500 $ par semaine pour toutes les prestations et l’assurance-emploi

Le gouvernement Trudeau modifie ses plans pour l’aide financière après PCU en augmentant les sommes prévues, s’assurant ainsi l’appui des néo-démocrates et sa survie.

On attendait jeudi après-midi le calcul de la nouvelle facture.

Lorsqu’il y a un mois, le gouvernement fédéral avait annoncé trois nouvelles prestations à venir et un assouplissement aux règles de l’assurance-emploi, en remplacement de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), la première mesure devait coûter 22 milliards $ et la seconde 7 milliards $.

Jeudi matin, tous les versements aux chômeurs ont été fixés à 500 $ par semaine. Pour l’assurance-emploi, ce minimum est de 100 $ de plus qu’annoncé en août. Il en va de même pour la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE).

La PCU va se tarir dans quelques jours. Dès le 27 septembre, Ottawa s’attend à ce que trois des quatre millions de prestataires de la PCU passent à l’assurance-emploi, un régime auquel l’accès a été assoupli.

Il sera accessible après seulement 120 heures travaillées, quel que soit le taux de chômage dans la région habitée. Et le chômeur pourra recevoir 500 $ par semaine, au minimum, et ce, pendant 26 semaines.

Le projet de loi C-2, déposé jeudi matin, créera les trois nouvelles prestations annoncées le mois dernier pour ceux qui ne pourront pas compter sur l’assurance-emploi modifiée.

La PCRE versera donc 500 $ par semaine, disponibles pendant 26 semaines, jusqu’au 26 septembre 2021. Il sera possible de travailler tout en recevant cette prestation. Si le revenu annuel dépasse 38 000 $, le travailleur devra alors rembourser 50 cents pour chaque dollar reçu en PCRE.

Les modalités des deux autres prestations demeurent tel qu’annoncé en août.

La Prestation canadienne de maladie pour la relance économique est le moyen trouvé par Ottawa pour payer 10 jours de congé de maladie aux travailleurs; 500 $ par semaine, pendant une semaine ou deux.

La Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants servira à ceux qui se retrouvent obligés de s’occuper d’un enfant dont l’école ou la garderie ferme. On croit qu’il pourrait y avoir jusqu’à 4 millions de Canadiens qui demanderont cette aide à un moment ou à un autre.

Le projet de loi C-2 offre donc le prétexte nécessaire au Nouveau Parti démocratique (NPD) pour voter en faveur du discours du Trône livré mercredi. Ceci assurera, à court terme, la survie du gouvernement minoritaire de Justin Trudeau.

Mercredi, le chef du NPD, Jagmeet Singh, exigeait encore que l’aide financière aux particuliers demeure aussi généreuse que la PCU l’a été.

En conférence de presse, jeudi après-midi, la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a assuré que de passer de 400 $ à 500 $ par semaine pour la PCRE n’a pas été fait pour plaire aux néo-démocrates, mais bien parce que nous voilà dans la deuxième vague de la pandémie.

« Quand on a décidé le montant il y a un mois, on a signalé très fortement qu’on pourrait changer si la situation de la pandémie change, si la situation du retour à l’école change, si la situation des travailleurs et des emplois change », a-t-elle dit pour justifier l’augmentation de 100 $.

En toute fin de conférence de presse, elle a précisé que les prestations d’assurance-emploi aussi passaient à 500 $ au minimum. « Tout le monde va recevoir le même montant. (…) Ça va être 500 $ par semaine exactement comme la PCU », a-t-elle souligné.

M. Singh n’avait pas voulu dire mercredi s’il voterait pour ou contre le discours du Trône. Jeudi après-midi, il se préparait à présenter ces changements comme une victoire pour son parti.