Vacarme nocturne à Tracadie: la GRC demande l’aide de la population

La GRC sait très bien ce qui se passe la nuit sur la rue Principale de la Municipalité régionale de Tracadie. Elle a même augmenté sa présence policière afin de décourager ces conducteurs qui transforment ce secteur en piste de course et en lieu de crissement de pneus. Mais c’est souvent le jeu du chat et de la souris. Elle a donc besoin de la participation citoyenne pour enrayer ce fléau qui dérange.

La publication de l’article sur le site de l’Acadie Nouvelle, mercredi, avec deux courtes vidéos a suscité une tonne de réactions diverses. La plupart dénonce vivement ce comportement, alors que d’autres se questionnent à savoir ce que fait la police dans tout ça. D’autres demandent un endroit pour laisser libre court à leur besoin d’adrénaline derrière le volant et promettent de continuer tant qu’ils n’auront pas obtenu ce qu’ils désirent.

Pendant ce temps, des résidents disent en avoir assez de se faire réveiller la nuit et menacent de déménager dans un coin plus tranquille.

Le sergent Pierre Chiasson, responsable du Détachement Nord-Est de la GRC à Tracadie, est bien au courant de la situation. Il a déjà hâte à la rencontre prévue avec les élus de la Ville, car il veut travailler en collaboration avec tout le monde.

Ses agents ont procédé récemment à l’arrestation de deux individus par rapport à ces incidents nocturnes bruyants qui embêtent le voisinage.

Il y a deux semaines, ils ont intercepté un conducteur qui faisait des toupies sur l’asphalte neuve de la section de la rue Principale à l’entrée de la Ville. Ils ont également pincé un conducteur de camion qui faisait crisser ses pneus. Les enquêtes sont toujours en cours et des accusations devraient être portées sous peu, affirme le sergent.

Il continue en disant que le centre-ville de la MRT est devenu un point de ralliement pour plusieurs conducteurs provenant de partout dans la Péninsule acadienne. Des conducteurs également futés, puisque la technologie des médias sociaux les aide à détourner les actions policières en cours.

«Nous avons augmenté notre présence policière. C’est certain qu’on aimerait être partout. Il se passe souvent un certain délai d’intervention entre l’appel et notre arrivée sur les lieux. Quand on arrive, ils ne sont plus là. Ils s’avertissent entre eux quand on prépare une intervention. Ça donne le temps aux fautifs de quitter l’endroit. Ça laisse penser que nous sommes constamment un pas en arrière. C’est pourquoi il nous faut trouver d’autres solutions avec l’aide du public», explique le policier.

Autre ennui: la majorité des appels à la GRC sont anonymes. Les gens ne laissent pas de coordonnées pour les joindre, par peur de représailles. Il est donc plus difficile pour la force de l’ordre de pouvoir leur parler et étoffer leurs dossiers de preuve à amener en cour.

À preuve, les deux courtes vidéos obtenus par le journal ne permettent pas d’identifier une plaque d’immatriculation des bolides en action.

«Les gens ont des craintes de parler et on les comprend. Mais toutes nos informations recueillies sont confidentielles. Nous devons tous mettre la main à la pâte si nous voulons corriger ce problème. Ça nous prend des témoignages et des témoins. Ces personnes qui font de la conduite dangereuse et qui font crisser leurs pneus sont passibles de peines sévères», rappelle le sergent Chiasson.

D’où, insiste-t-il, l’importance d’une approche communautaire, car il s’agit d’une responsabilité citoyenne partagée entre les élus, les résidents, les commerçants et la GRC.

«Il faut s’entraider si on veut une solution viable à long terme. La GRC est là, elle travaille fort, nous avons des membres motivés et un détachement motivé à assurer la sécurité et la tranquillité des citoyens de Tracadie et de la Péninsule acadienne. Nous servons le public du mieux que nous pouvons. Nous allons nous asseoir avec la Ville et trouver des solutions. Il nous faut une approche communautaire partagée, où tout le monde sera un partenaire et un participant», poursuit le sergent, qui verrait bien l’ajout de caméras de surveillance à des endroits stratégiques sur la rue Principale.

Le problème de vitesse nocturne et de crissement de pneus n’est pas unique à Tracadie. Plusieurs communautés, dont Shippagan et Bas-Caraquet notamment, ont dû composer avec cette problématique par le passé dans la Péninsule acadienne.