Qui payera pour déblayer ces 57 routes privées de Tracadie?

Nouveau dilemme dans le dossier de la gestion des routes des anciens DSL de la Municipalité régionale de Tracadie. Cette fois, ça concerne le déblaiement hivernal de 57 des 157 routes privées sur le territoire. Ni la Ville, ni le ministère des Transports et de l’Infrastructure se sont engagés à payer les coûts jusqu’à maintenant.

Si aucune entente n’intervient avant l’arrivée de la neige, les citoyens demeurant le long de ces artères devront trouver une alternative à cette problématique.

Il existe 157 routes privées sur l’ensemble du territoire de la MRT, qui desservent plus de 3000 résidents, soit près d’un habitant sur cinq de la municipalité. Elles se trouvent exclusivement dans les 18 DSL du Grand Tracadie-Sheila.

De ce nombre, 57 obtiennent depuis des années des services de déneigement et d’entretien accordés par la province.

Mais à l’approche de la prochaine saison hivernale, le ministère des Transports et de l’Infrastructure n’a toujours pas statué sur l’option d’assurer les services de déneigement sur ces voies.

«La municipalité se retrouve entre l’arbre et l’écorce et les citoyens sont pris en otage», a fait valoir le maire Denis Losier lors de la réunion publique de lundi.

Ce point a suscité de nombreuses inquiétudes de la part des conseillers municipaux des quartiers ruraux, qui affirment recevoir plusieurs commentaires de leurs citoyens.

«Nous n’avons pas la capacité financière pour payer pour ce service, a appuyé M. Losier. Et nous n’irons pas taxer davantage les résidents des anciens DSL pour ça. Ces routes privées sont ni à la municipalité, ni à la province. Et nous avons maintenu notre point qu’on ne les prenait pas. Comme l’hiver frappe à nos portes, les gens sont inquiets et avec raison. Ça fera beaucoup de mécontents si ça ne se règle pas rapidement.»

Selon le maire, il en coûterait à la Ville 1,2 million $ pour assurer le déblaiement des 157 routes privées en hiver. Cela impliquerait une hausse de la taxe foncière de 1 à 6 cents par 100 dollars d’évaluation, selon que l’on demeure dans un quartier urbain ou un quartier rural.

La MRT exige d’en parler rapidement à la nouvelle ministre des Transports et de l’Infrastructure, Jill Green, ainsi qu’au ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme sur la gouvernance locale, Daniel Allain. Elle prévoit également organiser une rencontre avec le député Keith Chiasson avant la réunion du comité plénier de lundi.

Porte-parole aux communications au ministère, Jeremy Trevors, a indiqué au journal que «le ministère des Transports et de l’Infrastructure et la municipalité régionale de Tracadie mènent actuellement des discussions sur l’entretien hivernal de l’inventaire routier de Tracadie. Le déneigement des chemins privés est à l’ordre du jour de ces discussions».

Ce dossier doit être considéré à part de celui du transfert de la gestion de 270 km de routes de la part du gouvernement à la Municipalité régionale de Tracadie.

La Ville a d’ailleurs demandé une pause d’une année dans cette étape, le temps de concocter un comité de travail, composé de représentants de la municipalité, du gouvernement et de l’Association francophone des municipalités du N.-B., avec le mandat de trouver des alternatives à ce boulet financier pour la MRT.

Les élus tracadiens auraient obtenu cette promesse verbale peu de temps avant le déclenchement des élections provinciales. Ils attendent maintenant une confirmation écrite de ce délai.

Tracadie a déjà refusé 4,6 millions $ de Fredericton pour ce transfert, sous prétexte qu’il en coûterait jusqu’à 30 millions $ afin de remettre à un niveau acceptable ces artères routières.