Centre régional des générations à Caraquet: qui dit vrai?

Est-ce que le résultats des récentes élections provinciales mettent à risque le financement de Fredericton au projet de Centre régional des générations à Caraquet? Le maire Kevin Haché croit que non. Son adversaire à la mairie Bernard Thériault pense que oui. Qui dit vrai?

Le maire Haché a annoncé en grande pompe, seulement quelques jours avant le début de la campagne électorale, que le gouvernement Higgs investira 4 millions $ dans ce projet. Mais tant que le fédéral n’aura pas accepté d’y participer, Fredericton ne signera pas sa part du contrat.

Malgré cet engagement, le scrutin du 18 septembre a accordé une écrasante victoire à la députée libérale sortante de Caraquet, Isabelle Thériault.

«Je pense que c’est béton, estime le maire et candidat progressiste-conservateur défait. La lettre de la SDR est claire et elle ne comporte aucune condition si j’étais élu ou pas à Fredericton. On ne peut pas donner et enlever ensuite. La seule chose qui manque, c’est la participation du fédéral. Pourquoi n’est-il pas encore à la table?»

Le candidat à la mairie aux prochaines élections municipales, Bernard Thériault, est pas mal moins convaincu du maintien de l’engagement du gouvernement Higgs. Celui qui a notamment travaillé étroitement à la campagne libérale aux côtés du chef Kevin Vickers soutient que M. Higgs pourrait être fortement tenté de mettre le couperet sur quelques investissements touchant le Nord, puisqu’il n’a fait élire aucun candidat bleu.

«Je crois qu’il faut demander au premier ministre si cet engagement tient toujours. J’exprime des inquiétudes. Je suis favorable à ce projet. Mais ce qui me chicotte, c’est la façon. On sent qu’il y a des cachettes», a-t-il mentionné.

Soumis et reçu

L’Acadie Nouvelle a demandé des informations à la Société de développement régional sur l’attribution apparemment promise de cette somme au nouveau complexe multifonctionnel de 15 millions $ visant à remplacer le Colisée Léopold-Foulem en fin de vie.

«Le projet a été soumis à Infrastructure Canada et la SDR a reçu la confirmation qu’il a bel et bien été reçu. La Ville de Caraquet a été informée dans une lettre d’intention que le financement provincial pour le Centre régional des générations de Caraquet a été engagé. Nous attendons les approbations fédérales», a indiqué au journal Mary-Anne Hurley-Corbyn, directrice des communications à la société.

Cette lettre d’intention date du 30 juillet. La SDR y confirme une participation «jusqu’à concurrence de 3 999 600$, conditionnelle à la confirmation de toutes les sources de financement à la satisfaction de la SDR». La société ajoute que, selon l’Entente bilatérale intégrée, la contribution fédérale peut aller jusqu’à 7,2 millions $.

La SDR poursuit que «les approbations d’Infrastructure Canada prennent de trois à quatre mois, car les projets sont évalués par plusieurs comités d’examen. Une fois l’approbation fédérale obtenue, la SDR fournira à la Ville un contrat pour le projet. Des conditions supplémentaires y figureront».

Selon elle, lorsque le contrat sera signé par le gouvernement provincial et la Ville, le projet pourra commencer. Pour le moment, Ottawa n’a pas donné de réponse affirmative.

«Où est notre député fédéral? La municipalité a mis 3,2 millions $, la communauté a ajouté 2 millions $, la SDR promet d’aller jusqu’à 4 millions $. Il ne nous manque plus qu’un joueur et c’est le fédéral. Notre dossier est à l’étude et on nous revient avec des questions bizarres. Pourtant, les réponses sont déjà dans ce dossier. Qu’est-ce que cela sous-entend? Qu’on veut nous niaiser? On me laisse sous-entendre que tant et aussi longtemps que je serai maire, Ottawa ne mettra pas un sou dans ça. J’espère que ce n’est pas vrai. C’est un projet qui sera bon pendant plusieurs générations pour Caraquet et pour la Péninsule acadienne», a questionné ouvertement le maire Haché, qui demande l’appui de la députée provinciale dans ce dossier.

Au lendemain de l’annonce du maire Haché en août, le député fédéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, avait dénoncé cette stratégie, puisque la demande n’avait pas encore été faite pour des fonds en provenance d’Ottawa. Ladite demande a été envoyée dans les heures qui ont suivi.

M. Cormier a déclaré au journal qu’il ne ferait plus aucun commentaire sur le dossier tant qu’il ne sera pas complètement évalué, approuvé ou refusé.

La Ville de Caraquet a également engagé une somme de 350 000$ pour la mise à niveau du terrain sur lequel reposera le Centre régional des générations. Les travaux sont actuellement en cours.

Le directeur général Marc Duguay a précisé que les travaux ont été lancés avant que le ministère de l’Environnement ne désigne possiblement ce secteur en tant que terres humides à la fin de l’année.

Selon ses dires, cela ne change rien à la base, sauf qu’une fois cette désignation confirmée, il aurait fallu engager des études d’impact environnemental, ce qui aurait eu pour effet de retarder l’éventuelle première pelletée de terre.

Ce bâtiment doit comprendre une patinoire, une piste de marche, le club plein air et diverses salles multifonctionnelles.