La COVID-19 semble moins mortelle cet automne qu’au printemps

Sept mois après le début de la pandémie, les experts médicaux ont une meilleure idée de la façon de traiter la COVID-19 et d’éviter qu’elle se retrouve dans des environnements à haut risque. Résultat: il semble y avoir beaucoup moins de personnes qui meurent du virus maintenant qu’au printemps.

Les autorités craignent toutefois que la mortalité liée à la COVID ne s’envole si le nombre de cas continue de grimper comme au cours des dernières semaines.

Le Dr Matthew Oughton, un spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général juif de Montréal, constate que la deuxième vague se propage en grande partie parmi des populations plus jeunes et en meilleure santé qu’au printemps, lorsque les foyers de soins de longue durée avaient été les plus durement touchés.

Selon les données nationales, on a enregistré 60 % des cas en avril, en mai et en juin au Canada, mais on a déploré 91 % des décès au cours de cette période. Au cours des trois mois qui ont suivi, les autorités ont signalé 34 % de l’ensemble des cas, mais seulement 8 % de tous les décès.

Le Dr Oughton prévient que le risque zéro n’existe pas. Si les chiffres continuent de monter en flèche, même parmi les jeunes adultes, le nombre de personnes qui tomberont très malades et qui mourront augmentera lui aussi.

Il craint également que si le virus continue de se propager, il devienne plus difficile de le garder à l’écart des résidences pour personnes âgées et des établissements de soins de longue durée.

« Ce qui va arriver presque inévitablement. Si le virus se répand de plus en plus répandu dans la collectivité, il va trouver des groupes plus vulnérables vers lesquels se propager », avertit le Dr Oughton.

La ministre de la Santé, Patty Hajdu, a déclaré vendredi que les connaissances acquises lors de la première vague sur les traitements et la protection de la santé publique contribueraient à lutter contre la deuxième vague, tout comme l’approvisionnement plus fiable en équipements de protection individuelle.

Mais si les hôpitaux devaient se remplir au maxime de leur capacité, il en serait tout autrement.

« En fin de compte, nous ne pouvons toujours pas voir les cas augmenter de façon exponentielle », a prévenu Mme Hajdu.

Les cas quotidiens moyens à l’échelle nationale sont passés de 400 à la fin d’août à plus de 1700 vendredi. L’Ontario et le Québec représentent plus de 80 % de ces nouveaux cas.

Si le nombre d’hospitalisations est encore bien inférieur à ce qu’elles étaient il y a sept mois, elles sont en augmentation. En Ontario et au Québec, le nombre de personnes atteintes de la COVID-19 dans les hôpitaux a triplé et le nombre de patients aux soins intensifs a plus que doublé.

En Colombie-Britannique, le nombre d’hospitalisations a quadruplé en septembre.

Les responsables de la santé publique d’Ottawa, où on a enregistré vendredi 142 nouveaux cas, un sommet, implorent les gens d’avoir des contacts étroits uniquement avec les personnes avec lesquelles ils vivent.

« Notre système de soins de santé est en crise », a lancé l’agence régionale sur Tweeter. Elle a signalé que les laboratoires avaient atteint leur capacité, que la recherche des contacts accusait un retard et que les hôpitaux approchaient de leur limite.

« Notre système ne peut pas gérer beaucoup plus de cela », a-t-elle dit.

Selon la Dre Theresa Tam, l’administratrice en chef de la santé publique fédérale, les connaissances élargies sur le virus et les mesures de santé publique efficaces permettront aux gouvernements d’être plus précis lorsqu’ils imposent des mesures pour essayer de ralentir la propagation.

Le Québec, par exemple, cible de nouvelles restrictions sur les activités publiques dans des villes très touchées comme Montréal et Québec tout en épargnant une grande partie de la province.

L’Ontario a imposé vendredi de nouvelles restrictions aux restaurants, aux salles de banquet et aux gymnases uniquement à Toronto, à Ottawa et dans la région de Peel, où la majorité des cas de cette province ont été recensés.

Mme Hajdu a reconnu qu’il n’y avait pas de ligne directrice facile à suivre pour les gouvernements lorsque de nouvelles restrictions doivent être imposées, mais si les Canadiens veulent éviter un confinement complet, il est essentiel de prendre de bonnes décisions en matière de socialisation.

« Il s’agit d’un juste équilibre pour nous assurer que nous pouvons avoir un semblant d’économie normale et une vie normale et pour protéger notre système de soins de santé et la santé, a-t-elle déclaré. Nous y travaillons en permanence ».

Le Dr Oughton prévient qu’une deuxième vague pourrait entraîner d’autres conséquences dévastatrices. Malgré la pandémie, les gens continueront d’avoir le cancer, de faire des crises cardiaques ou de subir des accidents. Si le système de santé est surchargé à cause des patients qui auront contracté la COVID-19, le taux de mortalité lié à d’autres causes pourrait grimper lui aussi.