Éclosion à Moncton: 17 nouveaux cas et exposition potentielle au Costco

La Santé publique rapporte 17 nouvelles infections à la COVID-19 mercredi, toutes liées à l’éclosion dans un foyer de soins spéciaux de Moncton. Les premières recherches ont aussi permis d’identifier une exposition potentielle de la population au centre d’optique du Costco de Moncton ainsi qu’au restaurant St-Hubert.

La province a confirmé mardi que deux résidents du Manoir Notre-Dame étaient atteints. Les autorités sanitaires ont depuis procédé au dépistage massif de 110 autres résidents et des 56 employés du Manoir Notre-Dame.

L’éclosion est de taille: 17 tests positifs se sont ajoutés. Parmi les cas confirmés, 13 sont des résidents, quatre sont des employés et deux sont des membres de la famille.

Tous ont été placés en isolement, deux résidents ont été hospitalisés mais leur état est jugé «stable» pour le moment. Les résidents du foyer sont actuellement hébergés dans des chambres individuelles et les visites restent suspendues.

Il s’agit de la plus grande augmentation en une seule journée depuis le début de la pandémie au Nouveau-Brunswick. Cela porte à 22 le nombre de cas actifs dans la province.

La Dre Jennifer Russell précise qu’une possibilité de contagion a été identifiée au centre d’optique du Costco de Moncton ainsi qu’au restaurant St-Hubert situé non loin.

Les autorités sanitaires demandent aux personnes qui ont visité ces commerces depuis le 1er octobre de surveiller l’apparition de symptômes pendant 14 jours. Si des symptômes de la COVID-19 apparaissent, elles sont priées de s’auto-isoler et d’appeler le 811 pour subir un test de dépistage.

Une équipe provinciale de gestion rapide a été dépêchée au Manoir Notre-Dame et les tests ont pu être réalisés en seulement quatre heures. Cela a permis à la Santé publique de procéder dès mardi à la recherche des contacts étroits, note la Dre Russell. Des travailleurs sociaux ont été chargés de communiquer avec les familles des résidents. Ce travail n’est toutefois pas terminé.

La responsable de la Santé publique n’était pas en mesure, mercredi après-midi, de déterminer l’origine de l’éclosion dans le foyer de soins. «Nous n’avons pas fini notre enquête et nos recherches à ce moment-ci. Nous ne disposons pas de suffisamment d’informations pour dire si c’est lié à un voyage», explique-t-elle.

Les autorités n’ont pas non plus été en mesure d’indiquer combien de personnes sont actuellement en isolement préventif. La médecin hygiéniste-en-chef reconnait qu’il faudra attendre plusieurs jours pour mesurer l’ampleur de la propagation communautaire.

«Je ne cherche pas à faire porter le blâme sur quelqu’un et vous ne devriez pas le faire. Le virus est autour de nous», a-t-elle insisté. « Nous devons maintenir la distanciation physique, pratiquer une bonne hygiène et nous soutenir les uns les autres alors que nous traversons cette pandémie ensemble.»

La région demeure en phase jaune

La province n’a pas rehaussé le niveau d’alerte dans la région de Moncton mercredi. Au mois de mai dernier, pourtant, la région de Campbellton était passée en phase orange après qu’une éclosion se soit déclarée dans le foyer de soins Manoir de la Vallée à Atholville. Celle-ci avait coûté la vie à deux résidents.

«Nous regardons différents éléments déclencheurs, d’un point de vue épidémiologique et d’un point de vue de santé publique, a mentionné la Dre Russell. Elle rappelle que le Nouveau-Brunswick a réévalué au cours de l’été toutes les phases d’alerte et les situations susceptibles de déclencher différents niveaux d’intervention. Les recherches sur les contacts étroits menées au cours des prochaines heures seront donc décisives.

«Nous préférions rester dans la phase jaune si cela est possible», assure la médecin-hygiéniste. «Nous avons appris beaucoup de l’éclosion dans la région d’Atholville.»

De son côté, Blaine Higgs espère que l’éclosion de Moncton ne compromettra pas la bulle atlantique. «Cela doit nous réveiller», a-t-il lancé. «Nous demandons à tous les gens du Nouveau-Brunswick de fournir leur part d’efforts pour garder notre province et nos résidents les plus vulnérables en santé et en sécurité.»

Une décision sur le masque dès jeudi

Le premier ministre a indiqué que son gouvernement tranchera sur la question du port du masque obligatoire en public jeudi, après la réunion du comité du cabinet sur la COVID-19. Blaine Higgs admet que la situation actuelle devrait peser sur les discussions.

Le chef intérimaire du parti libéral, Roger Melanson, s’est à nouveau prononcé en faveur de la mesure. «Je crois fortement que le masque est un outil pour minimiser la propagation», a déclaré le député de Dieppe, dont la tante réside au Manoir Notre-Dame.

«Il faut continuer à prendre ce virus au sérieux. Il faut rappeler plus que jamais que la COVID-19 est toujours là.»