Le Salon du livre de la Péninsule acadienne ne se laisse pas abattre par la pandémie

Christian Blanchard n’a pas eu trop de problèmes à vendre la formule virtuelle aux auteurs voulant participer au prochain Salon du livre de la Péninsule acadienne. «Ils ont embarqué, certains à fond la caisse!», précise le directeur général par intérim de ce 17e rendez-vous prévu du 8 au 11 octobre.

Pandémie oblige, il n’y aura donc pas de Centre Rhéal-Cormier de Shippagan pour accueillir les écrivains, les éditeurs et plus de 6000 visiteurs intéressés par la littérature francophone et acadienne.

Mais avec la méthode multi-plate-forme, les lecteurs auront l’occasion de «participer» à toutes les activités du week-end dans le confort de leur foyer, autant par l’entremise du web, des réseaux sociaux et de la radiodiffusion.

Certes, il va manquer ce contact direct entre l’auteur et le lecteur. Mais dans les conditions actuelles liées à la COVID-19 et dans la crainte d’une possible deuxième vague de propagation du virus, on peut dire que la sagesse l’a emporté sur la hardiesse.

«Le lien humain va manquer, c’est certain. Et ce sera malheureux, car les auteurs aiment bien faire la promotion de leurs livres en personne. Mais c’était devenu difficile de tenir un salon comme le nôtre en présentiel. Il y a toute la question de gestion du site, de la distanciation sociale, etc. On parle de plus de 6000 visiteurs. À cela s’ajoute le fait qu’avec les frontières fermées, on ne peut accueillir les auteurs du Québec, de l’Ontario ou encore des Maritimes», indique M. Blanchard.

Mais pas question de baisser les bras non plus. Une programmation complète a été organisée, de sorte à assurer la sécurité de chacun tout en offrant des activités pour tous les groupes d’âge.

En guise de programmation pré salon, plusieurs activités sont mises en ligne et accessible à tous. Les auteurs invités du Salon ont enregistré des capsules vidéo qui se trouvent sur la chaîne YouTube du SLPA et sur son site web depuis mardi.

Dès le jeudi 8 octobre, le comité organisateur du Salon a mis sur pied un horaire bien rempli, avec une quarantaine d’auteurs qui y prendront part. On a gardé certains événements phares, mais on a aussi développé de nouveaux outils qui, aux dires du DG par intérim, assureront la pérennité du Salon.

«C’est un mélange de visuel et de présentiel, car on ne connaît pas la suite. C’est imprévisible. Les autres événements se sont réinventés rapidement avec la formule virtuelle. On a fait de notre mieux pour offrir un salon intéressant dans les conditions», continue-t-il.

À surveiller le samedi 10 octobre, le Radiothon Ça me dit de lire, en direct du Centre des congrès de la Péninsule acadienne à Shippagan et présenté sur les ondes de CRKO FM 97,1. Entre autres, la fée marraine du radiothon, Fééli Tout (Cindy Roy), va répondre aux appels téléphoniques des enfants. Des entrevues avec les auteurs, des concours et des lignes ouvertes donneront la chance aux auditeurs d’échanger avec l’animateur sur leur passion de la lecture.

La direction espère atteindre son objectif de 25 000$ dans le cadre de cet événement. Les dons recueillis seront ensuite remis en chèques cadeaux pour les élèves du District scolaire francophones Nord-Est. Tout l’argent amassé lors du radiothon est entièrement remis aux élèves pour l’achat de livre.

Justement, en parlant des écoles, il a fallu aussi innover, avec des tournées virtuelles.

«Tous les élèves auront droit à une ou deux animations virtuelles. Auparavant, on avait un auteur pour toute une classe», compare le DG.

Reste plus qu’à savoir si cette formule connaîtra un certain succès populaire. Christian Blanchard et son équipe ont trouvé des outils de calcul statistique sur la fréquentation virtuelle.

«Nous n’avons pas de chiffres en tête comme objectif, mais on veut que ce soit le plus de gens possible. On espère tous que les amateurs seront au rendez-vous et verront les animations des auteurs», se croise-t-il les doigts.