Bulle de l’Atlantique: la Gaspésie évincée

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick annonce la fin de son jumelage avec les communautés de la MRC d’Avignon.

Le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, confirme avoir reçu jeudi un appel de Fredericton l’avisant qu’il allait mettre un terme à cette bulle pour une période indéterminée. La mesure entrera en vigueur à minuit ce soir.

«Je ne sais pas trop quoi penser. Ce fut une semaine forte en émotions pour, en fin de compte, aboutir à cela. C’est très frustrant», indique le maire, Pascal Bujold, visiblement très déçu de la tournure des événements.

Depuis le mois d’août, la MRC d’Avignon en Gaspésie s’est jointe à la bulle atlantique. Celle-ci a toutefois été rétrécie depuis quelques jours aux seules communautés de Listuguj et Pointe-à-la-Croix en raison de fortes éclosions de la COVID-19 plus à l’est, dans les secteurs de Nouvelle, Carleton-sur-Mer et Maria.

Ce nouveau format rétréci est toutefois source de mécontentement et de tiraillement dans la MRC québécoise alors que l’accès à Pointe-à-la-Croix et Listuguj a été limité par des points de contrôle. Ceux-ci ont été mis en place à la demande du gouvernement du Nouveau-Brunswick comme condition afin de maintenir la bulle.

Cette condition a privé les gens de l’ouest de la MRC – soit les municipalités de Matapédia et des Plateaux – d’un accès à ce secteur, les forçant à se rendre à l’intérieur de zones chaudes de la COVID-19 pour obtenir certains biens et services.

Depuis le week-end dernier, le maire de Pointe-à-la-Croix a fait des pieds et des mains afin de pouvoir intégrer les municipalités de l’ouest de la MRC à la bulle avec le Nouveau-Brunswick, mais Fredericton est demeurée de marbre. Ce dernier n’est du coup pas surpris outre mesure de la décision de Fredericton de resserrer le contrôle à sa frontière.

«On sentait que ça s’en venait, et c’est quelque chose que l’on voulait éviter à tout prix. C’est très triste de devoir ainsi revenir en arrière alors que nous avions des solutions censées sur la table pour maintenir la bulle. Ç’a été vraiment difficile la première fois que la frontière a été fermée – que ce soit pour l’économie régionale ou pour les familles –, et c’est certain que ça va l’être cette fois-ci également», estime M. Bujold.

Il craint que cette nouvelle fermeture sonne le glas de plusieurs petits commerces locaux déjà affaiblis.

Critique envers la façon dont le Nouveau-Brunswick traite sa communauté (et ses voisines de la Gaspésie) depuis le début de la pandémie, ce dernier espère maintenant que Fredericton fera preuve d’une certaine flexibilité et sera clair dans les critères d’entrée à la frontière afin d’éviter les cafouillages expérimentés lors de la fermeture le printemps dernier.

«Mais surtout, j’espère que ça ne va pas traîner des mois, que le gouvernement du Nouveau-Brunswick rouvrira la frontière très rapidement dès que la situation se sera stabilisée ici. Les économies et la réalité sociale du Restigouche et d’Avignon sont extrêmement liées. C’est certain que plus on met de barrières entre les deux régions, plus on les affaiblit», estime M. Bujold.

Situation en Gaspésie

Jeudi, la Santé publique du Québec annonçait 22 nouveaux cas de COVID-19 en Gaspésie. Actuellement, on retrouve 213 cas actifs dans cette région, dont 139 uniquement dans le secteur d’Avignon. En détail, on parle précisément de 53 cas en milieu fermé (foyers de soins) et 86 en communauté.