De belles prises et des chasseurs heureux

Vers midi mardi, plus d’une vingtaine d’orignaux avaient déjà été enregistrés au poste des Ressources naturelles de Campbellton. Et l’achalandage ne semblait pas vouloir diminuer, ce qui est bon signe pour les chasseurs… mais un peu moins pour les orignaux. Habituellement, lors de la première journée de la chasse, ce poste enregistre environ une cinquantaine de bêtes. Pour toute la durée de la chasse, on parle d’environ 200 bêtes.

Cette année, le superviseur du poste, Bruno Pelletier, croit que ces chiffres pourraient être légèrement plus élevés. D’abord parce que la première journée était idéale pour la chasse, mais aussi parce qu’en raison de la COVID-19, les stations d’enregistrement bénévoles voisines de Kedgwick et Belledune ne sont pas en fonction cette année.

«On va certainement avoir quelques chasseurs qui vont opter pour venir ici», explique M. Pelletier.

Au bureau d’enregistrement, les règles ont été renforcées en raison de la COVID-19. Du coup, un seul chasseur peut débarquer du véhicule afin de fournir tous les détails concernant la bête. Mais cette formalité ne semble embêter ni les gardes forestiers ni les chasseurs eux-mêmes.

«Jusqu’à présent, ça va très bien. Les chasseurs comprennent la situation et sont très coopératifs», précise M. Pelletier.

Côté chasseurs, ceux-ci étaient nombreux à se promener dans les rues de Campbellton mardi. C’est le cas du groupe Jonathan Doucet, Marie-Josée Bédard, Jason McIntyre et Francis Carrière. Ceux-ci ont tué tôt dans la zone 5, non loin de Charlo.

«Ça s’est fait vraiment vite», explique le chasseur.

Le groupe de Jonathan Doucet ramène sa première prise. Il reste encore deux autres licences en poche au quatuor. Sur la photo, Marie-Josée Bédard, Jonathan Doucet, Jason McIntyre et Francis Carrière. – Crédit Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

Il n’aura pas droit à un grand répit. Aussitôt après avoir enregistré, pesé et déposé l’animal, lui et ses confrères reprendront la direction du bois. C’est qu’ils sont loin d’en avoir terminé avec la chasse. En fait, le groupe cumule un total de trois licences, c’est donc dire qu’ils ont encore du pain sur la planche.

Le groupe à Mathieu LeBlanc est arrivé quelques minutes après. Celui-ci a tué son orignal dans la zone 4, non loin de Flatlands.

«J’pense que c’est un orignal du Québec. Je suis pas mal sûr qu’il a traversé la rivière», lance à la blague le titulaire de la licence. Résultat, un panache de 59 pouces.

«On m’a dit que c’était le plus gros qu’ils avaient vu jusqu’à présent cette année. Il y en aura peut-être d’autres qui vont le battre, mais c’est vraiment une belle prise. On est content», ajoute le chasseur.

N’ayant qu’une licence en poche, leur chasse n’aura duré finalement qu’une quinzaine de minutes. L’après-chasse, elle, promet d’être un peu plus longue…

Plus à l’ouest, les chasseurs n’ont pas tardé à faire mouche également. Alexandre Thériault et Maxime Desjardins d’Edmundston se trouvaient dans la zone 3 lorsqu’ils sont tombés devant un superbe spécimen dès l’ouverture de la chasse. Vers 7h30, c’en était déjà fait pour le duo qui ne comptait qu’une licence. Résultat, un mâle avec un panache de 56 pouces et 22 pointes. Une petite bête de…1013 livres!

«Ça n’a pas été long en effet, mais le gros du travail s’en vient. Maintenant il faut le sortir», a confié au journal Alexandre peu de temps après que la bête soit tombée au sol. C’est son cousin, Maxime, qui a fait feu puisqu’il détenait le permis.

Bien que tous les deux chasseurs, il s’agissait de la première partie de chasse conjointe pour les deux cousins. Cette année était d’ailleurs particulière puisque chacun était également accompagné de leur père.

Le port du masque n’aura pas épargné cet orignal. Celui-ci a été abattu près de Flatlands mardi par le groupe composé de Kenny Perron, Michael Perron, Mathieu LeBlanc et Éric Wilson. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

«C’est une première chasse en famille si on peut dire. C’est vraiment une belle expérience», raconte Alexandre.

Rappelons que 4794 permis ont été attribués cette année, soit une cinquantaine de plus qu’en 2019. Toujours l’an dernier, 3689 bêtes ont été abattues, portant ainsi à 77% le taux de réussite des chasseurs.

Si la première journée est somme toute intéressante côté météo pour les chasseurs, les choses risquent de se corser d’ici samedi. En raison de la tempête Teddy, de forts vents sont attendus en forêt, ce qui pourrait grandement compliquer les choses. De la pluie en bonne quantité est également prévue mercredi dans la portion plus au centre et à l’est de la province. Par la suite, à compter de jeudi, le soleil devrait se pointer et les températures se réchauffer.