Le glamping plus glamour que jamais au N.-B.

Un nouvel espace de glamping a ouvert à Cocagne le 1er octobre: Creekside RNR. Au moins deux autres sites devaient apparaître en 2021 dans le sud-est de la province, à Memramcook et à Shediac Bridge. Camper avec luxe est plus que jamais à la mode.

Tellement à la mode que la copropriétaire de Creekside RNR, Angele Miller a accueilli des clients une semaine avant l’ouverture officielle de ses cinq dômes.

«Je suis vraiment surprise, nous avons reçu beaucoup d’appels. La réponse est vraiment positive, s’enthousiasme-t-elle. Nous n’avons déjà plus rien de disponible pendant les fins de semaine jusqu’à décembre.»

L’offre de Creekside RNR est typique du glamping (un mot-valise composé de glamour et camping): du luxe au milieu de la nature facilitant l’achat de produits locaux pour 220$ par nuit.

Côté confort, les cinq dômes géodésiques abritent chacun un lit king-size, deux lits jumeaux, une cuisine et une salle de bain. Les locataires peuvent y commander de la bière de Dieppe, du vin de Magnetic Hill et des chocolats de Shediac, par exemple. Ils peuvent en outre se prélasser dans un jacuzzi extérieur toute l’année.

Le nouveau site de glamping de Cocagne, Creekside RNR se compose de cinq dômes géodésiques. – Gracieuseté

Côté nature, les touristes peuvent admirer le paysage et les étoiles à travers une grande baie vitrée et deux velux. Ils disposent aussi de chaises et de hamacs près de la rivière. Les sportifs ont par ailleurs la possibilité d’emprunter des planches à rame, des kayaks et des canoës pendant l’été ainsi que des raquettes pendant l’hiver.

«Tu vois les étoiles et la vie sauvage, des chevreuils par exemple. C’est vraiment beau, s’émerveille Mme Miller. Il y a également des ratons laveurs, des porcs-épics, des lynx, même des loutres qui descendent la rivière.»

D’autres entrepreneurs devraient compléter dans les mois à venir cette offre dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

Isabelle Iriarte et Sébastien Doolaeghe comptent ouvrir en 2021 une installation avec huit habitations sous forme de bulles, un bain à remous et un sauna, d’après le Moniteur acadien. Ils utilisent le terrain de 15 acres d’une ferme à Shediac Bridge.

Mariane Cullen annonce avoir reçu de la part du conseil municipal de Memramcook l’autorisation d’aménager trois dômes géodésiques au bord du chemin Beaumont. Elle prévoit d’ouvrir l’installation l’été prochain avec le copropriétaire, Jason McLellan.

Le site internet de tourisme To Do Canada recense en tout 15 lieux de glamping au Nouveau-Brunswick. Ils proposent des nuits dans des dômes, des cabanes dans les arbres, des yourtes, des phares, des ponts couverts, des chariots et des chalets.

Désirer le luxe et la nature

«Le glamping est de plus en plus populaire, témoigne Mme Miller. Je découvre de nouveaux sites tous les jours!»

Cette façon de prendre des vacances est née en 2007 au Royaume-Uni, selon une étude de 2017 effectuée par le réseau de veille en tourisme et la chaire de tourisme Transat ESG UQÀM. Les Québécois ont commencé à la pratiquer vers 2009, d’après le document.

Le rapport explique cette tendance par les désirs de luxe générés par notre société de consommation et le fait que les Canadiens soient plus urbains que jamais, bougent moins et passent peu de temps à l’extérieur (10% de leur temps).

«Beaucoup de gens n’aiment pas se passer de toutes les choses confortables auxquelles ils sont habitués», remarque Mme Miller.

Or, le glamping permet de profiter de l’extérieur sans avoir besoin de s’équiper, d’apprendre à planter une tente, de subir de mauvaises conditions météorologiques ni même, dans certains cas, de se priver de wi-fi.

Être un «écolo-bourgeois»

«Les gens qui font du glamping sont des écolos-bourgeois, qui aiment avoir leur petit confort et essayer des choses nouvelles, mais qui, en même temps, sont très verts et favorables aux énergies renouvelables», avance la gymnaste et circassienne, Marie-Luce Quéverdo.

L’habitante de Memramcook, Marie-Luce Quéverdo a installé un yourte traditionnelle de Mongolie sur son terrain, mais sans eau courante ni toilettes. Ce n’est donc pas du glamping, selon elle! – Gracieuseté

Des études de l’UQÀM et de l’Université de Rijeka (en Croatie) de 2017 et 2019 montrent en tout cas que ces vacanciers sont en majorité jeunes (entre 18 et 45 ans), diplômés du secondaire, bien payés et féminins.

Originaire de France, Mme Quéverdo a pratiqué cette forme de tourisme dans son pays natal. Elle prévoyait de renouveler l’expérience dans sa province d’adoption, mais a dû annuler ce projet à cause de la pandémie de COVID-19.

«On fait du glamping comme si on allait à l’hôtel, mais en étant dehors, détaille-t-elle à propos de son couple. C’est un cadeau qu’on se fait, parce qu’on trouve que c’est agréable. Quand on veut s’échapper du quotidien, on fait ça deux nuits et on rentre.»

L’amatrice de camping à la dure, qui a installé sur sa propriété de Memramcook une yourte traditionnelle importée de Mongolie, remet toutefois en cause le contact avec la nature vantée par les propriétaires de terrains de glamping.

L’habitante de Memramcook, Marie-Luce Quéverdo a installé un yourte traditionnelle de Mongolie sur son terrain, mais sans eau courante ni toilettes. Ce n’est donc pas du glamping, selon elle! – Gracieuseté

«Oui, tu vois les étoiles, mais tu as les toilettes et les commodités, s’amuse-t-elle. Tu ne vas pas avoir de défi avec la nature, tu ne vas pas être en communion avec elle, tu vas être dans un bon lit avec un bon matelas, une bonne couette et toute la décoration hyper mignonne. Est-ce que tu es réellement en contact avec la nature quand tu peux brancher ton portable, que tu peux prendre des photos et publier des stories [sur Facebook] à propos de ta vie?»