cet espoir a un petit museau noir tout sale et sa cavale est devenue célèbre sur Facebook. Et même si elle ne parle pas, Peggy doit être bien contente de retrouver sa bouffe, son coussin pour dormir et les bras chaleureux et remplis d’amour de sa petite famille d’adoption.

Quand on dit que tout est bien qui finit bien?