Masque obligatoire: résignation dans les PME

Le port du masque ou d’un couvre visage pourrait être obligatoire dans les espaces publics de la province dès cette semaine. Comment les petites et moyennes entreprises accueillent-elles cette nouvelle mesure? L’Acadie Nouvelle en a discuté avec Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard chez la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Le premier ministre Blaine Higgs a évoqué cette possibilité la semaine dernière. Selon les experts, les masques et couvre visage peuvent réduire la propagation de gouttelettes respiratoires infectieuses. Ils sont déjà obligatoires dans les lieux publics en Nouvelle-Écosse.

Certaines entreprises majeures comme Walmart et Loblaw (qui opère sous la bannière d’Atlantic Superstore) obligent aussi les clients à en porter.

Peu de détails ont été fournis par Blaine Higgs, mais lundi, Alcool NB a annoncé que les masques seront obligés dans tous les magasins de la société de la Couronne à compter de jeudi. Des exemptions sont permises dans certains cas.

«Ce sera une réalité de plus pour les PME. En Nouvelle-Écosse, à ma connaissance, il n’y a pas vraiment eu de problèmes et l’acceptation est généralisée», dit Louis-Philippe Gauthier.

Comme en Nouvelle- Écosse, les gens vont s’y habituer, croit M. Gauthier. Il souhaite seulement que la province ne répète pas la même erreur que d’autres provinces, dont le Québec, où le fardeau de veiller à ce que les clients respectent la mesure est tombé sur le dos des entrepreneurs sous peine d’une amende de 400$ à 6000$.

«De devoir faire la police dans les commerces, on l’a vu un peu partout et ç’a causé des incidents. Les employés ne sont pas nécessairement équipés pour porter ce fardeau. On peut installer des pancartes et ainsi de suite, mais à part contacter les autorités si nécessaire, l’employé ne peut mettre sa personne en danger.»

Que ce soit l’installation de panneaux de plexiglas, l’ajout de désinfectant pour les mains ou de points sur le plancher pour favoriser la distanciation physique, les entreprises s’adaptent constamment à de nouvelles mesures depuis le printemps.

«Nous ne sommes pas des médecins ni des spécialistes en épidémiologie. Donc, il faut s’en remettre aux grandes lignes de la santé publique.»

L’Acadie Nouvelle a contacté Atlantic Superstore pour mieux comprendre comment se passait l’application de sa politique.

«Nous sommes heureux de constater que la grande majorité de nos clients le font déjà (porter un masque ou un couvre-visage). Les clients peuvent s’adresser au directeur du magasin s’ils ont des questions ou des préoccupations concernant les politiques et les procédures», nous a-t-on répondu.

Défis

Même en temps normal, l’entrepreneuriat apporte son lot de défis, et la pandémie de la COVID-19 n’a rien fait pour éliminer ces obstacles. Selon un sondage publié en septembre par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, seulement 28% des entreprises du pays touchaient à des «revenus normaux».

«Il y a des secteurs qui ont été frappés, dont le tourisme, les arts et la culture. Il y a une proportion élevée d’entreprises qui nous disent que leurs revenus sont plus bas par rapport à l’an dernier, dont plusieurs des secteurs mentionnés. Même si la plupart des restrictions ont été levées au Nouveau-Brunswick plus rapidement qu’ailleurs, et qu’il y a eu un certain regain, évidemment, pour ces secteurs, ça ne va pas bien.»