Le Nouveau-Brunswick ferme partiellement sa frontière avec la Gaspésie

La hausse continue de cas de COVID-19 à l’intérieur de la MRC d’Avignon en Gaspésie aura finalement amené le gouvernement du Nouveau-Brunswick à resserrer ses mesures à cette frontière. À compter de vendredi midi, la bulle sera ainsi réduite aux seules communautés de Pointe-à-la-Croix et Listuguj.

Depuis une semaine, le nombre de personnes infectées à la COVID-19 est en hausse à l’intérieur de la région administrative de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, et la majorité des cas rapportés se trouvent dans la MRC d’Avignon. Il s’agit, rappelons-le, de la MRC avec laquelle la province entretient un jumelage depuis le mois d’août. Mais ce même secteur est également l’objet d’une éclosion et a vu son niveau d’alerte être élevé d’un cran mardi, passant du vert (vigilance) au jaune (préalerte).

Ces hausses répétées dans Avignon, c’en est trop pour la Santé publique du Nouveau-Brunswick. Après avoir hésité depuis le début de la semaine, elle a finalement décidé de resserrer sa vigilance à sa frontière. La MRC d’Avignon subit du coup le même sort que celle du Témiscouata qui a vu, vendredi dernier, son jumelage avec le Nouveau-Brunswick être suspendu indéfiniment en raison là aussi d’une forte éclosion. Le sort est similaire, à la différence près que la communauté Pointe-à-la-Croix et celle de la Première nation autochtone de Listuguj  pourront toujours continuer de traverser la frontière, mais les règles seront plus strictes.

Du coup, ceux qui voudront continuer de profiter de la bulle devront confirmer qu’au cours des 14 derniers jours, elles n’ont pas quitté leur communauté, sauf pour se rendre dans une province de l’Atlantique.

À moins d’en être exemptées, les personnes qui se rendent dans une autre communauté de la MRC d’Avignon ou qui en reviennent, et qui sont autorisées à entrer au Nouveau-Brunswick, doivent à nouveau s’auto-isoler pendant 14 jours dès leur arrivée.

Les personnes qui demeurent dans les autres communautés de la MRC d’Avignon ne seront plus autorisées à traverser la frontière pour des raisons non essentielles. Les déplacements liés au travail, aux rendez-vous médicaux ou à la garde d’enfants sont toujours autorisés.

«À l’heure actuelle, il n’y a pas de cas confirmé dans la Première Nation de Listuguj ni à Pointe-à-la-Croix. Nous avons travaillé avec les dirigeants de chacune de ces communautés, et ils prennent des précautions de leur côté. Ils prendront des mesures pour travailler avec le Nouveau-Brunswick afin que leurs résidents limitent leurs déplacements à leurs propres communautés et à la région de Campbellton, dans la mesure du possible, afin que nous puissions maintenir cette région ouverte», a déclaré le premier ministre, Blaines Higgs.

Liens importants

Le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, a reçu l’appel de la Santé publique du Nouveau-Brunswick tôt mercredi matin afin de le prévenir de l’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure. Depuis, il a plaidé sa cause afin de maintenir sa bulle intacte. Lui et la Première nation de Listuguj ont eu quelques heures à peine pour accoucher d’un plan et le soumettre à Fredericton et Québec.

Et leurs efforts ont été récompensés.

«Les mesures sont plus strictes oui, mais l’important selon moi était d’offrir une option à nos citoyens, soit celle de continuer de se rendre ailleurs dans notre MRC pour leurs achats ou de le faire plus près, au Nouveau-Brunswick. Ce sera donc à leur discrétion et c’est une bonne chose en soi, car ce choix nous ne l’avions pas la première fois que la frontière a été fermée», explique M. Bujold, ajoutant que cette mesure est en soi un baume pour les commerces et les familles des deux côtés de la rivière qui ont durement écopé lors de la première vague.

Cette décision a été prise en raison de cette absence de cas, mais aussi en raison de la proximité des communautés, du grand flot de travailleurs qui voyagent d’une province à l’autre et des élèves de Listuguj qui fréquentent l’école secondaire de Campbellton.

Ce dernier souligne par ailleurs être satisfait des démarches de Fredericton qui a pris les devants en entrant en communication avec sa municipalité afin de trouver une issue.

«La ligne de communication est bonne, tout le monde coopère bien, et on est content de la situation. On sent qu’on comprend mieux notre situation. Maintenant, nous n’avons pas été en mesure de pousser les discussions très loin puisque tout le monde était pressé par le temps. L’intérêt était surtout centré autour de la mise en place de cette microbulle. Mais on va  certainement vouloir être rassuré (par le Nouveau-Brunswick) comme quoi ces mesures ne sont que temporaires, soit le temps que l’éclosion de ce côté-ci se calme», dit M. Bujold qui espère ainsi un retour à la normale beaucoup plus rapide que lors de la première fois éclosion.

À noter que cette exemption ne tient pas compte pour le moment des communautés plus à l’ouest, soit Restigouche-Sud-Est, Matapédia et les quatre municipalités des Plateaux (Saint-André-de-Restigouche, Saint-Alexis, Saint-François-d’Assise et L’Ascension-de-Patapédia).

Aussi, tous les enregistrements déjà approuvés à destination et en provenance de la MRC d’Avignon pour des voyages simples non essentiels et les enregistrements pour plusieurs jours ne seront plus valides à compter de midi, le vendredi 25 septembre.

Cas en hausse

Mercredi, les autorités sanitaires gaspésiennes ont enregistré une hausse de 16 cas en Gaspésie, dont neuf uniquement dans le secteur d’Avignon, la plus forte hausse depuis le mois d’avril dernier. Du coup, le nombre de cas actifs est passé à 25 cas dans cette portion du territoire, dont neuf à l’intérieur du Centre d’hébergement de soins de longues durées de Maria.

Jeudi, le nombre de cas dans cette MRC a de nouveau été revu à la hausse de 13, dont 6 de plus au CHSLD (total de 15). Pour l’ensemble de la Gaspésie, le compte est désormais de 50 cas actifs, la majorité se trouvant dans Avignon.

L’un des nouveaux cas trouvés positifs à la COVID-19 jeudi travaillait d’ailleurs dans la région du Restigouche. L’individu est actuellement en auto-isolement (au Québec) et la recherche de contacts est en cours afin d’identifier les personnes avec qui il aurait pu être en contact, et ce, des deux côtés de la rivière. Selon plusieurs sources, il s’agirait d’un employé de la clinique vétérinaire Lépine, clinique qui possède également des locaux à Carleton-sur-Mer dans la MRC d’Avignon. Le bureau de Campbellton a été fermé indéfiniment par mesure de précaution.