L’Université de Moncton enregistre une surprenante hausse des inscriptions

Si la pandémie a empêché la venue de dizaines d’étudiantes et d’étudiants internationaux, l’Université de Moncton rapporte tout de même une augmentation de ses inscriptions à temps complet pour sa session d’automne.

L’institution acadienne accueille maintenant 4521 étudiants et étudiantes à temps complet, contre 4365 à l’automne 2018. Il s’agit là du plus haut niveau atteint depuis 2016.

«Nous sommes agréablement surpris. Nous étions dans l’inconnu et n’avions pas anticipé une hausse», se félicite Jean-Paul Loyer, directeur général de la gestion stratégique de l’effectif étudiant.

L’université offre désormais ses formations à 83 étudiants de plus provenant du Nouveau-Brunswick. Ces inscriptions sont passées de 3083 en septembre 2019 à 3166 en septembre 2020. L’université accueille cette année la même proportion de finissantes et de finissants provenant des écoles secondaires francophones de la province, soit environ 34,3 %.

Les frais de scolarité plus élevés et la perspective d’un enseignement entièrement à distance ne semblent donc pas avoir découragé un grand nombre de jeunes gens de poursuivre des études postsecondaires.

«C’est ce qu’on croyait au début mais les chiffres ont fait mentir cette hypothèse», observe M. Loyer.

Les étudiantes et les étudiants internationaux, qui formaient 23% de la deuxième population étudiante l’an dernier, ont été les plus touchés par la pandémie. La fermeture des ambassades canadiennes à travers le monde a causé des retards dans le traitement des dossiers.

Les inscriptions des étudiantes et des étudiants à temps complet provenant de l’international sont passées de 822 en septembre 2019 à 775 en septembre 2020, soit une diminution de 47 (-5,7 %).

Le service de recrutement de l’université s’attendait d’ailleurs à une plus forte baisse, souligne Jean-Paul Loyer.

«Nous avons tenté de garder nos étudiants en contact», dit-il.

«Il y a plein de variables que nous ne contrôlions pas. La fermeture des frontières nous a nui au niveau du recrutement international.»

Pour la première fois, l’Université de Moncton a permis à certains étudiants internationaux ayant obtenu un permis d’études, de suivre jusqu’à deux cours virtuels depuis l’étranger.

«Ça concerne une minorité d’étudiants», nous a précisé M. Loyer sans pouvoir donner de chiffres. «On a proposé cette option-là exceptionnellement, l’idée était de fidéliser ces étudiants.»

Notons que la population estudiantine a connu une progression dans les trois campus. Cette hausse des inscriptions suffira-t-elle à redresser les finances de l’Université de Moncton?

Le communiqué publié lundi est en tout cas peu rassurant. L’administration semble préparer le terrain à des nouvelles moins encourageantes, à quelques jours du dépôt des budgets pour les années 2020-2021 et 2021-2022 prévu le 26 septembre, lors de la réunion du Conseil des gouverneurs. On y indique que la perte d’étudiants internationaux, dont les frais de scolarité sont plus élevés, combinée à «d’autres facteurs», aura un impact sur la situation financière de l’institution.

Moins de pépins techniques que prévu

Élus étudiants et membres de l’équipe de direction s’accordent à dire que cette rentrée universitaire inédite s’est faite sans trop d’accrocs. Sur le campus de Moncton, où près de 80% des cours se donnent à distance, le semestre sera bien différent des précédents.

«Ça semble se passer relativement bien», analyse Gilles Roy, vice-recteur à l’enseignement et à la recherche.

«On se posait beaucoup de questions au printemps, on se demandait si notre système informatique allait être en mesure d’accommoder cette transition.»

Pour répondre aux inquiétudes, les services aux étudiants ont notamment mis l’accent sur les suivis personnalisés et organisé une séance quotidienne de questions – réponses en ligne sur les nouvelles procédures.

«Nous sommes à l’écoute et nous essayons de trouver des solutions en cours de route», affirme M. Roy.

La réouverture du CEPS Louis-J.-Robichaud la semaine à Moncton est un pas de plus vers un retour à une certaine normalité. L’accès aux bibliothèques sur le campus devrait également être étendu prochainement.

«Nous allons voir si on peut avoir de plus en plus d’activités en présentiel au fur et à mesure que la session avance», explique Gilles Roy.

Malgré cela, le campus de Moncton reste désert pour un mois de septembre. Difficile de dire si la réalité de la vie universitaire sera la même au mois janvier, l’administration n’a pas encore terminé sa planification pour la session d’hiver.

Les risques de fraude lors des examens réalisés à distance sont une autre question à laquelle l’Université de Moncton ne semble pas avoir de réponse définitive.

«Notre équipe pédagogique se penche sur ces questions pour s’assurer que les processus d’évaluation soient légitimes, avance le vice-recteur. Il s’agit parfois de varier les méthodes d’évaluation. Nous allons trouver les moyens de minimiser les risques de fraude.»