Éclosion en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent: Vitalité surveille la situation de près

Le Réseau de santé Vitalité n’est pas sur le pied d’alerte en raison de la situation qui prévaut au Québec en lien avec la COVID-19. Cela dit, la vigilance a été élevée d’un cran.

Le nombre toujours croissant de personnes diagnostiquées positives à la COVID-19 dans l’Est-du-Québec inquiète au Réseau de santé Vitalité, et celui-ci ne s’en cache pas.

C’est que la MRC du Témiscouata dans l’ouest et celle d’Avignon dans l’est n’échappent pas à la tendance provinciale. Jeudi, ces zones augmenteront à nouveau leur niveau d’alerte régionale, passant du jaune (préalerte) à l’orange (alerte). Toutes deux ont une frontière commune avec le Nouveau-Brunswick et, dans les deux cas, les hôpitaux néo-brunswickois de ces deux secteurs – Edmundston et Campbellton – sont sous la responsabilité du réseau Vitalité.

«C’est inquiétant, on ne va pas se le cacher. Il y a beaucoup de va-et-vient avec les zones chaudes (hors de la bulle), y compris de la part de nos propres employés puisque nous en avons qui y demeurent. Le virus est dans notre cour», souligne Gilles Lanteigne, qui craint que celui-ci finisse par percer la frontière.

Il cite notamment le cas d’une clinique vétérinaire du Restigouche dont la propriétaire a été détectée positive à la COVID-19 après avoir été infectée par un proche qui travaille au CHSLD de Maria.

«Ça nous rappelle que le risque est là et que c’est très difficile d’arrêter le virus au pont. C’est pourquoi la communauté doit redoubler de prudence et continuer de suivre les consignes sanitaires, comme se laver et se désinfecter les mains régulièrement, porter son couvre-visage lorsque la distanciation n’est pas possible. Ces mesures aident énormément à ralentir la progression du virus, et c’est lorsqu’il y a des relâchements que celui-ci en profite. Je comprends que les gens sont tannés de la COVID-19, on l’est tous. Mais nous sommes tout de même dans une situation enviable au Nouveau-Brunswick et si on veut que ça demeure ainsi, il faut que tout le monde demeure vigilant», dit M. Lanteigne.

Au réseau, la vigilance est d’ailleurs à l’ordre depuis quelques semaines. Dans la seule journée de mardi, le Réseau a procédé à près de 800 tests au sein de patients et d’employés.

Prêt pour la deuxième vague

Bien que la province ait réussi à contenir la pandémie jusqu’à présent, la proximité actuelle des cas et la tendance canadienne à la hausse laissent croire qu’une deuxième vague risque fort bien de frapper tôt ou tard le Nouveau-Brunswick. Le Réseau de santé Vitalité est-il prêt à cette éventualité?

«Nous souhaiterions y échapper, mais nous y sommes également préparés si jamais ça devait se produire», indique M. Lanteigne.

De façon pratico-pratique, le PDG souligne que toutes les unités COVID de ses établissements sont soit déjà prêtes à accueillir des patients ou peuvent l’être très rapidement (certains lits servant à d’autres clientèles en ce moment). Côté inventaire, le réseau a fait des provisions au cours des derniers mois et on assure posséder des quantités adéquates de matériel (masques, gants, respirateurs, etc.).

«Nous sommes en bien meilleure position que nous l’étions le printemps dernier lors de la première vague. On est préparé physiquement, mais notre personnel a aussi beaucoup appris. Cet apprentissage devrait nous permettre de peaufiner nos plans d’action», estime-t-il.

Pour ce dernier, le défi ne se situe pas tant au niveau de l’équipement ou des infrastructures, mais plutôt du côté des ressources humaines.
«On a recruté beaucoup d’employés cette année, mais la pénurie de main-d’œuvre n’a pas disparu pour autant depuis la dernière éclosion. Il manque encore beaucoup de monde, trop de monde», soutient-il.

État de la situation

L’éclosion dans le secteur du Bas-Saint-Laurent – et particulièrement dans la MRC du Témiscouata – est toujours présente, mais elle connaît un certain répit. On ne rapportait mardi que sept nouveaux cas pour l’ensemble de cette zone administrative, et seulement six seraient actifs dans la MRC en question.

En Gaspésie par contre, le dernier bilan fait état de 116 cas actifs, dont 94 dans la seule MRC d’Avignon, voisine du Nouveau-Brunswick.

Mardi, 20 cas ont été diagnostiqués dont 12 dans une résidence privée pour personne âgée de Maria. On parle d’un total de 40 personnes infectées en milieu de vie fermé (foyer pour aînés et CHSLD) et 53 dans la communauté.

Désagréments pour les patients hors zone

La décision du gouvernement du N.-B. de limiter le jumelage avec la MRC d’Avignon aux seules communautés de Listuguj et Pointe-à-la-Croix a forcé le Réseau de santé Vitalité à prendre des mesures plus restrictives vis-à-vis certains patients gaspésiens.

Le PDG du réseau, Gilles Lanteigne, confirme que la nouvelle délimitation a bel et bien des conséquences sur les patients de la MRC d’Avignon demeurant à l’extérieur de la «nouvelle bulle». Puisqu’ils ne sont pas inclus dans le jumelage, ceux-ci se retrouvent comme tous les autres citoyens de l’extérieur de la bulle Atlantique, c’est-à-dire considérés comme étant de potentiels porteurs de la COVID-19.

Ceci implique que les employés de l’Hôpital régional de Campbellton doivent, entre autres, revêtir les habits de protection spéciaux (EPI) avant d’entrer en contact avec eux. Pour les patients, cela signifie être mis en isolation.

L’organisation a également procédé à l’annulation de procédures médicales et rendez-vous classés non urgents pour ces patients.

«Depuis vendredi dernier, nous continuons d’offrir les services, rendez-vous et procédures urgentes. Mais pour le reste, il se peut qu’il y ait effectivement eu des annulations au sein de cette clientèle. Reste que l’on demeure toujours très préoccupé par le bien-être de cette population», confirme M. Lanteigne.

Ce dernier rappelle que la décision de rapetisser la bulle demeure celle du gouvernement du Nouveau-Brunswick et que son organisation doit se conformer à cette réalité en mettant les protocoles adéquats en place.

M. Lanteigne soutient avoir de très bonnes relations avec les deux Centres intégrés de services en soins de santé frontaliers, dont celui de la Gaspésie. «On se parle sur une base constante afin d’être bien alignés sur l’évolution de la situation», dit-il.